Les écrivains / adhérents
Annie Zadek
Poésie / Théâtre
Annie Zadek est née en 1948 à Lyon où elle a suivi des études de philosophie (maîtrise d’esthétique) et vécu jusqu’à son installation en 1992 dans une filature désaffectée du parc naturel régional du Pilat (Loire).
Elle a été boursière du Centre National des Lettres, de l’Agence Rhône-Alpes pour le Livre et la Documentation, de la Fondation Beaumarchais pour le Théâtre, a reçu l’ «Année Sabbatique» du Centre National du Livre, en 1998 et a bénéficié de résidences d’écriture à l’ Akademie Schloss Solitude de Stuttgart (1990-91) et au Centre Culturel Français de Moscou (1995).
Elle a conduit des ateliers de pratique littéraire à l’École des Beaux-Arts de Grenoble et à l’Université Lyon II (Département des Etudes Théâtrales), entre autres.
Ses textes font l’objet de mises en scène théâtrales (Jean-Louis Martinelli, Patrick Bonté, Alain Halle-Halle, Sylvie Mongin-Algan, Christophe Perton,...) et radiophoniques (France-Culture, Radio-Suisse Romande, W.D.R. Köln,...).
Saison 2008/2009 : création de "Vivant" par Pierre Meunier, du 26 sept. au 4 oct. à la Comédie de Valence, les 10 et 11 oct. au Théâtre de Sartrouville, du 28 mai au 28 juin 2009, au Studio Théâtre de la Comédie Française.
Si, pour Annie Zadek, le livre – le texte – est primordial, premier, originel, il n' en est pas moins la source de métamorphoses multiples tout aussi nécessaires : théâtre, radio, lectures publiques expérimentales conçues seule ou avec des artistes, sérigraphies, vidéo,... Cette conviction – d'un processus créatif commun aux différentes formes artistiques – fonde une écriture dévolue à l' investigation de ces entre-deux de l' être où rien n'est exclusif de rien, où l' on est à la fois vieux et jeune, homme et femme et vivant et mort, tout et rien, tout et son contraire.
Ni roman, ni théâtre, ni poésie, mais tout cela à la fois plus le reste.
Pour Annie Zadek, écrire contemporain, ce n'est pas faire table rase du passé (processus d'exclusion) mais bien plutôt se situer comme héritière de l'histoire de la littérature, de l'histoire de l'art, de l' Histoire tout court (processus d'accumulation).
Bibliographie
Livres
– Souffrir mille morts, "Fondre en larmes" Éditions de l'URDLA; Villeurbanne, 2004 (collection Fil à plomb)
– Douleur au membre fantôme (Figures de Woyzeck), Éditions Les Solitaires Intempestifs, 2004
– Vivant, Editions Les Solitaires Intempestifs, 2008 (réédition Fourbis, 1998)
– Vues de l'esprit (Entretiens et petits écrits), éditions La Passe du vent, 2009
– Phantomschmerz/Douleur au membre fantôme, éditions Jutta Legueil, 2010 (bilingue allemand-français)
– Nécessaire et urgent, éditions Băzăr, mai 2012 (pour l'écriture duquel elle a bénéficié d'une aide à la résidence de la Région Rhône-Alpes au Centre d'art contemporain du mouvement et de la voix de la Ville de Bruxelles).
Textes dans les anthologies
– "Le corps certain. Poésies 1990-2000" Pascal Boulanger ; Compac't, 2000 (collection La Polygraphe)
– "Esquive-Escale-Esquille" Jean Lewinski. Anthologie de poésie française contemporaine bilingue français-chinois; Laureate Book, Taïwan, 2006
Sérigraphies
– "Vues de l'esprit" (série) Editions J.P. Huguet; Saint-Julien-Molin-Molette, 2004
DVD
– "Souffrir mille morts", "Fondre en larmes" 39' 39" Texte et lecture Annie Zadek – Vidéo Yves Rozet. Production : Festival Photos & Légendes, Ville de Pantin, 2004
Extraits
Annie Zadek de A à Z (extraits)
ALBUM (photos) : je n'ai jamais connu ce tendre rituel : tournant très lentement les pages de l'album, quelqu'un montre à quelqu'un, assis tout près de lui, les photos des visages et des maisons d'ailleurs, expliquant où et quand, et surtout qui est qui, reliant les uns aux autres et me montrant ma place.
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DURÉE : cinq à huit années sur chaque livre. Ou plus, qu'importe. La durée est un matériau de mon écriture. La durée et les modifications qu'elle apporte. Je vis avec ce livre comme je vis avec cet homme. Avec celui-là, j'ai écrit tel et tel livre. Avec celui-ci, celui-là. Avec cet autre, le dernier et, probablement, le prochain. Nous vivons ensemble, mon livre et moi.
EXPÉRIENCES : celles des autres ne me servent à rien. Mais les miennes ne me servent pas à grand chose non plus : je fais toujours les mêmes erreurs, je tombe toujours dans les mêmes pièges, je suis toujours séduite par le même type de personne. Dans ces conditions, comment prétendre à la sagesse! J'y renonce.
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INSPIRATION : avec talent, le pire des clichés sur la création. À la limite, expiration me semblerait plus convenable.
"Le travail ? Ou l'inspiration ?
Le talent ? Ou la vérité ?" ("Vivant")
JUIFS : mes parents étaient Juifs. Ils ont du quitter leur pays natal, leur ville et leur maison pour fuir l'antisémitisme forcené des Polonais. Leur ferveur pour les Lumières et le Front Populaire les a conduits en France où je suis née. Mais moi, je n'étais pas juive. Je le suis devenue.
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LANGUE (maternelle) : mes parents se parlaient en yiddish et en polonais. À moi, ils parlaient en FLE ("Français Langue Etrangère"), le français des banquiers juifs de Balzac : "Fus êdes cholie...Gomme fus êdes grielle!...Dennez, fus êdes eine incrade!" (le Baron de Nucingen dans «Splendeurs et misère des courtisanes»).Ainsi, la langue française n'est pas, à proprement parler, ma langue maternelle : ce n'est pas un héritage, un legs, une évidence. C'est plutôt un trésor de guerre dont la possession et l'usage me sont, toujours, vaguement incertains.
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ORIGINE : j’aurais pu, il est vrai, vouloir "retrouver mes racines" comme on dit, mais c’est plus commode à dire qu’à faire quand vos parents, marranes de gauche, ne vous ont légué ni terre natale, ni langue maternelle - ou grand-maternelle, ni religion, ni recettes de cuisine, ni souvenirs d’enfance, ni photos de famille. (Voir ALBUM)
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UNANIMISME : "La liesse avait été générale, on aurait même pu dire mondiale, sauf qu'on avait quand même du mal, en voyant les allemands de l'Est faire la queue aux supermarchés de l'Ouest pour y dépenser leurs 100 marks (c'était bien ça non déjà : 100 marks ?) à ne pas redouter la fin de l'espoir d'un monde meilleur, plus juste, plus libre, et cætera, sans parler du fait que c'est dur d'aller contre un tel unanimisme ou, comme on s'était mis à le dire "consensus", et de jouer les rabat-joie." ("Douleur au membre fantôme (Figures de Woyzeck)" Prologue)
VITON (Jean-Jacques) : me demandait un texte pour la revue If :
AZ (réticente) : Mais je n'ai encore que des phrases.
JJV (définitif) : Et qu'est-ce qu'un texte sinon une suite de phrases!"
Et bien sûr! Qu'avons-nous besoin de la sauce!
WOOLF (Virginia) : la dernière phrase de son Journal, le 8 mars 1941, trois semaines avant de se suicider : "Et maintenant, que j'aille préparer la merluche.". C'est bien qu'on est vivant jusqu'à la mort!
X.Y.ZADEK : en yiddish : le Juste. En polonais : les fesses... (Voir JUIFS)
Lieu de vie
Rhône-Alpes, 42 - Loire
Types d'interventions
- Rencontres publiques
- Ateliers en milieu universitaire
- Débat/dialogue en milieu universitaire
- Résidences





