Le marcottage est une méthode simple et économique pour multiplier des plantes en conservant exactement les caractéristiques de la plante-mère. Pratique de jardinage souvent sous-estimée, elle permet d’obtenir des sujets robustes sans recourir à des semis ni à des greffes compliquées.
Pourquoi privilégier le marcottage plutôt que la bouture ?
Contrairement à la bouture, la marcotte reste reliée à la plante-mère durant la phase d’enracinement. Cette continuité d’alimentation réduit le stress hydrique et nutritionnel du jeune plant: on obtient ainsi souvent des sujets plus vigoureux et un taux de réussite plus élevé, surtout pour les espèces difficiles à bouturer. Le marcottage est également utile quand les rameaux sont trop ligneux pour former des racines facilement ou quand vous voulez multiplier un arbuste en grand nombre sans affaiblir le pied d’origine.
Quelles techniques de marcottage existe-t-il et quand les utiliser ?
Marcottage par couchage
On utilise cette méthode pour les tiges souples que l’on peut plier jusqu’au sol. Déployez un rameau vigoureux, ôtez les feuilles sur la partie qui sera enterrée, puis placez-la dans un sillon de quelques centimètres. Maintenez la branche au sol avec un crochet ou un poids, recouvrez de terre mélangée à de l’humus, et laissez la pointe dégagée pour tirer la sève. Veillez à ce que la terre reste constamment humide. Une incision légère sous un œil et l’application d’hormone d’enracinement peuvent accélérer la formation des racines. Selon les espèces, l’enracinement peut prendre de quelques mois à deux ans.

Marcottage en serpenteau
Variante du couchage pour les lianes à très longues tiges: on crée des ondulations alternant parties enterrées et aériennes. Chaque portion enfouie peut donner naissance à un nouveau plant, ce qui est pratique pour multiplier rapidement une grimpante sans multiplier les manipulations.
Marcottage par buttage ou en cépée
Idéal pour les arbustes aux branches raides ou cassantes: on rabat la touffe à faible hauteur, puis on monte de la terre autour des rameaux pour enterrer partiellement la base. Renouvelez le buttage au fil de la saison pour suivre la croissance. Cette méthode permet d’obtenir de nombreux plants à partir d’un seul pied, utile pour créer des haies ou massifs.
Marcottage aérien
Technique employée quand on ne peut pas atteindre le sol ou sur des branches très lignifiées: on pratique une incision annulaire ou deux entailles sur un segment de branche, on y met de l’hormone si souhaité, puis on entoure la zone d’un manchon rempli d’un substrat humide (sphaigne ou terreau de bouturage) et opaque. Le manchon est fermé aux deux extrémités; quand des racines apparaissent à l’intérieur, on coupe la branche et rempote la marcotte. C’est une méthode propre et visible, souvent utilisée sur les arbres fruitiers et certains plants d’intérieur.

Erreurs courantes en marcottage et comment les éviter
- Oublier d’arroser régulièrement: la terre autour de la partie enterrée doit rester humide tout au long de l’enracinement.
- Choisir un rameau trop faible ou déjà florifère: préférez un bois vigoureux non en fleur pour un meilleur apport de sève.
- Enterrer trop profondément ou trop peu: un sillon de 5 à 10 cm suffit généralement; un enfouissement inadapté retarde l’enracinement.
- Ne pas stabiliser la tige exposée: un tuteur évite les cassures et les échauffements mécaniques qui nuisent à la reprise.
- Séparer la marcotte trop tôt: vérifiez toujours la présence d’un chevelu racinaire avant le sevrage en soulevant délicatement la terre.
Quelles plantes se prêtent le mieux au marcottage ?
Le marcottage est très adapté aux grimpantes et sarmenteuses, car beaucoup d’entre elles s’enracinent naturellement dès qu’un rameau touche le sol. On pense aux bignones, clématites, glycines, lierres ou jasmins. De nombreux arbustes (hortensias, forsythias, lauriers-roses, rosiers) et certains conifères (thuya, genévrier) répondent bien à la technique. Chez les fruitiers, le figuier, le noisetier ou certains petits fruits se marcottent facilement. Enfin, pour les plantes d’intérieur à tiges ligneuses, le marcottage aérien est souvent très efficace.
Toutefois, toutes les espèces ne réagissent pas de la même façon: certaines forment des racines rapidement, d’autres demandent plus d’un an. Quand une espèce bouture mal, le marcottage reste souvent la meilleure option.
Quand séparer la marcotte et comment la replanter ?
Le moment du sevrage se juge à l’aspect du système racinaire: attendez un réseau racinaire dense et bien visible avant de détacher la marcotte. Selon la technique et l’espèce, cela peut intervenir entre quelques mois et jusqu’à deux ans. Les périodes favorables pour séparer et replanter sont le début du printemps ou l’automne, quand l’activité racinaire reprend ou reste soutenue. À la transplantation, évitez les sols compacts et préférez un substrat fertile et meuble. Si vous rempotez, utilisez un pot adapté et maintenez une humidité régulière durant les premières semaines pour éviter le choc hydrique.
FAQ
Peut-on marcotter n’importe quelle plante ?
Non, certaines plantes ne se prêtent pas bien au marcottage. La méthode est particulièrement adaptée aux grimpantes, arbustes vigoureux et plantes à tiges suffisamment épaisses pour supporter un manchon ou un enfouissement. Pour des espèces très tendres ou à système racinaire particulier, d’autres méthodes de multiplication peuvent être préférables.
Combien de temps faut-il pour qu’une marcotte s’enracine ?
La durée varie beaucoup: certaines marcottes forment des racines en 4 à 6 mois, d’autres demandent 12 à 24 mois, selon la dureté du bois, la technique employée et les conditions climatiques. Vérifiez toujours l’état des racines avant de séparer.
Le marcottage aérien convient-il aux agrumes ?
Oui, les agrumes figurent parmi les espèces qui répondent bien au marcottage aérien, car cette technique offre des conditions d’humidité stables pour l’enracinement sur des branches souvent ligneuses.







