Le coefficient utilisé pour convertir l’électricité en énergie primaire dans le DPE change à nouveau et ce simple chiffre peut modifier l’étiquette énergétique d’un logement sans qu’aucun mur ne soit isolé ni qu’un radiateur ne soit remplacé. Voici ce qu’il faut savoir pour interpréter correctement cette évolution et agir si nécessaire.
Que signifie concrètement la baisse du coefficient pour l’électricité
Le diagnostic de performance énergétique transforme la consommation réelle d’un logement en une valeur exprimée en énergie primaire afin de comparer différents types d’énergie. Jusqu’à présent 1 kWh d’électricité était multiplié par un coefficient de 1,9. Un arrêté du 19 août 2026 publié au Journal officiel le 26 août fixe ce coefficient à 1,7 à compter du 1er janvier 2027. Autrement dit, pour le calcul du DPE 1 kWh d’électricité comptera désormais pour 1,7 kWh d’énergie primaire au lieu de 1,9.

Ce changement s’inscrit dans la logique des dernières révisions : le coefficient était à 2,3 avant le 1er janvier 2026. Les pouvoirs publics expliquent qu’il s’agit de mieux prendre en compte le faible contenu carbone du mix électrique national.
Qui gagne et qui perd avec ce nouvel ajustement ?
La révision bénéficie surtout aux logements chauffés majoritairement à l’électricité. Selon une étude d’impact citée par Zepros, la nouvelle méthode ferait diminuer d’environ 10 % le nombre de résidences principales classées F ou G. Concrètement, près de 300 000 logements pourraient changer de catégorie — environ 200 000 sortiraient de la classe F et 100 000 de la classe G. Dans le parc locatif privé, l’effet est estimé à près de 125 000 logements, soit une baisse d’environ 14 % des passoires thermiques.
Ces gains sont avant tout comptables : ils améliorent l’étiquette sans modifier le bâti. Les logements restent physiquement identiques, leurs consommations réelles inchangées.
Un meilleur DPE veut-il dire des factures d’énergie plus basses ?
Non nécessairement. Le DPE retravaille une conversion et réétiquette la performance énergétique ; il n’agit pas sur l’isolation, les ponts thermiques ou l’efficacité des installations. Pour un logement qui passe de G à F uniquement en raison du nouveau coefficient, la consommation d’hiver et la facture peuvent rester identiques. C’est la raison pour laquelle certains professionnels de la rénovation redoutent que l’évolution du DPE amoindrisse l’incitation aux travaux.
Que pouvez-vous faire si vous êtes concerné(e) ?
Plutôt que de vous fier uniquement à la nouvelle étiquette, voici quelques démarches pragmatiques et utiles :

- Vérifier la date et la validité de votre DPE actuel et comparer l’étiquette avant et après application du nouveau coefficient.
- Demander l’attestation prévue par l’arrêté si votre DPE est encore valide, afin d’obtenir la nouvelle étiquette sans refaire le diagnostic.
- Ne pas repousser des travaux d’isolation ou de remplacement d’équipements si votre objectif est de réduire la consommation réelle et les factures.
- Consulter un diagnostiqueur ou un conseiller en rénovation pour prioriser les actions qui améliorent réellement le confort et la performance énergétique.
Comment les anciens DPE seront-ils actualisés ?
Les diagnostics encore valides réalisés avant le 1er janvier 2027 pourront bénéficier d’une mise à jour administrative : l’arrêté prévoit la délivrance d’une attestation intégrant uniquement le nouveau coefficient pour l’électricité, sans exiger un rediagnostic sur place. Cette procédure vise à homogénéiser les étiquettes mais elle ne remplace pas une expertise technique si vous prévoyez des travaux.
Les limites et les risques à garder en tête
Améliorer l’étiquette sans améliorer le bâti peut créer des effets d’aubaine mais aussi des incompréhensions. Les acquéreurs ou locataires attirés par une meilleure classe peuvent s’attendre à une baisse de consommation qui n’a pas lieu d’être. De plus, pour les politiques publiques, une réduction mécanique du nombre de « passoires thermiques » complique l’évaluation réelle des besoins en rénovation du parc immobilier.
Enfin, si l’objectif affiché est d’encourager l’électrification des usages, la mesure n’élimine pas la nécessité d’investir dans l’isolation et la performance des systèmes pour atteindre des réductions réelles d’énergie et d’émissions.
FAQ
Un nouveau DPE signifie-t-il automatiquement que mon logement n’est plus une passoire thermique ?
Pas automatiquement. Le changement d’étiquette peut résulter uniquement d’une modification du calcul. Un logement qui améliore sa note sans travaux reste, sur le plan structurel, inchangé.
Puis-je obtenir la nouvelle étiquette sans refaire le diagnostic avant 2027 ?
Oui. L’arrêté prévoit qu’un DPE encore valide à la date d’application pourra recevoir une attestation qui tient compte du nouveau coefficient, sans qu’il soit nécessaire de réaliser un nouveau diagnostic sur site.
Cette modification réduit-elle l’intérêt de faire des travaux de rénovation énergétique ?
Non. Les travaux restent la seule manière d’améliorer durablement la consommation réelle, le confort et la valeur du bien. L’étiquette peut changer plus rapidement que le bâti ; pour des gains réels il faut isoler, moderniser les systèmes de chauffage ou réduire les pertes thermiques.







