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Enjeux

Présentation des Enjeux VII à la Bpi

Littérature, Enjeux Contemporains VII

à la Bpi

Littérature Enjeux contemporains VII
Points de vues / les perspectives à l’oeuvre

Présentation de Sylvie Gouttebaron, directrice de la Mel
à l’occasion de la soirée de lancement à la Bpi, le mercredi 29 janvier 2014


Avant de céder la parole à qui de droit pour présenter le contenu des Enjeux, et après que j’aurai remercié qui je dois ici-même, Emmanuel Aziza, directeur par intérim (Christine Carrié), Emmanuele Payen, Jérôme Bissière, Martine Grelle et les techniciens de cette salle à la Bpi, ainsi que tous les auteurs invités au fil de ces journées, leurs interlocuteurs, permettez-moi de vous accueillir en vous disant ce que représentent, à la Maison des écrivains et de la littérature, ces Enjeux que nous organisons depuis sept ans. Et pour ce faire, ceci : L’enfant aide depuis longtemps sa mère à ranger l’armoire à linge, son père à ranger la bibliothèque, mais, sur son propre terrain, il est toujours resté un hôte errant et belliqueux.
J’ai choisi à dessein cet extrait de Rêves, de Benjamin, parce qu’il dit en substance profonde ce qui anime les Enjeux. D’organisation oui, il est question ici, vous le sentirez, mais ce sur quoi nous comptons, c’est ce «vague à l’âme» poétique qui surgira, ici et là, à l’écoute des propos qui s’échangeront. Parce qu’il y aura de vrais échanges. La formule des Enjeux est dialogique.
Elle permet des conversations entre créateurs et critiques, les uns et les autres étant souvent les deux à la fois, évidemment. Sinon un colloque, du moins un temps posé pour vérifier hypothèses, thèses, suppositions. Cette «formule» entre guillemets, puisque c’en est une, propose des points d’encrage, des zones de tension, d’écoute et de jonction entre ceux qui parlent et ceux qui écoutent. Mais elle propose aussi des lignes de fuite, des zones d’ombre, des points aveugles, des questions sans fin qui se forment et se déforment, pour constituer un nouvel horizon de pensée(er), une nouvelle manière de voir le monde et d’en faire expérience. Que l’espace public accueille ce mélange, ce métissage réflexif, comme un acte de création.
Imaginons qu’une conversation est une création et nous nous sentirons un peu moins seul. Je remercie également l’Institut national de l’audiovisuel, partenaire complice de la Maison des écrivains qui permet, lors de cet événement, de repousser les frontières du temps et de le remonter pour mieux saisir le sens de ce qui nous pré-occupe aujourd’hui.
Organiser, à l’origine, fait bien appel à la musique. Les Enjeux, dans le paysage littéraire,
comme, ensemble, nous les concevons, auteurs, universitaires, critiques littéraires, produisent une petite musique au fil des temps, que nous prenons soin, chaque année, de remettre en cause pour qu’elle ne sonne pas trop juste mais différent, toujours. Notre désir d’apprendre reste intact, notre curiosité se développe, nous partageons. Nous grandissons. Nous avons besoin de nous entendre. La psyché entre amis, la naissance des pensées dans la conversation et les lettres sont nécessaires aux artistes, écrit Benjamin. Car, poursuit-il, nous n’avons pas de pensées pour nous-mêmes : notre pensée appartient à l’image sacrée que nous créons.
Alors je vous propose que durant ces quelques jours qui vont nous réunir, nous soyons le chasseur qu’évoque Benjamin, qui, l’a écrit Arendt, pensait poétiquement. Que nous le voulions ou non, nous penserons poétiquement. Et je crois que nous le voulons, saluant ainsi un qui fut poète comme personne, Ronald Klapka, à qui sont dédiés ces Enjeux.