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Habib Tengour

Poésie / Roman / Récits
photo Habib Tengour

Habib Tengour, poète et anthropologue, né en 1947 à Mostaganem, vit et travaille entre Constantine et Paris.
En 1959, Habib Tengour arrive en France. Il poursuit ses études à Paris et, après avoir obtenu une maîtrise de sociologie, rentre en Algérie effectuer son "service national", militaire puis civil, enseignant à l'université de Constantine. Il partage depuis son temps entre l'Algérie et la France, ses activités universitaires et le travail littéraire.

"L'Algérie d'aujourd'hui le fait souffrir. Au-delà de la tragédie quotidienne d'une guerre contre les civils, Habib Tengour fait remarquer que la mémoire lui fait défaut. La patrie a été saccagée et les potentialités créatrices ont été étouffées. « Qu'avons-nous fait, nous, Algériens, à Dieu pour être traités de la sorte ? », se demande-t-il. Il parle des librairies vides, des senteurs de cèdre et de thuya, des filles solitaires, des barbus qui se rasent l'aine et de la mer présentée aux enfants comme un «labyrinthe carnivore». Comment besogner librement dans ce pays ? Pourquoi le monde arabe n'a pas un seul savant de portée universelle ? (...) La nostalgie fait mal ; elle consume sournoisement les gens de Mosta. Le présent est laid. Le passé est douloureux. Quant à l'avenir, Habib Tengour laisse le lecteur deviner ce qu'il réserve à ces générations d'Algériens pris en otages par une violence aux racines profondes et lointaines. Une phrase résume tout cela : «Ici, tout est réel mais rien n'est rationnel.» " Tahar Ben Jelloun, 1997.
Habib Tengour "se découvre dans une écriture oscillant entre la dérive imaginative du jeu surréaliste et le souffle lyrico-épique de la tradition poétique arabe et s'affirme dès le début des années 80 comme un auteur important de la nouvelle génération d'écrivains maghrébins de langue française. Il s'exprime de façon privilégiée dans la poésie et ses récits, inclassables si l'on s'en tient aux catégories génériques traditionnelles, sont éminemment poétiques. Ils sont du reste, implicitement ou explicitement donnés par l'auteur lui-même comme quête, par-delà la narration à plusieurs strates qu'ils véhiculent, de la poésie décrétée but ultime. Avec la nouvelle génération, dont Tengour est un exemple représentatif, la littérature algérienne de langue française montre qu'elle a assimilé et dépassé un héritage (double) et, si elle lui a payé son tribut ce n'est que pour mieux en prendre congé". (Présentation de Habib Tengour sur le site "dzlit.")
"Il y a deux sortes d'écrivains. Ceux du sillon et ceux de la trace. Ou faudrait-il plutôt évoquer dès à présent le sillage ? Chaque chose en son temps. Il y a donc deux races de scripteurs. Autant dire deux planètes de signes et de rêves. Si nous retournions au désert des origines (chose éminemment souhaitable dans notre cas), on parlerait volontiers des "gens du bivouac". Certes, il faut raison garder. Nous sommes tous un jour à passer d'un côté ou de l'autre de la piste. Pour peu qu'un vent de sable se lève que l'on attendait plus. Pour peu que la nuit nous appelle hors des murs.
Il arrive évidemment que dans l'espace d'une vie, un homme ou une femme quitte son sillon, abandonne les merveilles du "Paradis" (le jenna des oasiens) pour les splendeurs de l'errance. Tout bien considéré, c'est bien du même homme, c'est bien de la même femme qu'il s'agit. Mais en règle générale - et nous savons ce qu'il faut penser des règles au désert - la différence est fondée, palpable à travers une certaine couleur du style, une certaine coulée des mots, dans la lumière particulière de l'entre-jour ou, au contraire, dans la pénétrante réverbération des grands espaces métaphysiques.
Habib Tengour est sans nul doute un homme de la trace. Même si le sillon fertile du terroir natal l'attire irrésistiblement, même si lui viennent parfois des pulsions de laboureur ou de sourcier, il n'en parcourt pas moins l'espace comme un vrai nomade. Ce mode de vie - qui est aussi un mode d'être et d'écriture - n'est certes pas de tout repos. Il le reconnaît d'ailleurs lui-même et parle à ce propos de "tension". On pourrait aisément mettre ce terme au pluriel : tensions entre l'ici et l'ailleurs, le passé et le présent, les Ancêtres et leurs héritiers, le politique et le poétique, le rêve et la réalité."
(Extrait de Mourad Yelles, "Ulysse au pays des Tatares", préface à Habib Tengour, L'arc et la lyre, Casbah Editions, Alger, 2006)

http://www.limag.refer.org/Volumes/Tengour
Bibliographie

Prose
– Tapapakitaques - La poésie-île. Chronique 196 567 897 012. Paris: Oswald 1976.
– Le Vieux de la Montagne. Relation, 1977/1981. Paris: Sindbad 1983. (2008 : Le Vieux de la Montagne, suivi de Nuit avec Hassan, Paris, La Différence)
– Sultan Galièv ou La Rupture des Stocks. Cahiers, 1972/1977. Paris: Sindbad 1985 (Oran 11981).
– L'Epreuve de l'Arc. Séances. 1982/1989. Paris: Sindbad 1990.
– Gens de Mosta. Moments, 1990/1994. Arles: Actes Sud/Sindbad 1997. (Prix Afrique Méditerranéenne/ Maghreb, ADELF 1997)
– Le Poisson de Moïse. Fiction 1994/2001. Paris: Paris-Méditerranée/Alger: EDIF 2000 2001.
– Le Maître de l’Heure, Paris : Editions de la Différence avril 2008.

Poésie
– La Nacre à l'Ame, Sigean : L’Orycte 1981.
– L'Arc et la cicatrice, Alger : ENAL 1983.
(2006 : L’Arc et la cicatrice, précédé de Cahier d’Etude 1, Paris : La Différence)
– Schistes de Tahmad II, Paris : L‘Orycte 1983.
- Ce Tatar-là 2, Launay Rollet : Dana 1999.
- Traverser, La Rochelle : Rumeur des Ages 2002.
- Epreuve 2, Launay Rollet : Dana 2002.
- Etats de chose suivi de Fatras, La Rochelle : Rumeur des Ages 2003
– Gravité de l’Ange, Paris : Editions de la Différence 2004
– Retraite, Manosque : Le Bec en l‘Air 2004 (mit Fotos von Olivier de Sépibus)
– Césure, Baye : Wigwam 2005
– La Sandale d'Empédocle (édition bilingue français-italien), Gênes, San Marco dei Giustiniani, 2006.
– Seelenperlmutt (La nacre à l'âme, anthologie bilingue français-allemand, réalisée par Regina Keil), Verlag Hans Schiler, Berlin 2009.

Edition
– Œuvres poétiques complètes de Mohammed Dib (Textes établis, présentés et annotés), Editions de la Différence, 2006.

voir aussi les bibliographies dans :
- Mourad Yelles (éd.), Habib Tengour ou l’ancre et la vague. Traverses et détours du texte maghrébin, Paris: Karthala 2003, 333-352
www.limag.refer.org/Volumes/Tengour

Extraits

Nostalgie à sombrer en fragments réversibles
sous la caresse du bleu et l'écume aux lèvres

VOIR

DÉBALLER

fétiches à la pleine mer
large ...
ÉVITER
vomis verroterie sur le pont
et sommeil

ZIGZAGUER
dans les rengaines de troufions en quille

***

la cale

— turbulence —

enfumée et moite

aigre

l'œil

s'enfonce

s'accroche en vain

se dégrafe
déjà se vide

***

Là,
mémoire d'un plissement d'yeux
le lapin blanc s'agenouille logique
mon grand-père interprète la sauvage errance
première traversée
et veille mes alarmes

Extrait de L'Ancêtre cinéphile, édition La Différence, février 2010

Lieu de vie

Île-de-France, 94 - Val-de-Marne

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire