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Les écrivains / adhérents

Roxana Paez

Poésie / Essais
photo Roxana Paez

Roxana Paez, écrivaine et traductrice argentine, a vécu à Buenos Aires, Mendoza et La Plata où elle a travaillé dans en tant que lectrice et traductrice pour des maisons d’édition. Dès l’âge de 20 ans elle a collaboré à des revues littéraires et des suppléments culturels de journaux : Babel, Diario de Poesía, El Cronista Cultural, El Día. Au nouveau millénaire, la bourse Saint-Exupéry l’a amenée à Paris pour rédiger une thèse pour laquelle elle a obtenu un Doctorat en études romanes. Entre 2002 et 2004 elle a organisé les Soirées des Écrivains de la Sortie à la Cité Internationale, des rencontres des écrivains français et hispano-américains vivants ou fantômes. Installée à Belleville, elle donne des cours universitaires de castillan, littérature latino-américaine et de traduction. Elle a traduit, entre autres, des textes de Pierre Klossowski, Rachid Boudjedra, Michel Serres, Cornelius Castoriadis, Henri Méchonnic, Marcel Duchamp, Georges Bataille, Mamhoud Darwich, Josée Lapeyrère, Geneviève Huttin.
Ses poèmes ont été traduits en anglais, français, portugais et allemand, publiés dans des revues, anthologies et sites virtuels, parmi eux : Monstruos. El sueño de la poesía. Antología de la nueva poesía argentina. (Ed. d’Arturo Carrera), Buenos Aires, FCE et Agencia Española de Cooperación Internacional, ICI-Centro Cultural de España, 2001 ; Antología del subte (poèmes séléctionés et affichés au métro par Metrovías), Buenos Aires, Ediciones de la flor, 1998 ; Poesía. 36 autores, La Plata, La Comuna Ediciones, 1999; Naranjos de fascinante música. Poesía contemporánea de La Plata, Libros de la talita dorada, 2003 ; Twenty Poets from Argentina - Poetry of the Nineties (ed. de Daniel Samoilovich et traduction d’Andrew Graham-Yooll, Redbeck Press, Bradford, 2004) ; Antologie des écrivains latino-américains en France, Paris, Indigo, 2007 ; Latin Log 54 (www.satt.org/latin-log/54.html); Bibliothèque Zapatos rojos (www.zapatosrojos.com.ar) ; poemasenlaselva.blogspot.com, ustedleepoesia2.blogspot.com/, entre autres.
En France, elle a reçu une bourse d’aide à la traduction en 1998 et une bourse d’aide à la création en 2012. Cette année elle est en résidence à la Biennale des Poètes du Val-de-Marne dont le premier atelier en cours s’intitule Le poète et le travail.
Avec les Invisibles audibles lisibles, elle fait tourner régulièrement les tables pour mêler les voix d’autres poètes aux leurs.

Distinctions
2012 Second Prix national d’essai du Fond National des Arts (Argentine) pour Poétiques de l’espace argentin.
2010 Premier Prix International Juan L. Ortiz aux livres de la décennie pour Fogata de ramitas y huesos.
1997 Distinction spéciale du II Concurso Hispanoamericano de Poesía, Diario de Poesía.
1996 Distinction spéciale pour l’essai “Las constantes poéticas en la obra de Juan L.Ortíz”, Fundación Banco Mercantil Argentino.
Distinction au Concurso Nacional de Poesía "La piedra movediza", Universidad Nacional del Centro et Dirección Municipal de Cultura.
1994 Deuxième Prix au Concurso Nacional de Poesía "La piedra movediza", Universidad Nacional del Centro et Dirección Municipal de Cultura.
1993 Premier Prix National de Poésie du Concours Enrique Pezzoni, Facultad de Filosofía y Letras, Université Nationale de Buenos Aires.

Décembre 2015-septembre 2016 : Résidence Île-de-France avec la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne, Ivry-sur-Seine, 94. www.m-e-l.fr/fiche-residence.php?id=16

Bibliographie

Poésie
– 2016 Contradegüellos. Œuvre réunie de Francisco Madariaga (direction et projet, préface, notes, essais).
– 2015 Impasse de la baleine. Voyage autour de nos maisons (inédit)
– 2012 Brindilles à sa flambée (édition bilingüe). Paris, Côrdoba, co-édition de Reflet de Lettres/ Alcion.
– 2012 Le journal de la china (Là où le diablo perd le poncho et le renard et le lièvre se disent bonne Nuit), édition bilingue. Marseille, Fidel Anthelme X.
– 2012 El diario de la china. Córdoba, Sofía Cartonera.
– 2011 Serie de banda rumorosa (Série en bande qui gazouille). Córdoba, Alción.
– 2007 Madre Ciruelo (Mère Prunier). Córdoba, Alción.
– 2007 Lettera rarissima (antologie bilingue). Marsella, Fidel Anthèlme X.
– 2002 Fogata de ramitas y huesos (Brindilles à sa flambée). Córdoba, Alción (reedité en 2009)
– 1999 La indecisión.(L’indécision). Buenos Aires, La Marca.
–1995 Las vegas del porvenir (Las vegas de l’avenir). Buenos Aires, La Marca.
– 1994 Gran distracción animada (Grande distraction animée). Buenos Aires, Seis Sellos.

Essais
– 2013 Poétiques de l’espace argentin. Juan L. Ortiz et Francisco Madariaga, Buenos-Aires, Mansalva.
– 1995 Manuel Puig. Del pop a la extrañeza (M.P. Du pop à l’étrangété). Buenos Aires, Almagesto.

Essais dans des ouvrages collectifs
– 2010 “Dans le précis de cette absence : histoire et poésie chez Néstor Perlongher ”. (Inédit)
– 2008 “ ‘Struggle for life’, lutte pour la langue: Roberto Arlt, fils d’immigrés”: Exils, migrations, création (dir. de F.Olivier et P.Boudillon Puma). Paris, Indigo, pp. 139-148.
– 2007 “Ecritorio criollo” (essai sur F.Madariaga). El niño Staton. Revista de poesía y arte. Num. 4, Buenos Aires, décembre, pp. 50-59.
– “Una tordilla como regalo: Francisco Madariaga”: Movimiento y nominación. Notas sobre la poesía argentina contemporánea. (Sergio Delgado et Julio Premat eds.), Université de Bretagne-Sud, Université de Paris VIII, décembre.
– “ ‘Deja las letras y deja la ciudad’. L’image de l’espace urbain en deux poètes des espaces ouverts ”. Teresa Orecchia-Havas (éd.). Les Villes et la fin du XXème siècle en Amérique Latine. Littératures, cultures, représentations. Bern, Peter Lang, pp. 171-184.
– 2005 “Glosas. Corro tras el monstruo revestido de la figura irrisoria de la explicación”: Revue Tigre/ Hors série. Grenoble, octobre, pp. 123-132.
– 2004 “Lo exótico. Lo auténtico”. L’écrivain argentin et la tradition. Mondes Hispanophones 28, Presses Universitaires de Rennes, pp.205-214.
– 2003 “Wilde, la nueva crítica”, Orbis Tertius nº 9 . Revue du Centre d’Études de Théorie et Critique Littéraire, UNLP, agosto 2003, pp. 113-121.
– 2001 “El amor es continuo : la poesía de Francisco Madariaga (1927-2000)”: Fin de siglo-Nuevos discursos: el humor, el amor y la muerte. Angers, pp. 177-189.
– “Manuel Puig. Sexualité et révolution”. Raul Caplán coord. Univers répressifs. Peninsule ibérique et Amérique Latine. Paris, L’Harmattan, , pp. 105-114.
– 2000 “ ‘Tango del viudo’: el deseo corteja al fantasma” dans : Lectures d’une œuvre. Residencia en la tierra. Canto General de Pablo Neruda. Ouvrage collectif (Néstor Ponce éd.) Paris, Editions du Temps, pp. 213-222.
– 1999 “En la nuca del sueño”: Oliverio Girondo. Obra completa (Edition critique de Raúl Antelo). Paris-Madrid, Colección Archivos, ALLCA XX (Unesco)/ Editorial Sudamericana.
– “Criollismo de otra experimentación: Francisco Madariaga”, Orbis Tertius nº6, Centre d’Études de Théorie et Critique, UNLP, pp. 111-132.
– 1998 “ ‘Gualeguay’ de Juan L.Ortiz”: ALP. Cuadernos Angers-La Plata. Angers, año 2, nº2, février.
– 1997 “Juan L. Ortiz : La medida de los grillos”: Seis ensayos sobre el poema “Gualeguay”. Buenos Aires, El Arca Ediciones, Prix de la Fondation Banco Mercantil Argentino, pp. 81- 96.
– Juan L.Ortiz: primeros diálogos”, Orbis Tertius nº4, Faculté de Sciences de l’Homme de la UNLP, año 2, pp.81-96.
– 1996 “Dactilogramas: la escritura íntima” (Transcription et étude de textes) : Manuel Puig. Materiales iniciales para La traición de Rita Hayworth, pp. 437-449.
– Edition critique du « Block de notas » de Manuel Puig : Ibidem
– “Lo inauténtico: lenguaje y simulación en la Argentina”. Actes du congrès international “Fines de siglo y Modernismo”. Université Nationale de La Plata, agosto, pp. 917-923.
– “Juan L. Ortiz: la margen no es una región", Actes du IX Congrès National de Littérature argentine (UNRC).
– 1993 “Alambres de Néstor Perlongher. Una poética en esquirlas”. Actes Premier Congrès d’Etudes Latino-américaines. Université Nationale de La Plata.

Extraits

Fragments du Journal de la china (Là où le diablo perd le poncho et le renard et le lièvre se disent bonne Nuit) :

Dans la forêt, je perçois le son des choses
qui vont mourir,

les préparatifs d’une naissance.

Créature noire.

La langue me donne les mots,
les rêves, les insultes qui font tourner la roue.

Je peux fixer les gauchos dans les yeux
je peux les voir se soulever,
sur leurs bêtes galopantes.

Personne ne m’a transmis l’art de monter
mais j’ai appris, comme à lire, à nager et à écrire.

Les vaches lâchées dans les terres sont les mots
d’un message que je ne comprends pas.

Je regarde leurs yeux noirs au milieu de l’angoisse blanche.

Un indien saoul s’approche de moi
vêtu de plumes d’autruche.

Il se tient en silence,
me sourit à peine.
Entre les fentes, les yeux apparaissent
à moitié verts, crachat de maté.
Sang-mêlé d’italien, paraît-il.

«Comme un cheveu sur la soupe»,
il arrive au moment où le maté infuse.
..............................................................
Bipède implume ! Tu perturbes
ce silence qui est à moi.
Et le début d’un rire
qui n’éclate pas.

Éclate !

Tu n’as pas non plus rangé ta peine.
.................................................................

Le temps est beau,
la route étoilée,

les tours et le flottement
me parviennent dans cette mer intense
au bord de la mer même.


Ma branche, un cheval sur le vent.
Maintenant, l’air devient turbulent. Mais
je ne perds mon temps et ma maison
qu’apparemment.

Je bats et je me barre,
il sera difficile
de vaincre cette impulsion de carte.

Je peux le voir dans mes jumelles,
le survoler. Mes yeux allaient là-bas.
Et moi, l’envahisseuse,
je le voyais apparaître comme
l`oiseau dans la vie d’un homme,
comme une surprise dans son champ visuel.

De Serie de banda rumorosa (Série de bande murmurante), fragments de « Les lézards écoutaient derrière les pierres » :

J’appartiens à où ? Une page est ma maison,
L’étoffe qui me va couvrir,
Où nous nous enveloppons vivants.
………………
Oui : ici, là, là-bas, la distance exquise.
…………………
Nous sommes arrivés à Athènes, à la nuit lourde,
A une place avec un pain rond
dans la main, enveloppé autour de la viande,
Les tomates, les oignons, le fromage blanc,
Les concombres et l’aneth.

La viande morte avait tourné
Autour d’un axe
Enfilée.

Comme nous mêmes tournons
avec les tours sans volonté de la terre
Autour du soleil
Et de quelqu’un qui nous regarde
Et regardons simultanément.

De Pireás le ferry a appareillé
A minuit et il est passé sous une étoile
A coté des Cyclades.
………………………….
On est arrivés à l’aube.
Des collines sèches et des figuiers construisant
Des sucres et des huiles pour une vie pleine.

C’est ici où on va rester.
…………………………..
Il pleut si peu que nous dormons sous un trou
Où il y a un petit moulin qui fait entrer le vent.
……………………………………………..
Nager vers la petite déesse blanche
En préférant un colosse masqué qui avance
Bien devant moi.

Un monsieur essaie de grimper sur le rocher
Et toucher le marbre de la nymphe
Il ne réussit pas et retourne au bord.

Il est trop âgé pour monter sur la vierge.

Tu rigoles et je vois les eaux enfermées
Derrière ton scaphandre.

.....................................................
Avance plus à coups du hasard
Comme dans un roman d’Aira ou de Levrero,
Que par séquences de causes-effets,
Comme on peut « lire » les vies ordonnées.
……….

Nous nagions et sortions de l’eau,
En causant des détails infinis
Et des anecdotes de nos vies d’enfants.
Ou de celles d’autres enfants, ceux qu’on a eu,
Ceux qui sont passés par la maison,
Ceux qui nous devenons à nouveau.

Je t’ai lu quelques vers du premier livre de Tadeusz Rozewicz. Tu lisais dans une bordure de l’ile,
La peau brillante de goutes, L’invention de Morel. De temps en temps je regardais où tu en étais et comment on avait traduit telle ou tuelle phrase que je me rappelais : mais la lecture avait échoué. Par la faute d’un traitre tu avais lu: je ne suis pas mort au lieu de je ne suis pas mort, je suis amoureux.
…………………………………………………
Un papillon blanc a effleuré les feuilles des buissons
Derrière lesquels je suis en train d’écrire.
J’ai jeté des graines de sucre dans un angle
Pour distraire les fourmis,
Ainsi elles ne viendront plus ici où je suis assise.

Parce que quand tu prends le petit déjeuner tu laisses
Cette petite pluie de miettes qui tombent mystérieuses
Quand tu mords la croute du pain couvert du miel.

Je rentre à nouveau dans le figuier pour toi.
Je dois me concentrer quelques secondes.
Dans la pénombre je commence à les découvrir
Blottis comme moi. J’étire le bras,
Tends l’arc,
D’autres fois catapulte,
Et coup de griffe pour décrocher la figue.

Elle se laisse attraper, passif.
En même temps, mi nue,
je suis le cible d’attaques minuscules,

éraflures, piqures, morsures,
des souffles de l’arbre qui prend sa défense.
…………………

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
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