Les écrivains / adhérents
Jean-Pierre Hammer
Poésie / Roman / EssaisGermaniste, peintre, musicien et écrivain par vocation, traducteur, sculpteur, par plaisir, - comment résumer ? Les arts me passionnent autant que les idées et les relations humaines. Mon itinéraire : créer des passerelles - entre les arts et la pensée - et en faire profiter le plus grand nombre : en 1967, fondation avec les étudiants d’un cercle d’arts plastiques à Nanterre où j’enseigne alors langue et littérature allemandes, organisation de concerts Hanns Eisler alors méconnu en France. Récemment réalisation pour la communauté de communes Cère et Dordogne (Lot) De la musique pour tous, récitals pour un public populaire et défavorisé. Piano : Ellina Akimova, violon : Fanny Clamagirand, etc. De la peinture pour tous avec expositions. Pour rendre justice à des artistes tel Maurice Mourlot grâce à deux livres et un documentaire Le Peintre et le gorille (film achevé en quête d’un diffuseur !). Dans le même dessein : Madagascar pour tous, pays où, à l’appel de Robert Mallet, j’ai créé les enseignements d’allemand à l’université (V..bibliographie où ne figurent pas les poèmes dont très peu ont été publiés).
Issu d’un milieu défavorisé, j’ai désir de combattre l’injustice sous toutes ses formes : guerres, occupations militaires, etc. Soutien aux victimes de la répression (particulièrement en ex-RDA, grâce à des articles, traductions, ou aide directe (Peter Huchel, Wolf Biermann, Jürgen Fuchs,etc. : lecture en RDA-même de textes interdits, rencontre clandestine et interview à Berlin-Est, avec l’opposant (physicien)Robert Havemann, (V. Le Monde 28 janvier 1978.
Ou en composant (CD avec livret) La Ballade des Révoltés rassemblant quelques forfaits et méfaits actuels… Le tout afin de dire en musique, en peinture, et écrits divers mon « impossible » utopie d’un monde meilleur...
Bibliographie
Livres
– Le vrai visage de la RDA - Entre la Stasi et l'opposition démocratique Aa Le Septentrion, 2010
– Ravao, la potière des hautes terres (Madagascar), Karthala, 2009
– Destination Madagascar, roman, sous-titre : Saumur- Paris-Tananarive , Des coulisses du PC au grand soleil de Madagascar, avec 48 p. photos couleurs de l’auteur, Karthala, Paris 2005
– À Madagascar, chez les Zafimaniry , préface de Jean-Luc Raharimanana, photos de l’auteur Ibis Press, Paris 2004
– Les Estampes de Maurice Mourlot (1906-1983), Catalogue raisonné (Bilingue français-allemand) comprenant une nouvelle inédite Le Peintre et le gorille, Ibis Press, Paris 2003
– Nikolaus Lenau, Dichter und Rebell, illustrations de l’auteur, avec un Essai : Lenau, Beethoven et l’empereur Josef II, (en allemand ) Behrenkamp-Verlag, Innsbruck 1992
– La peinture de Jean-Pierre Hammer - Préface de Mikel Dufrenne -Bernard Cuau : Entretien avec JPH. Contributions de Robert Mallet, Hubert Nyssen, Claude Manceron, Alfred Hrdlicka, Emmanuel Leroy Ladurie, Brigitte Massin, Alain Touraine, Wolf Biermann, Gilbert Lascault, Monique Leblanc, Michel Guérin, etc. (Bilingue français-allemand), Presses Universitaires de Nancy, 1992
– Lenau, poète rebelle et libertaire, Aubier-Montaigne, Paris 1987
– Maurice Mourlot, peintre (1906-1983). Monographie (Bilingue français-allemand), Hitzeroth, Marburg 1987
– Itinéraire et mythe personnel de Nikolaus Lenau, poète, Doctorat d’État 1981, Éditions des Thèses de Lille II, 1983
Traductions
- Faust de Lenau, Aubier Montaigne, 1991
- Musique de cinéma, L’Arche, 1972 (Komposition für den Film)
- La Harpe des Barbelés, UGE 10-18, 1972 (Die Drahtharfre)
- Ainsi soit-il et ça ira, Ed. C. Bourgeois
- Elégies posthumes d’Ovide & poèmes inédits de Ernst Fischer, Actes Sud, 1986 (Elegien aus dem Nachlass des Ovid
Articles
- Lenau-Almanach
- Lenau-Forum Interferenzen
- Austriaca
- Annales de l’Université de Madagascar
- Rencontres franco-allemandes
- Allemagnes d’aujourd’hui
- Les langues modernes
- Le Monde
- Cahiers d’études germaniques
- Nouvelle Revue socialiste
- Articles dans la revue Austriaca
- Préface de Lenau, Les Albigeois, Editions P.J. Oswald
Sur Wolf Biermann
- Wolf Biermann, poète maudit ? in Allemagnes d’aujourd’hui, 1996
- Wolf Biermann ou la guitare au baîllon in Allemagnes d’aujourd’hui, 1968
- Wolf Biermann, poète maudit (suite), in Allemagnes d’aujourd’hui, 1973
- Wolf Biermann « La chute de Dédale » in Allemagnes d’aujourd’hui, 1993
Extraits
Maurice Mourlot, peintre et graveur (1906-1983)
Extrait de la nouvelle en fin du Catalogue raisonné des estampes
Le peintre et le gorille (version pour le film)
Ce matin-là... Maurice avait décidé de retourner au Jardin des plantes. Il venait de passer de longues semaines à Saint-Loup-de-Naud où il avait peint à satiété paysages et cours de ferme, vaches, moutons, veaux et volailles. il avait envie de revoir ses autres amis, les animaux du Jardin des Plantes. Quand des visiteurs lui disaient en regardant ses peintures ou ses dessins : "Alors, vous les aimez ces bêtes sauvages ?"
"Sauvages..." marmonnait-il, "Ces bêtes sont plus civilisées que beaucoup d'humains ! C’est pareil pour les chiens et les chats, ajoutait-il parfois avec son habituel humour à froid, ils sont tous plus humains que la plupart des gens.” Il prit son chevalet de campagne, puis le reposa. Non, un carnet de croquis suffirait. Pas besoin de couleurs, de médium ni de térébenthine. Papier et crayon feraient l’affaire. Les couleurs, il les noterait sur ses croquis pour exécuter les toiles chez lui, bien au calme, évitant ainsi les regards inquisiteurs, les remarques stupides qui guettent les peintres de chevalet toujours en butte à la bêtise ou à la curiosité des promeneurs qui, - disait Maurice - "semblent n'avoir jamais vu un peintre de leur vie".
Quand il apercevait un “collègue” en train de peindre dans la rue ou devant un monument, Maurice changeait de trottoir. Il n'avait pas envie d'être dérangé par une croûte ou même par un univers différent du sien. Son monde à lui - celui de sa peinture - le tenait, le maintenait, le retenait fortement, comme la glèbe retient le paysan. C'était un terrien, Maurice.
L'eau, il ne l’avait peinte que rarement, bien que son talent le lui eût permis : Le mouvement des rivières, le calme des étangs, l'agitation de la mer, ce n'était pas sa tasse de thé... Il préférait ce qui était solide, ventru, galbé : les poteries, les corps féminins... Et aussi les chevaux de labour à la croupe volumineuse et brillante. Ami des bêtes, Maurice entretenait avec elles un lien secret qu'il ne dévoilait que dans ses peintures :
"La plupart des gens," expliquait-il, "ne savent pas regarder l'oeuvre des peintres animaliers.
Pour Maurice, telle oie était dominatrice, l'autre soumise ou indifférente, tel ours s’affirmait optimiste à tous crins, un autre était agnostique ou libidineux. Certaines poules étaient bavardes, caquetaient sans cesse, d’autres se montraient coquettes; il y avait des canards raisonnables, ou belliqueux, des éléphants humanistes, des bisons lucides ou résignés, des veaux malicieux et des toucans philosophes. Chaque animal affirmait son caractère - non pas un caractère tribal collectif - mais plutôt une psychologie toute individuelle…
Lors d’une exposition de mes peintures à Tübingen dans la Tour de Hölderlin en 1987
écrit dans la Tour de Hölderlin (12.6.1987)
AN HÖLDERLIN
Wann sage mir
hast du verzweifelt
dreingeschaut,
dem Verlust der Geliebten
nachsinnend ?
wann sage mir ward dir vereitelt
auf immer der Freiheitstraum ?
wann sage aus, zogst du
in den Turm dich zuruck,
damit wir alle hoffen ?
À HÖLDERLIN
Quand dis-le-moi,
désespéra chacun de tes regards
méditant la perte de l’aimée ?
quand dis-moi
fut vaincu à jamais
ton rêve de liberté ?
quand avoue-le,
te retiras-tu dans la tour
pour que tous
nous espérions ?
Lieu de vie
Ile-de-France, 75 - Paris
Types d'interventions
- Rencontres publiques
- Ateliers en milieu universitaire
- Débat/dialogue en milieu universitaire