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Julien Bosc, une disparition

Julien Bosc poète et éditeur nous a quittés.
C'est une grande tristesse pour ses amis de la Mél.
Il a créé en 2013 les éditions le phare du cousseix dédiées à la poésie contemporaine, "afin d'éviter 
les naufrages, la dispersion des fleurs de cerisier, des cendres et des mots ou cailloux si soufflent des vents d’oubli"

Par ailleurs, il a publié en poésie : Le corps de la langue, préface de Bernard Noël, éd. Quidam, 2016; La Coupée, éd. Potentille, 2016; De la poussière sur vos cils, éd. la tête à l’envers, 2015.

Julien Bosc (1964-2018)

Nous n’avons pas tous la même image d’un homme, selon que l’on est sa fille ou son fils, ou sa femme, ou simplement l’un ou l’une quelconque de ses ami(e)s. La relation n’est pas exactement la même. L’homme qui s’en va aujourd’hui s’avèrera sans doute multiple à partir de l’image que nous nous faisions de lui, les uns et les autres, qu’elle soit restée claire ou qu’elle ait pu être troublée. Mais Julien avait sans doute, lui aussi, une image de lui-même. Et il s’est tué pour tuer la mauvaise image qu’il avait de lui-même. Le pire, le pire, c’est que l’image qu’il avait de lui était fausse. C’était celle que nous (tous) nous avions de lui qui était la bonne ! Et maintenant, Julien, Julien !, nous ne pouvons rien faire d’autre que de garder chacun une image de toi, différente selon chacun. Tu étais poète, avec une voix qui avait plusieurs registres, du clair au sombre quand les deux ne se mêlaient pas dans un seul et même poème. Tu étais un formidable éditeur à l’enseigne le phare du cousseix. Mais rien de tout cela n’a compté au moment de ton geste, décidé, déterminé. Mais pourquoi, Julien, Pourquoi ? Toi qui a dû te sentir coupable, mais de quoi ?, par ton geste tu nous rends aussi coupables, mais de quoi ? Julien, Julien, tu as tranché, pour toi, le nœud des questions qui te taraudaient sans cesse. Et c’est l’évidence même, par ton geste, Julien, par ton geste c’est le nœud de ces questions que tu nous laisses, et si pour toi tu l’as violemment dénoué, pour nous désormais, ces questions resteront à jamais nouées.
(Cécile A. Holdban, Tristan Hordé, Jacques Lèbre).

 

A la Une de la revue, publié il y a un an, à redécouvrir : Comme pour la lampe de Julien Bosc et Magali Ballet dans la Revue Ce Qui Reste.