Les écrivains / adhérents
Christophe Fourvel
Nouvelle / Jeunesse
Christophe Fourvel est né en 1965 à Marseille. En 1991, il abandonne une thèse en neurophysiologie et travaille (quelques mois) au Centre International de Poésie de Marseille avant de devenir libraire (quelques années) à Brignoles dans le Var. Il vit à présent dans le Doubs (depuis neuf ans), terre de compromis géographique entre le Vieux Port et l’île Gotland, dans la Baltique, qu’il affectionne particulièrement. Jusqu’en octobre 2006, il travaille comme chargé de mission au Centre régional du Livre de Franche-Comté, à Besançon. Il s’y est plus particulièrement occupé de la création et de la rédaction d’une revue littéraire, Verrières, avant de tenir à jour le site Internet de la structure (crlfranchecomte.free.fr). De septembre 2006 à juin 2008, il travaille en collaboration avec le théâtre Le Granit, scène nationale de Belfort et a notamment en charge des ateliers d’écriture en milieu scolaire ainsi qu’au sein du théâtre, auprès d’un public adulte. Il intervient également, toujours en tant qu’écrivain-animateur d’ateliers d’écriture, dans diverses structures comme les prisons (Maison d’’arrêt de Besançon), les hôpitaux psychiatriques (Saint-Ylie)...
Thèmes
l’intime, le voyage, le cinéma, la transmission. Les oeuvres des autres, la manière dont elles traversent nos vies.
Bibliographie
Livres publiés en édition courante
– Raqa, l'histoire n'est encore qu'un regard d'enfant, Médiapopéditions, 2011
– Bushi no nasake (La tendresse du guerrier), éditions La Fosse aux ours, 2011
– La dernière fois où j'ai eu un corps (avec des illustrations de Natalie Lamotte), éditions du Chemin de fer, 2011.
– Portraits de femmes magnifiques (Éditions L’Escampette, 2008)
– Les Balais d’Irina, (Illustrations de Corinne Salvi, Éditions La Cabane sur le chien, 2008)
– Montevideo, Henri Calet et moi, ouvrage accompagné de photographies de Lin Delpierre (Éditions La Dragonne, mai 2006)
– Tous les cinq (illustrations Violaine Morlange, Éditions La Cabane sur le chien, 2005)
– Anything for John (Éditions La Dragonne, 2005)
– Des hommes (Éditions La Fosse aux ours , 2002)
– Journal de la première année (Éditions La Dragonne, 2001)
– Dumky (Éditions La Fosse aux ours, 2000)
– Derniers Paysages avant traversée (Éditions La Fosse aux ours, 1999)
Ouvrage collectif
– Tomber la frontière ! (sous la direction de Joël Isselé et Salah Oudahar), Éditions L’Harmattan, 2007
– Il me sera difficile de venir te voir — correspondances littéraires sur les conséquences de la politique française d'immigration
(sous la direction de Nicole Caligaris et Éric Pessan)
Editions vents d'ailleurs, 2008
– A chacun sa cabane, éditions La Cabane sur le chien, 2009.
Livre d’artiste à tirage limité
– Pickpocket (Éditions Callipyge, 2002, avec la plasticienne Stéphanie Radenac)
– Donnez-moi des roues (Éditions du Caillou, collection Mobil home(s), avec Philippe Fusaro et Velibor Colic, Strasbourg, 2000).
– Le Torchon d'Héraclite (collection Les torchons littéraires)
Éditions Callipyge, 2008
Textes pour la scène
– Passer outre, chorégraphie Geneviève Pernin, création L'Allan, Scène nationale de Montbéliard, mars 2009
– Texte pour un solo de danse contemporaine (co-écrit avec Geneviève Pernin) : Sous les couches et les couches de peinture, le pigment de la peau, conçu et dansé par Geneviève Pernin (avec des contributions filmiques et sonores d’Isabelle Singer, de Marcel Rodriguez et d’Alain Michon). Création au théâtre de Morteau en 2006.
– Textes pour une exposition-performance : J’ose la pose - un parcours, créée par Geneviève Pernin, danseuse et chorégraphe, à la galerie de l’École des Beaux-Arts de Besançon en 2005 (avec des contributions plastiques ou sonores de Lin Delpierre, d’Anne Vauclair, d’Isabelle Singer et d’Alain Michon).
Recréation : septembre 2008 à Montréal, Canada.
– Casa blù, chorégraphie Odile Cazes, Théâtre de la Minoterie, Marseille, 1991
Extraits
Extrait de Anything for John (texte consacré au cinéaste américain John Cassavetes)
Tout vibre, la beauté, la main sur le poitrine. Les cheveux à peine soulevés. John porte simplement un pull et une chemise. C’est un hiver californien. Tellement plus doux que celui de New York.
John semble courir, à moins que seul le vent ne provoque sur la photographie cette impression de mouvement. Il y a la mer, des rochers, mais ils ne sont pas grand-chose à côté de l’homme que l’on regarde. Ils existent par le vide relatif qu’ils imposent, mer et roches plutôt plates et grises ici, anodines et en retrait.
J’arrive à l’âge de l’homme sur la photographie. Cette constatation participe sans doute de la connivence immédiatement ressentie. Mais l’attrait vient surtout de ce mouvement supposé du corps, si élégant dans la fixité de l’image et qui cohabite avec une profonde réflexion. Car le visage trahit une préoccupation qui nous requiert habituellement plutôt assis ou immobile, dans un lieu de travail. Cet équilibre entre les exigences du corps et de la pensée, c’est en une seule prise l’impression que laissent les films de John.
La photographie date du tournage d’Une femme sous influence, dit sa légende. Le reste se tricote toujours avec deux laines. C’est ce qu’il faut souhaiter à toute œuvre : le chiné ; la manière dont on la maille avec sa propre histoire.
Extrait de Dumky
La porte du bar était poussée. Ce qui était impartageable tournait autour d'une table rehaussée de quatre chopes de bière. Quatre hommes se taisaient. Ce qui était impartageable s'arrêtait de temps à autre dans son mouvement circulaire ; une lèvre alors tremblait ; puis elle courait se noyer dans la mousse de la bière.
Je restais des heures immobiles, ne bougeant mes doigts que pour remonter ma montre.
De l'autre côté de la rue, une porte s'est fermée sous sa terrasse couverte et une jeune fille a dégagé un vélo enfoncé dans du bois mal coupé ; le nord ne laisse pas à ceux qui y vivent le temps de la méditation. Il le réserve à ceux qui y passent. Il arrive qu'ils ne se rencontrent jamais.
Les enfants et les chiens, les distributeurs de cigarettes. Il y a toujours du vent. Les vagues ne sont jamais assez grandes pour effrayer le regard. On se tourne vers les livres et le thé.
Difficile d'imaginer ce qu'il est possible de faire avec ce grand tas de temps ; avec ce silence ouvert au vent. Tout le monde rêve de partir.
Les poissons séchés dans les grands casiers rouges. La maison rouge. Le huitième silence, je m'en souviens très bien : dans chaque homme qui se tait, il y a une spirale. Un enfant marche sur des pierres pour traverser un bras de mer calme et comme égaré. L'homme le regarde. Et chaque fois que l'enfant met un pied dans l'eau, il rêve d'une femme inconnue, presque nue et d’un départ. Mais quand la pierre est stable, il est vraiment là, parmi les femmes d'ici et les bateaux.
Lieu de vie
Franche-Comté, 25 - Doubs
Types d'interventions
- Ateliers en milieu scolaire
- Rencontres publiques
- Ateliers en milieu universitaire
- Débat/dialogue en milieu universitaire
- Ateliers autres publics
- Résidences
- Débat/dialogue en milieu scolaire





