Les écrivains / adhérents
Emeric de Monteynard
Poésie / RomanNé en 1956, Emeric de Monteynard vit et travaille à Paris, mais c’est face à la mer, dans la Hague, qu’il se ressource et assemble ses mots, à haute voix, pour que ceux-ci sonnent ce qu’ils disent. En 1992, il rencontre Guillevic avec qui il se lie profondément. Cette amitié marquera son écriture, mais c’est son professeur de français, un ami de Max Jacob, qui lui fera goûter à ce toucher si particulier des mots. « À lire autant de sensualité et de sensibilité, vous ouvrez une voie. Il y a en vous, une exigence, un besoin de netteté, de pureté oserais-je dire, que vous exprimez fort bien » (Guillevic). Trois de ses premiers recueils ont été soutenus par le CNL. Le dernier, publié en Belgique et illustré par le peintre Xavier, a reçu le Prix Amélie Murat. Sa bibliographie complète et quelques extraits sont sur son site Internet.
Bibliographie
– Aux arbres penchés, dessins de Xavier, L'Arbre à paroles, 2006 - Prix Amélie Murat 2008.
– Toucher les doigts du sourcier, Eclats d'encre, 2004
– Dans ce tremblé des dires, Eclats d'encre, 2003
– Concéder l'or et le bleu, Eclats d'encre, 2002
– Aimer, le dire, Eclats d'encre, 2001
– Le Petit homme qui brûlait, éditions du Laquet, 2001
Extraits
Je voudrais que mes mots sentent la chair, la sueur, les mains qui savent... et le tumulte des hommes ;
Je voudrais qu’ils sentent le cep de vigne et l’olivier, Bollène et La Pierre, la lauze, le schiste… du bleu, du rose, des mûres… et, devant, l’or des ajoncs, des genêts à genoux, le vent qui s’essouffle ;
Je voudrais qu’ils sentent le soleil à l'entame du jour... le sel... l'ombre portée de l'écume en fleurs... et d’un orage, un dimanche de Pâques à La Roche ;
Je voudrais qu’ils sentent un ventre de femme qui se dresse, le doigt qui le recueille et recueille sa douceur...
et la violence insensée qui le tient, dans l'ovale et dans les caresses ;
Je voudrais que mes mots sentent la chair, la sueur... la rosée que l'on boit et
le goût de la terre... de ce qui brûle, féconde, et des souffles qui emportent,
Je voudrais que mes mots disent...
ma peur enfin, sur ta peau.
--------------------- Toucher les doigts du sourcier, 2004
Comme une vague résiste à l'usure
Jusqu'à temps qu'elle écale
Donne à ton tour
Du temps à la pierre
Si elle se tait
C'est qu'elle a
Encore des choses
À contempler
Ou bien
Tout simplement
Qu'elle manque des mots
Pour te parler.
------------------- Toucher les doigts du sourcier, 2004
J'ai tant de foules en moi
Qui errent,
Tant de lumières et d'ivresses
D'ombres irrésolues
D'attentes fragiles
À redire
De mots ouverts
À dévaler
À encore
Accorder.
---------------- Toucher les doigts du sourcier, 2004
Lieu de vie
Ile-de-France, 75 - Paris
Types d'interventions
- Rencontres publiques