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Denis Lévy-Soussan

Poésie / Roman / Nouvelle / Récits
photo Denis Lévy-Soussan

Naître à Rabat dans une famille qui respecte la tradition religieuse, quitter à dix-sept ans ce pays aux mille et une saveurs et couleurs, offre un humus particulier aux mots à venir.
L’arrivée à Grenoble en 1961 ouvre un parcours qui mène Denis Lévy-Soussan à la philosophie. Puis renouant avec la Méditerranée, il enseigne ensuite pendant deux ans à Nice et Cagnes-sur-Mer. Les mots qui commencent à sourdre auront l’ardeur des lumières croisées en chemin. Le soleil suivant est celui, flamboyant, de la Martinique, où Denis Lévy-Soussan est professeur à l’École Normale. Les bougainvillées fuchsia de l’île lui font se ressouvenir ceux de son enfance marocaine. Se ressouvenir, c’est déjà écrire, tant ses premières impressions l’ont marqué.
Sa vie professionnelle n’interrompt pas ces va-et-vient aux extrêmes. L’Alsace, la Guyane, puis Nancy et Angoulême. Lieux aux vertus inspiratrices incontestables, où l’intérêt oscille entre nature et culture, élargissant le champ fertile de l’écriture. Celle du sens et de l’importance des différences, expression de la seule universalité qui vaille. Pour écrire, il fallait cependant se poser, de préférence dans un territoire le plus proche possible des sensations de l’enfance. Une vieille maison de village du Luberon, où il vit désormais, l’en rapproche.
Tout ce parcours fait de Denis Lévy-Soussan un écrivain extrêmement sensible aux moindres ondulations du vécu et du temps qui passe. Il explore les extases et les dérives des sentiments humains à travers une écriture exigeante, empreinte d’une profonde musicalité, aux abords du lien maternel et des vibrations amoureuses.
De son premier récit "Jean est mort" en passant par la poésie avec "La Pourpre des étreintes" et par une douce et profonde "Petite cantate à la mère", pour enfin célébrer des "Noces fraternelles", Denis Lévy-Soussan habite une écriture forgée aux vicissitudes et aux bonheurs de l'existence.

Bibliographie

– Jean est mort, Récit. Auto-édition. Avignon, 1988
– La Pourpre des étreintes, Poésie. Éditions Via Valériano / Léo Scheer. Marseille, 2003
– Petite cantate à la mère, Récit. Éditions La Cheminante. Ciboure, 2009
– Noces fraternelles, Roman. Éditions La Cheminante. Ciboure, 2010
– Instant pour elles, nouvelles, éd. La Cheminante, 2012
– La Vie, etc., éd. La Cheminante (postface de Philippe Bataille), 2014

Extraits

"Petite cantate à la mère"
Tu as dansé ta vie dans la lumière de la joie
ou la tristesse de l'ombre.
Tes ailes palpitantes t'ont soutenue
d'allégresse en chagrins.
Les fontaines de l'espoir,
presque taries le soir venu,
ont étanché ta soif.
Pas même les deuils ne brisèrent ton élan,
à peine réfréné dans sa course vers l'azur.
Tout juste si ton cœur valsa un peu moins vite.
Au crépuscule, tu te poses en souriant sur ta dernière fleur
pour rêver la fin de ta danse.

Tu reposes dans le cimetière du petit village où j'habite. Des fleurs sont plantées sur ta tombe, des lavandes dont la senteur te ravissait, du romarin, un rosier éclatant d'avril à octobre. Tout s'y épanouit dans l'émotion douce-amère de la fleur en bouton.

Chacun écrit avec son alphabet secret. Moi qui ne crois en rien, moi pour qui un corps n'est qu'un corps enfoui sous la terre, je te rends visite. Je prends soin de ces bouquets dont tu es le parfum.

Les souvenirs sont les pluies de la mémoire,
ils tombent en bruine ou en orages,
pour abreuver notre présent ou le noyer.
Certains donnent envie de mourir à l'instant
pour ne jamais les oublier,
ou de vivre éternellement pour y rêver toujours.

Le cœur est un coquillage au fond duquel s'entend le chant de la mère.


"Noces fraternelles"
Le lendemain, dans l'appartement de la mère de Bénédicte, nous considérons d’un regard incrédule l'égarement qui fut le nôtre. La veille au soir, nous avons parcouru le labyrinthe sans rien en percevoir, guidés par le fil d'Ariane que, du plus profond des âges, le désir offre aux amants. Aujourd’hui, nous allons réconcilier les gestes, arpenter chaque allée, sillonner chaque sentier, sonder chaque buisson, cueillir tous les fruits qui s'offriront à nous. Nous apprivoiserons chaque seconde, y ferons halte pour la distendre en éternité et en prophétiser les infinis bonheurs. Nous allons cingler vers le large, sur des mers sans rivage, dans l'exultation d'y naviguer ensemble. Nous voulons héler le plaisir du bout de l'horizon, voguer vers lui à voiles lentes, parvenir haletants sous son arc de triomphe qu'ensemble nous franchirons. Nous avons hâte d'être patients.
Assuré et maladroit, avec une lenteur grave, j’ôte un à un les vêtements de Bénédicte. Elle est la première femme que je déshabille. Elle se laisse faire, souriant de l'inexpérience de ce grand garçon qui la fixe dans les yeux pour n'avoir pas à regarder son corps. Éperdus d'une ivresse sans tourment, nous nous rejoignons pour ne plus nous désaccorder.
Lorsque nous repartons quelques heures plus tard, est gravé en nous l'absolu du temps éternel.

Lieu de vie

Provence-Alpes-Côte d'Azur, 84 - Vaucluse

Types d'interventions
  • Ateliers en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire