Les écrivains / adhérents
Christian Désagulier
Poésie
Christian Désagulier est né en France en 1957, l'année de la mise en orbite du premier spoutnik.
Quand il étudie les Sciences Physiques à l’Université d’Orsay, Newton et Mendeleïev sont ses héros.
Il exerce en temps partagé le métier d’ingénieur dans une usine de fusées et de satellites où il pratique le collage dissimilaire, le dépôt sous vide et la fabrication additive, au propre comme au figuré.
Quand il dépose des brevets d'invention, alors Charles Cros et Maurice Blanchard sont ses héros, mais Novalis et Nerval aussi : ainsi qui perd gagne sa vie ..
il arrive qu’au bord de l'eau où l’on se baigne toujours deux fois comme au bord du vide d'où l'on tombe parfois, il écrive des poèmes d’amour, ce qui est une tautologie, tous les poèmes sont des poèmes d’amour des mots.
Sachant que l'amour porté au carré vaut vérité selon Andreï Sakharov, au carré noir sur fond blanc.
Toutes choses et d’autres, sans solution de continuité : le monde est tout ce que je perçois ..
Bibliographie
– Runes, Temps Partagé, 1982
– 12 et 1 récits en suspens, Commune Mesure, 1985
– Rad Thu, bilingue français/suédois, traduit par Jesper Svenbro, Ellerström, 1988
– Retour de Terre Rare, La Main Courante, 1996
– L’Almanach des Muses, TERRACOL, 2009
– Trois Nuits, double traduction des Hymnes à la nuit de Novalis, Cyanpress, Berlin, 2010
– Handbook of Adhesion Technology, Aerospace Industry, Springer, 2011
– Aube, Neige, Blok: Concordances, traduction combinatoire de trois poèmes d’Alexandre Blok, TERRACOL, 2011
Contributions régulières aux Cahiers Critique de Poésie du cipM (Centre international de Poésie de Marseille)
Lauréat 2012 de l’Institut Français pour une mission Stendhal en Ethiopie
Extraits
L’Almanach des Muses, TERRACOL, 2009 (ce livre réunit tous les poèmes parus entre 1996 et 2008, principalement dans les revues PO&SIE, remue.net, FIN, Pleine Marge, Boudoir & autres) :
6 LE GÉANT DES MARÉES || Sur la plage où nous marchons | longeant l'ourlet mousseux des vagues | des générations de coquilles | concassées par le ressac : | un chant fait de succions et de crachats || Chaque vague se lance dans le rachat de celle qui la précède | avec les fonds du sac de cités englouties – | pense à la succession || Dire que nous en foulons la monnaie | battue par le temps – | par d'invisibles vagues – | et l'invincible barbare casqué | qui commande aux marées
21 POLYCONDENSATION
devant le tombeau de bescherelle épais le dictionnaire en deux volumes roses massiques il y a dedans af gz nombre d’os faramineux des pages de thorax en entonnoir un bec de coucou des cheveux crantée la colonne verbale un récipient avec un trou pour l’œil et l’ouïe ne respirez plus
ses petites jambes appuient ferme sur le pédalier de la bicyclette sur le plateau d’auvers on passe devant les tombes jumelles de gogh et magog cousues lierre j’ai toujours peur pour la chair de ma chair mon organe surnuméraire qu’elle se fasse renverser le clocher dépasse de l’horizon
maintenant qu’elle est tombée dans le fossé du loin je reconstitue son image les coquelicots dans les blés au pastel gras retournent mon corps capturé dans ses nerfs et ses veines scintillent après l’injection d’isotopes révèle son bras ressoudé de travers tout un été de lecture le soleil dedans
..
une langue de lave prononce l’arbre la maison la pierre coagule sous la pluie de cendre je ramasse des cailloux un trésor philosophale gît dans l’urine le phosphore brand pousse le calcul dans les nerfs des os le soleil ébouillante l’horizon le ciel pèle troue le monde la retrouve au centre
..
une par une lamelle sur la langue fond le verre miel la moelle chair le bruit suce les noyaux a t c g se mêlent à la musique grégorienne des écorces de bouleaux je bois la sève je fais durer ta présence comme un bonbon jusqu’à ce que la pompe à protons me perforent la pense
422 C’est un fanthomme.
Etre inconnu, ne pense qu’à Venus Victrix : ce n’est pas un être vivant. C’est une machination. La perfidie des femmes, leur naïveté, la naïveté des hommes, leur perfidie. Coïtent tandis qu’elles se tiennent coites. Héphaïstos a su fabriquer des automates en or, comme vivantes, douées de voix hermétique et de force. La femme type, le beau sexe, l’homme-idée sexe le noble, La femme sert à la conservation de l’espèce, La femme, le sentiment du noble si elle le trouve chez l’homme, le beau chez la femme, l’homme, l’âme rutilante, l’âne avec une jambe à l’n en plus. Laocoon, s’empêtre dans les anneaux de sa verge. Elle est sensible (empfindlich), il est émotif (empfindsam), il gagne, elle l’épargne : à la maison c’est l’homme qui porte le collier de perles kantien.- « l’assertion réside dans la copule », Jason le sujet, la toison du prédicat.
449 « - Qu’as-tu fait dans le vaste monde ? »,
seulement jaser – Peut-être ! – A LA MIENNE ? qui est mort de passion pour - vous savez bien ? de vomissements - pour tous ces tristes objets, ces instruments imperfectibles, de musique, là, tout à l‘heure, un bruitage savant, hérité. D’où, cette perfection, fatale? « afin que puisse résonner dans les cœurs détendus les merveilles de tes actions, absous l’erreur de la lèvre souillée de ton serviteur, Ô saint Jean ». Désormais je ferai rien. Rien sera l’objet de mes excursions. Puis, le but atteint, je repartirai pour rien.
C’était donc cela que ceci voulait dire !..
Ainsi s’achève le grand vers, vers quoi ?..
Un moteur sinon un auteur de mots..
Et si mon art me vaut l’exil au bord d’une mer noire pourvu que cela soit en pensée de toi dont les paroles me furent des gouttes de lait..
Il n’y a pas de place pour nous séparés quelque part sinon partout ensemble.
De combien de mille jours avons-nous partagé le craquant et les ménisques de crème vanillée ?
Que mon malheur soit cause de ton bonheur, fait mon bonheur.
Il rit. Fiat nox !
Lieu de vie
Ile-de-France, 75 - Paris
Types d'interventions
- Rencontres publiques
- Résidences





