La féminisation du BTP progresse, mais elle reste lente et très inégale selon les métiers : certaines fonctions support sont déjà largement occupées par des femmes tandis que les postes de production sur les chantiers restent quasi exclusivement masculins.
Un aperçu chiffré de la trajectoire récente
En 2024, les femmes représentaient environ 13 % des salariés du secteur du bâtiment et des travaux publics. Cette part a gagné près de 4 points depuis le début des années 2010, avec une progression plus modeste — d’environ un point — sur les cinq dernières années. Ces chiffres proviennent de l’étude de l’Observatoire des métiers du BTP, construite à partir des données de l’UCF‑CIBTP et de la DARES.

La répartition par branche montre de faibles différences : on compte environ 13,3 % de femmes dans le bâtiment contre 12,2 % dans les travaux publics en 2024.
Des métiers très segmentés par genre
La progression globale masque des contrastes nets selon les familles de métiers. Les fonctions administratives sont majoritairement féminines, avec près de 64 % de femmes dans le bâtiment et 63 % dans les travaux publics. Les activités commerciales présentent elles aussi une proportion féminine supérieure à la moyenne (autour de 15 % dans le bâtiment et 19 % dans les travaux publics).
À l’opposé, les métiers de production sur les chantiers restent largement masculins : la part des femmes y est très faible (environ 2 % dans la plupart des fonctions opérationnelles), sauf exceptions comme le métier de peintre (qui atteint près de 6 % de femmes).
On observe aussi des différences selon les niveaux de qualification : parmi les ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise) la présence féminine est notable — environ 45 % dans le bâtiment et 25 % dans les travaux publics — ce qui contraste avec la faible représentation dans les métiers de production.
Quelles branches et quels postes progressent le plus ?
La féminisation est particulièrement visible dans les fonctions d’études, d’ingénierie et d’encadrement où la part des femmes a gagné du terrain ces dernières années. Entre 2020 et 2024, l’étude signale une progression de l’ordre de 2 points dans ces métiers.
Sur la période 2016–2024, certains rôles montrent des évolutions plus marquées : la proportion de dessinatrices a augmenté de manière sensible (notamment dans les travaux publics), et les conductrices de travaux ont elles aussi vu leur présence croître. Ces tendances illustrent que l’accès à des postes techniques et de responsabilité s’améliore, même si ces fonctions ne regroupent pas encore la majorité des emplois féminins du secteur.
Pourquoi la fidélisation des salariées reste un défi ?
L’attractivité du secteur pour les femmes se traduit par des parts élevées parmi les entrants : en 2024, les femmes représentaient environ 22 % des salariés qui intégraient le bâtiment et 16 % dans les travaux publics. Toutefois, conserver ces parcours s’avère compliqué.
Les données indiquent des départs plus fréquents chez les femmes : entre janvier 2022 et janvier 2023, 25 % des salariées du BTP ont changé de métier contre 21 % des hommes selon la DARES. L’étude conclut que les enjeux portent autant sur l’accès que sur le maintien dans l’emploi et invite à réfléchir aux leviers de pérennisation des parcours professionnels féminins.
Quelles pratiques peuvent aider à mieux attirer et retenir les femmes ?
Plusieurs axes d’action, déjà évoqués dans le débat public et par des acteurs du secteur, peuvent contribuer à améliorer l’attractivité et la fidélisation sans promettre de solution miracle. Voici quelques pistes concrètes que les entreprises peuvent explorer :

- Adapter les conditions matérielles : équipements de protection individuelle et outils pensés pour toutes les morphologies.
- Développer des parcours de formation et de mobilité interne pour favoriser l’accès aux postes techniques et d’encadrement.
- Renforcer le management inclusif et le tutorat pour faciliter l’intégration sur chantiers et en bureaux d’études.
- Améliorer l’organisation du travail (horaires, plannings) pour mieux concilier contraintes personnelles et exigences du terrain.
Ces mesures doivent être mises en oeuvre de façon cohérente et évaluées localement : ce qui marche dans une entreprise ou un département peut nécessiter des ajustements ailleurs.
FAQ
Quel pourcentage de femmes travaille dans le BTP en 2024 ?
En 2024, les femmes représentent environ 13 % des salariés du BTP, avec une légère variation entre le bâtiment (≈13,3 %) et les travaux publics (≈12,2 %).
Les femmes occupent-elles surtout des postes administratifs ?
Oui, la concentration féminine est forte dans les fonctions supports : les métiers administratifs sont majoritairement féminins (autour de 64 % dans le bâtiment et 63 % dans les travaux publics), tandis que les postes de production sur chantiers restent très masculins.
Y a‑t‑il des progrès dans les postes d’encadrement et d’ingénierie ?
On observe une dynamique positive : entre 2020 et 2024, la part des femmes dans les métiers d’études, d’ingénierie et d’encadrement a progressé d’environ 2 points, et certains métiers (dessinatrices, conductrices de travaux) ont connu des gains notables sur la période 2016–2024.
Pourquoi la rétention des salariées pose‑t‑elle problème ?
Malgré un taux d’entrée en hausse, les femmes quittent plus souvent leur emploi dans le secteur : de janvier 2022 à janvier 2023, 25 % des femmes salariées du BTP ont changé de métier contre 21 % des hommes. L’étude de l’Observatoire pointe la nécessité d’agir sur l’accès aux postes mais aussi sur le maintien dans l’emploi.







