Vous avez peut‑être entendu parler de la baisse d’activité autour de MaPrimeRénov’ au premier semestre 2026 et vous vous demandez ce que cela change pour un projet de rénovation. Le dispositif géré par l’Anah a connu un net ralentissement cet été, avec des effets différents selon les types d’aides et les travaux concernés.
Pourquoi l’activité a-t-elle chuté au début de 2026 ?
Plusieurs événements expliquent la baisse des demandes observée par l’Anah. D’abord, l’absence d’un budget voté en début d’année a provoqué une suspension du guichet en janvier et février. À la réouverture, l’administration a dû absorber un afflux de dossiers retardés, ce qui a allongé les délais d’instruction. Une panne technique fin mars et début avril a encore paralysé la plateforme quelques jours.
Par ailleurs, des règles d’éligibilité ont changé au 1er janvier 2026. L’isolation thermique des murs, intérieure et extérieure, ainsi que les chaudières biomasse (bûches ou granulés) ont été sorties du périmètre des aides, entraînant mécaniquement la disparition d’un volume de demandes lié à ces travaux.
Quelles sont les causes principales du recul des dossiers ?
- Suspension temporaire du guichet pour raisons budgétaires.
- Retards accumulés et allongement des délais d’instruction qui atteignent en moyenne six mois dans une grande partie du pays.
- Incident technique sur la plateforme début avril.
- Exclusions réglementaires de certains travaux comme l’isolation des murs et les chaudières biomasse depuis le 1er janvier 2026.
Quels travaux restent les plus demandés ?
Malgré la baisse globale, les changements de systèmes de chauffage restent majoritaires parmi les petits gestes. Les pompes à chaleur air-eau se distinguent nettement avec environ 36 000 demandes au premier semestre, soit une hausse d’environ 20 % par rapport à la même période en 2025. Les poêles à granulés et le chauffage solaire combiné arrivent derrière selon les catégories de revenus, tandis que le chauffe-eau thermodynamique figure aussi parmi les choix fréquents.

Globalement, les travaux liés au chauffage représentent la très grande majorité des rénovations « par geste ». Cela traduit une priorité nette des ménages pour la modernisation des systèmes énergétiques plutôt que pour certains travaux d’isolation exclus ou moins soutenus financièrement.
Que se passe-t-il pour les rénovations d’ampleur ?
Les dossiers pour rénovations globales ont connu une baisse encore plus marquée. L’Anah recense environ 20 265 dossiers sur ce semestre contre 95 036 sur la même période en 2025, soit une chute importante liée à la réduction du montant des aides et à un renforcement des critères d’éligibilité. Malgré cela, 41 409 logements ont tout de même bénéficié d’une rénovation d’ampleur, représentant plus de 37 % des projets aidés sur la période.
Parmi les travaux d’envergure, le remplacement des fenêtres par du double ou triple vitrage arrive en tête quelle que soit la catégorie de ressources. Les pompes à chaleur restent aussi présentes dans les projets d’ampleur pour les ménages modestes et très modestes, tandis que la ventilation hygroréglable est plus fréquente chez les ménages aux ressources intermédiaires ou supérieures.
Qui sont les ménages aidés aujourd’hui ?
Les bénéficiaires restent majoritairement les ménages aux ressources les plus faibles. Les foyers à revenus très modestes représentent la part la plus importante des dossiers, avec environ 41 % des projets pour les gestes et 66 % pour les rénovations d’ampleur. Les ménages aux ressources intermédiaires constituent une part significative des rénovations par geste (environ 35 %).

L’annonce de la suppression de plusieurs « monogestes » à partir de septembre pourrait encore modifier la dynamique des demandes dans la seconde moitié de l’année, en orientant potentiellement plus de projets vers les rénovations d’ensemble.
Comment anticiper si vous lancez un projet de rénovation ?
Si vous envisagez des travaux, tenez compte des délais d’instruction prolongés et de l’évolution des règles d’éligibilité. Vérifiez avant toute chose que le type de travaux reste pris en charge par MaPrimeRénov’ après les exclusions du 1er janvier 2026. Faites valider les devis par des professionnels qualifiés et préparez vos dossiers complètement pour limiter les échanges supplémentaires avec l’administration.
Conseils pratiques pour éviter les erreurs courantes
Un certain nombre de difficultés rapportées par les porteurs de projet peuvent être évitées. Veillez à transmettre les bons justificatifs d’identités et de ressources, confirmez l’éligibilité des travaux avant le démarrage des opérations, et coordonnez les interventions des artisans pour ne pas multiplier des dossiers distincts inutilement. Enfin, gardez une trace des échanges avec l’Anah et la plateforme en ligne au cas où un dossier nécessiterait un complément d’information.
FAQ
MaPrimeRénov’ a-t-elle été rouverte après la suspension de début 2026 ?
Oui, le guichet a rouvert après la suspension de janvier et février, mais la réouverture a entraîné un afflux de dossiers en attente et des délais d’instruction rallongés. L’Anah a aussi dû gérer une courte interruption technique fin mars et début avril.
Les pompes à chaleur sont-elles toujours éligibles à MaPrimeRénov’ ?
Oui, les pompes à chaleur air-eau figurent parmi les installations les plus demandées et ont enregistré une hausse du nombre de demandes au premier semestre 2026 par rapport à 2025.
L’isolation des murs est-elle encore prise en charge depuis janvier 2026 ?
Non, l’isolation thermique des murs, intérieure et extérieure, a été exclue du dispositif depuis le 1er janvier 2026, ce qui a fortement réduit les demandes pour ce type de travaux.
Combien de temps faut-il prévoir pour l’instruction d’un dossier aujourd’hui ?
Les délais varient selon les départements et la nature des projets, mais l’Anah indique des délais d’instruction qui s’élèvent en moyenne à environ six mois pour une large partie du pays.






