Le diagnostic de performance énergétique (DPE) revient au centre des débats après l’annonce d’une révision du mode de calcul pour les logements chauffés à l’électricité. Ce changement technique, centré sur le coefficient servant à convertir la consommation finale en consommation d’énergie primaire, pourrait faire évoluer l’étiquette énergétique de nombreux logements sans qu’aucun chantier d’isolation ne soit réalisé.
Pourquoi le gouvernement veut modifier le calcul du DPE
La réforme annoncée vise à mieux prendre en compte la faible empreinte carbone de l’électricité produite en France. Concrètement, il s’agit d’ajuster le paramètre qui transforme les kilowattheures consommés en équivalent « énergie primaire », indicateur central du DPE. Selon le pouvoir public, cette mise à jour doit rendre l’étiquette énergétique plus en phase avec le mix électrique national.
Cette approche part d’un argument simple : si l’électricité utilisée émet peu de CO2, le classement énergétique devrait en tenir compte. Mais il s’agit d’un ajustement méthodologique et non d’une amélioration physique du bâti.
Que change concrètement pour les logements chauffés à l’électricité ?
Pour un propriétaire ou un locataire, l’effet direct sera visible sur l’étiquette affichée dans le DPE. Plusieurs centaines de milliers de logements pourraient voir leur note s’améliorer automatiquement. Certains biens classés F ou G aujourd’hui pourraient ainsi basculer vers E sans travaux.

Il faut garder à l’esprit que le DPE évalue une consommation théorique selon des règles normées : modifier la conversion vers l’énergie primaire change le résultat du calcul, mais pas forcément la quantité d’énergie consommée ni le confort thermique.
Les limites d’une amélioration administrative
Nombre d’acteurs du secteur pointent une différence majeure entre une meilleure étiquette et une réelle baisse des consommations. Une étiquette revue à la hausse n’élimine pas les ponts thermiques, une isolation vétuste ou un chauffage inefficace. Pour les ménages en situation de précarité énergétique, la facture et le ressenti en hiver peuvent donc demeurer inchangés.
Un autre risque est l’effet d’illusion : en donnant l’impression que le parc se « décarbone » sans travaux, la mesure peut réduire l’urgence ressentie par certains propriétaires à investir dans la rénovation performante.
Impact sur le marché immobilier et la location
Les étiquettes énergétiques jouent désormais un rôle concret dans l’accès au marché locatif : depuis janvier 2025, certains logements classés G sont interdits à la location. Si la réforme fait remonter la note de plusieurs biens, des propriétaires pourraient temporairement échapper à ces restrictions.
Du côté des acheteurs et des locataires, une étiquette plus favorable peut influencer la valeur perçue d’un bien. En revanche, les investisseurs attentifs regarderont aussi les consommations réelles sur les factures et l’état de l’enveloppe du bâtiment, car la durabilité des économies d’énergie dépend de travaux et d’améliorations effectives.
Que faire si votre logement voit sa note remonter sans travaux ?
Une meilleure étiquette ne dispense pas d’être vigilant. Avant d’acheter ou de louer, vérifiez les consommations réelles et posez des questions ciblées au vendeur ou au bailleur. Voici quelques étapes pratiques à suivre pour ne pas vous laisser uniquement guider par l’étiquette :

- Consulter les factures d’énergie des 12 à 24 derniers mois pour comparer la consommation réelle.
- Demander un état des lieux de l’isolation (murs, combles) et de l’installation de chauffage.
- Envisager un audit énergétique approfondi si vous comptez investir ou entreprendre des travaux.
- Privilégier des rénovations qui améliorent réellement la performance et le confort, plutôt que de compter uniquement sur une note DPE améliorée.
Conseils pour propriétaires et occupants
Si vous êtes propriétaire, gardez à l’esprit que la réglementation évolue et que l’objectif affiché reste la réduction durable des consommations. Pour les occupants, les petits gestes d’amélioration peuvent compléter des travaux : réglages du chauffage, ventilation adaptée, suivi des consommations. Pour des rénovations plus ambitieuses, priorisez l’isolation et la maîtrise des ponts thermiques.
Enfin, lorsque vous comparez des logements, mettez en balance l’étiquette DPE et des éléments concrets : factures récentes, année d’isolation ou certificat de travaux, présence d’un audit. C’est la conjonction de ces informations qui donne une image fidèle de la performance énergétique réelle.
FAQ
Une meilleure note DPE signifie-t-elle automatiquement des factures moins élevées ?
Pas nécessairement. Le DPE révisé reflète surtout un changement de méthode de calcul. Les consommations réelles figurant sur les factures restent l’indicateur le plus fiable pour estimer vos dépenses énergétiques.
Est-ce que les logements classés G peuvent redevenir louables grâce à cette réforme ?
La révision peut faire remonter la note de certains logements et, dans ces cas, permettre d’éviter temporairement les interdictions de location. Toutefois, les règles légales évoluent et la protection durable contre la précarité énergétique passe par des travaux de rénovation.
Que vérifier avant d’acheter un bien si le DPE a été amélioré sans travaux ?
Demandez les factures d’énergie, un diagnostic des isolations et, si possible, un audit énergétique. Ces éléments complètent l’étiquette et vous aident à évaluer le potentiel de rénovation et le coût réel d’usage du logement.







