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Les écrivains / adhérents

Michel Chaillou

Roman / Essais
photo Michel Chaillou

Michel Chaillou est né le 15 juin 1930 à Nantes. Scolarité chaotique entre la France et le Maroc puis études supérieures à Poitiers où il obtient une licence de philosophie et le Capes de lettres modernes. Docteur en littérature française, il a enseigné le français à tous les niveaux, du lycée à l’Université, son dernier poste étant maître de conférences à Paris-VIII Vincennes Saint-Denis. De 1963 à 1968, parallèlement à l’enseignement, il a été producteur et chef de série pour les émissions de français à la télévision scolaire.

Premier président de l’ADILC (association pour la défense et l’illustration de la littérature contemporaine), il a été membre du comité de rédaction de la revue Po&sie et, de 1990 à 1998, a créé et dirigé la collection « Brèves Littérature » aux éditions Hatier.

Prix des Libraires (1989), Grand Prix Poncetton de la Société des gens de lettres (1997). Prix de la langue Française pour l’ensemble de son œuvre (2002). Michel Chaillou est chevalier de la Légion d’honneur et officier dans l’Ordre national du Mérite.
Grand Prix de littérature de l'Académie française 2007 pour l'ensemble de son oeuvre.

J’ai passé l’âge de dire mon âge. Je suis vieux et pourtant jeune. La vie m’a paginé d’une façon tendre et ironique. Je reste gouailleur et exigeant.

Thèmes :
La rêverie est mon discours de la méthode. L’exploration de soi. Un de mes désirs : demander leur avis aux choses, dévisager les éléments. Entendre la plainte basse de la mer au jusant. Parler avec le temps, le fantôme de nos fantômes, etc…

http://www.michel-chaillou.com
Bibliographie

– Jonathamour, Gallimard « Folio » n° 2244
– Collège Vaserman, Gallimard 1970
– Le Sentiment géographique, Gallimard « L’imaginaire » 1989
– Domestique chez Montaigne, Gallimard 1983
– La Vindicte du sourd, Gallimard « Folio Junior » n°263, 1990
– Le Rêve de Saxe, « Folio » n° 1947
– La Croyance des voleurs, Seuil 1989 « Points » n° P893, prix des libraires, prix de la ville de Nantes
– La Petite Vertu, Seuil 1990
– L’Hexameron, Seuil 1990 ‘(en collaboration avec Michel Deguy, Florence Delay, Natacha Michel, Denis Roche, Jacques Roubaud)
– La Rue du capitaine Olchanski, roman russe, Gallimard 1991
Mémoires de Melle, Seuil 1993« Points »n°P134, Prix Hugues Rebell 1994
– La Vie privée du désert, Seuil 1995« Points » n°P407
– Le ciel touche à peine terre, Seuil 1997
– La France fugitive, Fayard 1998, « Le Livre de poche » n° 15131, Prix Cazes 1999
– Les habits du fantôme (photographies de François Delebecque), Seuil Jeunesse 1999
– La Fleur des rues, Petit guide pédestre de la littérature française au XVIIe siècle : 1600-1660 (en collaboration avec Michèle Chaillou) Fayard 2000
– Indigne Indigo, Seuil 2000, prix littéraire de la ville de Caen
– Le Matamore ébouriffé, Fayard 2002 « Le Livre de poche »n°30195 oct. 2004
– 1945, Seuil 2004, prix Breizh 2004 et prix Ouest 2004, prix des audiolecteurs 2006,
– La preuve par le chien, Fayard 2005, grand prix du roman de la ville de Rennes 2006
– Virginité, roman, Fayard, 2007
– L’Ecoute intérieure, neuf entretiens sur la littérature avec Jean Védrines, Fayard, 2007
– Le dernier des Romains, roman, Fayard, 2009
– Le Crime du beau temps, roman, Gallimard, 2010
– La Fuite en Egypte, roman, Fayard, 2011

Extraits

La France fugitive ‘(1998)

Le voyageur avant le voyage
A dire vrai, je n’ai jamais su partir. D’abord pour partir, il faut être là, or je suis tellement toujours ailleurs, distrait, préoccupé, filant ma laine… Ensuite quitter, s’en aller, tous ces mots qui tournent le dos, pas mon être. Même laisser tomber, plus vertical, ou foutre le camp, en dépit de son ambition lascive. Si je sors, c’est aussitôt pour effectuer un retour électrique sur le gaz, les robinets, des fois que la porte ? Elle ferme mal, n’importe qui peut s’inviter, occuper à notre place le canapé vert. Aussi qu’un départ s’approche, je m’obstine, m’arc-boute, résiste déjà en idée au train qui emporte, à l’avion qui soulève. Le quartier a beau me chanter :ainsi vous partez ? Je n’y crois guère. La corde se tend trop de mon âme pour que j’aille loin. (« Le livre de poche », p. 11).


La croyance des voleurs (1989)

Chez nous on a une table, quatre chaises, plus l’éternité. On habite une maison entourée de maisons à la limite de la campagne (elle pousse encore son museau) et aux abords d’une ville (elle enfume l’horizon). J’ai une mère, mais elle voyage, un père, mais il travaille ailleurs. Grand-maman me garde. Elle est menue, a une épaule plus haute que l’autre, ses yeux luisent. Grand-père est une figue, une figue sèche pleine de savoirs. Il lit comme un loup. Une lampe l’éclaire. Le mobilier sent la résine. Le soir nous enténèbre comme une forêt. On reste là des mois, peut-être des années. La voisine grandit. J’affirme péremptoire : « Berthe Rozan va dépasser le clocher. » Grand-mère me regarde. Elle repasse devant la fenêtre. Si je la laisse faire, la lune aussi sera repassée, les étoiles amidonnées, toute la voûte céleste rangée bien sagement dans l’armoire, parmi les pantalons, les chemises, la tempête de cols durs. Je ferme vite les volets. (collection « Fiction &Cie », p.9).

Lieu de vie

Ile-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Rencontres publiques
  • Débat/dialogue en milieu universitaire