Contenu | Navigation | Politique d'accessibilité | Crédits Lettre internet

Les écrivains / adhérents

Jean Antonini

Poésie

J’apprends à lire facilement et la lecture devient mon passe-temps favori. Le monde dans lequel je vis s’en trouve grandement élargi, ce qui ne m’empêche pas de faire des études de physique. Le même goût de la découverte se rassasie à la lecture du « Tour du monde en 80 jours » ou à la mesure des points d’ébullition d’un mélange.
Dans les années 80, décidé à me mettre à l’écriture, je tombe amoureux du haïku. Simple. Léger. Sa pratique lie la vie et l’écriture de manière étroite. Et les poètes japonais s’avèrent aussi piquants que les poètes français.
Ma biblio s’est peu à peu remplie de publications, personnelles ou collectives, concernant le haïku, avec des incursions dans la prose, quelquefois en compagnie d’amis artistes.

Bibliographie

– D’un champ à l’autre, avec Véronique Dutreix, éd. unicité, Paris, 2016 (haïku)
– Au creux de nos gorges, avec Hélène Boissé, éd AFH, Barjols, 2014 (haïku)
– Cascade du futur, Ban’ya Natsuishi, 100 haïkus traduits du japonais avec Keiko Tajima, éd. L’Harmattan, Paris, 2014 (haïku)
– Chou hibou haïku, Guide de haïku à l’école et ailleurs, Collectif, direction, ALTER-éditions, Lyon, 2011 (haïku)
– Hé ! géranium blanc (français, anglais, hollandais), ‘t schrijverke, Pays-bas, 2010 (haïku)
– Ternes, trad. en roumain par Teodora Motet, ed. Amurg Sentimental, Bucarest, 2010 (haïku)
– Ses mèches de cheveux blancs, Jean-Pierre Huguet éditeur, St Julien Molin Molette, 2009 (prose)
– Mon poème favori, dessins de Victor Caniato, traductions de Richard Bateman, Aléas éditeur, 2007 (haïku)
– Ipse fluvio, dessins de Roger Groslon, Aléas éditeur, 2006 (prose)
– Chemin de temps, avec Roger Groslon, livre d’art autoédité, 2004 (poésie)
– Anthologie du haïku en France, collectif, direction, Aléas éditeur, 2003 (haïku)
– Journal de corps, La bartavelle éditeur, Charlieu, 1998 (prose)
– Ternes, La bartavelle éditeur, Charlieu, 1994 (haïku)
– Exercices sensationnels, éditions Eliane Vernay, Genève, 1987 (haïku)
– Coup de fusil dans la banane, éditions Verso, Lyon, 1986 (poésie)
– Haïku, éditions Le Pavé, Caen, 1986 (haïku)
– Rien des villes et des champs, éditions Aube, Lyon, 1982 (haïku)

Extraits

HÉ ! GÉRANIUM BLANC (2010)
Ne sachant que faire
je regarde le géranium
fleuri et fané

La fleur blanche
inutile d’en dire plus
la fleur blanche

Cinq pétales blancs
la fleur de géranium joue
le tout pour le tout

À droite une feuille – ploup
trois feuilles à gauche – ploup ploup ploup
c’est un géranium

Remplir sa vie whoops
des brassées de géranium
de la terre au ciel


JOURNAL DE CORPS (1998)
(3-95) Le Monsieur âgé dit : « Je suis rentré à la maison et j'ai eu peur en me voyant dans le miroir de l'entrée. Ces gros yeux verts cerclés de noir, ce visage couvert de taches brunâtres, ces cheveux roussis, cette bouche pendante, enflammée, ces plaies dans le cou ! c'était moi, ça ? Comment ont-ils pu me plonger dans des états pareils ? Arriverai-je à me refaire une tête au cours de la nuit ? »

(10-94) Ouvre le livre de tes deux mains ! Prends ton visage dans tes deux mains ! Colle une moitié sur les pages de gauche et l'autre sur les pages de droite !


SES MÈCHES DE CHEVEUX BLANCS (2009)
Elle fut baptisée Jacqueline Elizabeth Marcelline. Plus on a de noms, plus on est aimé, paraît-il. Même après sa mort, on peut lire ces noms sur le livret de famille. Jusqu’à ce que le livret soit perdu. Après ma mort, sans doute, celle de nos enfants. Jacqueline, le prénom, elle aimait bien. Marcelline, non. Trop vieillot, disait-elle. Dommage. Le goût désuet de Marcelline m’aurait attiré. Une grande poète ! Réservée aux initié.es. Avant 1993, je l’appelle Majoue. Sauf les jours où elle en a marre. Aujourd’hui, appelle-moi Jacqueline, tu entends. Oui, oui, Maj… Les noms, c’est obsédant. Jacqueline, où es-tu ? Jacqueline, t’as pas vu mes lunettes ? Jacqueline, Jacqueline, toute la sainte journée ! Elle m’enfonce son index dans le nombril. Je crie. Oui ! Oui, Maj… Jacqueline ! Oui… On croit que c’est des mots, les noms, mais ils s’imprègnent dans votre corps. Dans votre mémoire. Ils reviennent sans crier gare. Elle m’a appelé Paul quelquefois. Sans faire exprès. Ca lui vient dans la bouche, le nom d’un autre homme avec qui elle a vécu. Et quand il ne lui vient pas, où est-il, ce nom ? dans le ventre, la tête, le cœur, les bouts des doigts ? Qu’est-ce que j’en sais, moi, ce qu’ils ont fait de leurs doigts de pied, avant même que je la connaisse. Que j’imagine son nom. Que j’imagine nos enfants. Que j’imagine de l’étrangler. Les enfants étaient partis depuis des années. Elle s’est laissée tuer facilement. Impossible d’imaginer un tel geste quand on ne l’a pas fait.

Ma bibliothèque

Nombreux livres concernant le haïku, notamment :
Le haïkaï selon Bashô, Traités de poétique, trad. René Sieffert, P.O.F, 1983

Auteurs anciens :
Bashô, Chiyo ni, Buson, Issa, Shiki, Omar Kahhyam, Blaise Pascal, Chateaubriand, Jean-Jacques Rousseau, Gustave Flaubert, Apollinaire

Auteurs modernes
Julien Vocance, Robert Walser, Clarice Lispector, Charles Albert Cingria, Pierre Garnier, W.G. Sebald, Samuel Becket Marguerite Duras, Karen Blixen

Lieu de vie

Auvergne-Rhône-Alpes, 69 - Rhône

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques