Les écrivains / adhérents
Frédéric Brun
Roman
Né le 30 juin 1960, Frédéric Brun est écrivain et éditeur de musique. Il aime les romans d’apprentissage et la poésie. Peu de temps après la mort de sa mère, il se marie, devient père pour la première fois et débute l’écriture de son premier livre Perla. Perla a été déportée cinquante ans plus tôt à Auschwitz. Il tente de comprendre son épreuve et lit de nombreux témoignages sur les camps. Étrangement au même moment, il se sent attiré par les poètes allemands, Novalis, Hölderlin, Schlegel et le peintre Caspar David Friedrich, qui désiraient attraper l’âme du monde. Avec eux, il cherche l’apaisement et se pose la question : Comment l’Allemagne a-t-elle pu engendrer la poésie la plus pure et la barbarie la plus totale ? Hymne à la mère, Il ne s’agit ni d’un roman, ni d’un journal, ni d’une autofiction. c’est aussi un livre de correspondances, sur l’amour, la naissance, la mémoire et la transmission.
A partir de brouillons et de fragments retrouvés, Dans Le Roman de Jean, il retrace le parcours de son père, Jean Dréjac, venu à Paris avant-guerre pour devenir artiste. Celui-ci a écrit les paroles de chansons aussi célèbres que Sous le ciel de Paris, L’Homme à la moto, Ah ! Le Petit Vin blanc, et travaillé pour les plus grands chanteurs de son époque : Edith Piaf, Maurice Chevalier, Yves Montand, Juliette Gréco, Michel Legrand, Henri Salvador, Marcel Amont et Serge Reggiani. Ensuite, sa rencontre avec Perla, qu’il aima durant quarante ans, lui fit abandonner ses folles virées. Après Perla, consacré à sa mère, Frédéric Brun compose le personnage de Jean en chansons et en images, entremêlant subtilement le passé, coloré et musical, et le présent, mélancolique et endeuillé. Face aux interrogations sur l’au-delà, il trouve un apaisement auprès des philosophes antiques qui ont pensé la mort.
Une prière pour Nacha clôture la trilogie débutée avec Perla. Nacha souffre de la maladie d’Alzheimer. Au moment où il assiste à ses errances, le narrateur s’aperçoit que la mémoire de la branche juive de sa famille ne lui a pas été racontée. Grâce à un Yizker-bukh, un livre du souvenir, il parvient à connaître quelques détails de la vie de ses ancêtres. Il retourne sur les lieux où a vécu Nacha, le Marais à Paris, le quartier de son enfance, Ribérac en Dordogne, où elle a dû se cacher pendant l’Occupation, Olkusz, son village natal en Pologne. Que reste-t-il des racines juives de ses ancêtres lorsqu’on a été élevé sans tradition religieuse et éduqué par un père chrétien ? Le judaïsme est-il une question de sang ? Des philosophes comme Maimonide ou Spinoza peuvent-ils faire un pont entre les différentes croyances ? Que peut-on encore transmettre dans la mémoire neuve de ses enfants ? Une prière pour Nacha n’est pas seulement, un livre de transmission et un livre d’interrogation, c’est aussi un livre d’espérance à la croisée des religions.
Photo : David Balicki.
Bibliographie
Publications
– Perla. Éditions Stock, 2007. Goncourt du premier roman. Prix Marie-Claire Blais (Québec). Nomination au prix France Culture Télérama.
– Le Roman de Jean. Éditions Stock, 2008.
– Une Prière pour Nacha, Éditions Stock, 2010. Prix des écrivains croyants
– Perla. Livre de poche. Lgf, 2008.
– Comme elle est longue à mourir ma jeunesse. Préface et Conception du livre. Anthologie des textes de Jean Dréjac (Christian Pirot Éditeur)
Rencontres littéraires
– Festival du Premier Roman de Chambéry (2008)
– Rencontre avec des étudiants de l’Alliance Française de Cuneo dans le cadre du Salon international du livre de Turin (2008)
– Bourse de la Découverte de la Fondation Prince Pierre de Monaco (2008)
– Café littéraire au Salon du livre de Caen avec la participation de Baptiste Liger (2007 et 2008)
– Café Littéraire à la Filature de Mulhouse avec la participation de Jacques Lindecker et rencontres aux Lycée Lambert et Lycée Montaigne dans le cadre du festival Tout Mulhouse lit (2008)
– Lecture par plusieurs centaines d’élèves du lycée innovant de Poitiers (dans le cadre du prix littéraire Librecourt)
– Participation à l’opération Tick’art au Lycée Mansart à Saint-Cyr-L’école (Décembre 2009) et au Lycée Notre-Dame de Bury à Margency (Février 2010) et au Collège Jean-Baptiste à Saint Germain en Laye (Avril 2010) .
– Rencontre avec les élèves de la classe d'Irène Legrand au Collège La Moulinière à Domène en Isère.
Extraits
Perla
Je replonge dans ce temps béni où Perla était encore là. À l’époque, je trouvais sa présence normale. Désormais, je comprends que cette présence a bel et bien été exceptionnelle, et que j’aurais dû en profiter davantage. Comme Hypérion, je cherche à jamais une époque définitivement engloutie. Pour lui, notre seul but devrait être de retrouver la beauté et l’unité du monde, la semence dorée dont nous venons tous. Friedrich Hölderlin raconte les émois de cet être déchiré qui rêve de « ne faire qu’un avec toutes les choses vivantes, retourner, par un radieux oubli de soi, dans le Tout de la nature ». Désemparé, il lutte sans cesse car cette dernière ne lui ouvre pas les bras. En allant sur la terre de l’Antiquité divine, il espère retrouver l’enfance de l’homme et la paix intérieure. mais si l’homme cherche la béatitude, c’est une peine perdue d’avance. Nous sommes comme cette feuille morte qui désire en vain remonter sur l’arbre dont elle est tombée.
Le Roman de Jean
Connaissais-tu les vers d'or de Pythagore ? Pour cet homme, qui a été considéré comme une créature divine, nos incarnations ont beau se suc- céder, il faut que l'âme se libère de son corps prison pour enfin exister, se détacher, devenir immortelle dans le libre éther. À quoi ressemble- t-il, ce libre éther ? Avec ta façon si touchante de décrire les choses, si tu étais encore là, tu en aurais fait un tableau, à ta manière. Je l'imagine entre le bleu et le rose. J'attends que tu me répondes quelque chose, mais je n'entends jamais rien, je dois me débrouiller avec ce mystère. Et s'il n'y avait ni libre éther ni immortalité ? Pourquoi me laisses-tu ainsi, en face de mes pages blanches, dans le silence, seul à douter ? Tu m'as abandonné dans l'univers comme devant ces manuscrits en grec ancien, dont je ne comprends pas les caractères. Il y a l'être de l'arbre, l'être de l'homme, l'être de la pierre. « Mais d'où vient l'être lui- même ? » La formulation est belle avec les mots du philosophe Marcel Conche. Lorsque je suis avec mes enfants, avec leurs peaux, douces, célestes qui frôlent ma joue, leurs regards, fragiles, tendres, venus d'ailleurs, cette question m'accompagne. Le bonheur me pénètre et en même temps me dicte : Tout est amené à disparaître. Dans la lumière du jour demeurent un chagrin et un émerveillement tenaces. Je regarde la vie filtrée par ce mélange de joie et de peine. La beauté du monde apparaît derrière un voile. Comment apprécier l'éphémère ? En l'immortalisant avec une sensibilité poétique ? Toutes ces interrogations dans mon esprit ne sont-elles pas pourtant ma seule richesse ?
Lieu de vie
Ile-de-France, 92 - Hauts-de-Seine
Types d'interventions
- Rencontres publiques





