Le gouvernement a choisi 109 « territoires d’électrification » pour accélérer la transition vers des usages électriques et réduire la dépendance aux énergies fossiles. Ce dispositif vise à accompagner concrètement des projets locaux de mobilité, de chauffage et d’industrialisation électrique, avec un soutien coordonné jusqu’en 2030 ; au total, 6 383 communes et 13,9 millions d’habitants sont concernés, soit près d’un Français sur quatre.
Pourquoi ces 109 territoires ont‑ils été retenus ?
La sélection ne cherche pas l’uniformité mais la représentation : préfets et secrétariat général pour la planification écologique ont choisi des candidatures qui reflètent des situations très diverses, y compris outre‑mer. Sur 196 dossiers, 109 ont été retenus pour leur ambition locale et leur capacité à montrer des chemins reproductibles ailleurs. La plupart sont ruraux : environ 87 % correspondent à des communes ou à des habitats ruraux dispersés, ce qui souligne l’attention portée aux zones souvent moins bien dotées en infrastructures électriques et de recharge.

Ce que l’accompagnement apporte vraiment aux collectivités
L’objectif est d’offrir plus qu’un simple label : chaque territoire doit construire une feuille de route pluriannuelle en collaboration avec le préfet, l’ADEME et les partenaires, puis déployer des projets opérationnels. Cet accompagnement combine expertise technique, coordination administrative et accès facilité aux mécanismes de financement publics et sectoriels.
Axes prioritaires pour les projets locaux
Les priorités communes comprennent le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques, la sortie du fioul et du gaz dans les bâtiments publics et logements, la planification du décommissionnement de tronçons de réseau gaz où l’entretien est disproportionné, et le soutien à l’électrification des artisans et petites industries. Les métropoles engagées dans le programme se sont notamment engagées à retirer certaines branches du réseau de gaz.

Limitations et défis techniques
Sur le terrain, l’accompagnement ne supprime pas les obstacles : adaptation du réseau électrique, disponibilité des professionnels qualifiés, complexité des financements, et contraintes d’urbanisme restent des réalités. L’ADEME désigne un référent local pour piloter et aligner acteurs (collectivités, opérateurs énergétiques, associations) afin de maximiser l’efficacité des interventions.
Erreurs fréquentes à éviter lors d’un projet d’électrification
- Sous‑estimer les besoins de renforcement du réseau électrique et ne pas anticiper les délais de raccordement.
- Penser uniquement aux infrastructures sans planifier la gestion de la demande et l’efficacité énergétique.
- Multiplier des petits projets isolés sans coordination territoriale, ce qui réduit la rentabilité et la portée.
- Négliger l’acceptation sociale : la communication auprès des habitants et des entreprises est clé pour réussir les conversions de chauffage ou l’installation de bornes.
Comment préparer une feuille de route locale réaliste
Une feuille de route utile s’appuie d’abord sur un diagnostic précis : consommation actuelle (fioul, gaz, carburant), points stratégiques pour la mobilité, capacité du réseau et bâtiments prioritaires. Ensuite, il faut hiérarchiser les actions selon l’impact et la faisabilité, fixer des jalons annuels et prévoir les moyens humains. Intégrer les dispositifs existants, comme les Certificats d’économies d’énergie et le programme Advenir pour la recharge, facilite le montage financier.
Sur le plan opérationnel, privilégiez des projets pilotes reproductibles (parking de covoiturage équipé de bornes, rénovation d’un groupe scolaire avec pompe à chaleur) qui démontrent des gains concrets et mobilisent des cofinancements.
Quels bénéfices et quelles conséquences pour les habitants et les entreprises ?
Pour les usagers, l’électrification peut réduire la dépendance au fioul et au gaz et favoriser l’accès aux véhicules électriques. Pour les artisans et industries, elle ouvre des opportunités de modernisation et de nouveaux marchés. Mais la transition implique aussi des bouleversements : maîtriser les coûts d’exploitation électrique, prévoir des travaux (isolation, renouvellement d’équipements), et accompagner les publics vulnérables pour éviter une fracture énergétique.
FAQ
Un territoire sélectionné reçoit‑il automatiquement un financement ?
Non. La sélection donne un accès privilégié à un accompagnement et facilite l’accès aux dispositifs existants (par exemple les Certificats d’économies d’énergie et le programme Advenir), mais chaque projet doit encore être eligible et monté pour obtenir des financements.
Qui coordonne l’action sur place et avec qui faut‑il travailler ?
L’accompagnement est coordonné localement par un référent de l’ADEME sous le pilotage du préfet. Il est essentiel de travailler avec les gestionnaires de réseau, les services techniques de la collectivité, les bailleurs, les représentants d’entreprises locales et les acteurs sociaux pour assurer la réussite des projets.
Les premiers projets démarrent‑ils rapidement ?
Les territoires doivent d’abord formaliser leur feuille de route avec des jalons annuels. Les premiers chantiers opérationnels sont prévus pour démarrer à la fin de l’année 2026, avec un accompagnement qui s’étend jusqu’en 2030.
La suppression du gaz du réseau public est‑elle immédiate pour les communes concernées ?
Non. Le plan mentionne un décommissionnement progressif, ciblé prioritairement sur des branches de réseau peu consommées et coûteuses à entretenir. Chaque retrait passe par des études, une concertation et une planification technique pour limiter les ruptures d’approvisionnement.







