Les écrivains / adhérents
Marianne Stjepanovic-Pauly
EssaisAprès des études littéraires, Marianne Stjepanovic-Pauly travaille comme documentaliste en entreprise pendant dix ans. Elle écrit depuis longtemps pour elle-même des nouvelles, puis des histoires qu'elle invente pour ses enfants, et depuis sept ans s'y consacre à plein temps. La biographie lui offre aujourd'hui la possibilité d'explorer ses domaines de prédilection: la littérature, l'écriture et l'histoire.
Bibliographie
– Simone de Beauvoir, une femme engagée, éditions du Jasmin, 2007
– Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes et au-delà, éditions du Jasmin, 2008
– Arthur Conan Doyle, Les Lettres de Mark Munro, éditions du Jasmin, 2009
– Joséphine Baker, éditions Le Dos d'âne, collection Des graines et des guides (7-12 ans), 2010
Extraits
Extrait de Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes et au-delà
Pourtant, il est dit que Sherlock ne se laissera pas évincer. Au début de l’année 1903 Sam McClure revient à la charge. (...) Si seulement Arthur veut bien se montrer raisonnable et admettre que la chute mortelle de Holmes n’est qu’un malentendu, il recevra la somme de vingt-cinq mille livres pour six nouvelles, trente mille pour un ensemble de huit, et si vraiment l’inspiration lui vient, quarante-cinq mille pour treize aventures. Et cela pour la seule publication en feuilleton aux Etats-Unis.
La tentation est forte. Mais le cauchemar de l’écriture à date fixe, la crainte de ne pas trouver suffisamment d’idées nouvelles, le font hésiter. Mary se charge de le convaincre. Comme son fils lui expose toutes les bonnes raisons de refuser, entre autres le risque de délaisser sa famille et l’esclavage de la livraison régulière, elle ne dit rien, avant de lui confier avec tendresse qu’il a probablement raison de renoncer. Non pour sa famille, mais pour lui-même : le risque est trop grand de ne pas être à la hauteur des séries précédentes, et un écrivain de son envergure, chevalier de surcroît, ne saurait risquer de décevoir ainsi son public. Piqué au vif, il envoie ces deux mots à McClure : « Très bien. » Et Mary peut sourire discrètement : qu’il le veuille ou non, il est bien chevalier, incapable de résister aux défis qu’on lui lance.
Puisqu’il cède, autant aller jusqu’au bout : il signe pour treize nouvelles. La première, qui voit le retour de Holmes et la stupéfaction de Watson, s’intitule La maison vide. Il écrit à sa mère : « L’intrigue (…) m’a été fournie par Jean ; et elle est excellente. Vous découvrirez que Holmes n’a jamais été mort. »
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Simone de Beauvoir, une femme engagée
René Maheu est le premier à saluer Simone dans les couloirs de l’université, mais uniquement lorsqu’il est seul. (...) Doté d’un humour féroce, il ne manque aucune occasion de l’exercer, de préférence aux dépens des « talas » ou de professeurs jugés dépassés.
Simone est vite conquise par ce jeune homme séduisant et drôle ; lui aussi aime Cocteau et son Potomak, et dessine des « Eugène » et des « Mortimer » pendant les cours. Il griffonne un jour un petit animal qu’il déclare être un castor et lui fait le visage de Simone. Beauvoir ressemble au mot anglais beaver, castor. Un nom fait pour elle, affirme-t-il, elle qui ne cesse de travailler, de s’activer et de pousser les autres à faire de même. Simone apprécie ce surnom et bientôt tous ses camarades l’appellent ainsi.
René Maheu la pousse à formuler ce qu’elle sait depuis longtemps : elle doit s’affranchir définitivement de son éducation sévère, assumer la liberté qu’elle revendique. Il estime que la vie intellectuelle ne doit pas empêcher celle du corps… pour les hommes, car il n’aime pas les femmes « faciles ». C’est entre eux un sujet de désaccord : pour Simone, les individus ont les mêmes droits en amour, quel que soit leur sexe.
Leur amitié exigeante lui donne confiance en elle. « Même si j’étais recalée, je ne resterais pas à la maison, et si j’étais reçue, je ne demanderais pas de poste, je ne quitterais pas Paris : dans les deux cas, je m’installerais chez moi et je vivrais en donnant des leçons… (...) J’entraînais ma sœur dans cet avenir. Sur les berges de la Seine, à la nuit tombée, nous nous racontions à en perdre haleine nos triomphants lendemains : mes livres, ses tableaux, nos voyages, le monde. »
Lieu de vie
Ile-de-France, 78 - Yvelines
Types d'interventions
- Ateliers en milieu scolaire
- Rencontres publiques
- Débat/dialogue en milieu scolaire