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Quelles plantes mettre ou éviter dans le compost ?

Si vous vous posez la question des plantes au compost, toutes ne se valent pas : certaines accélèrent la décomposition et nourrissent le tas, d’autres gênent les vers ou la qualité du compost. Voici des repères pratiques pour trier, traiter et valoriser les déchets de taille sans risquer d’abîmer votre compost ou votre potager.

Pourquoi certaines plantes gênent-elles le compostage

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles une plante peut être indésirable dans le compost : elle peut contenir des substances qui repoussent ou tuent les décomposeurs, libérer des composés chimiques persistants (allélopathie), se décomposer très lentement et former une couche imperméable, ou encore produire des graines capables de germer dans le tas. Comprendre ces mécanismes vous aide à décider si vous jetez, épandez, broyez ou apportez en déchetterie.

Plantes à garder hors du tas et solutions de remplacement

Certaines espèces figurent mieux en dehors du composteur. Par exemple, l’armoise contient des principes actifs défavorables aux vers rouges ; préférez la répartir en surface, à l’arrière d’un massif, plutôt que de l’incorporer. Le laurier‑palme est problématique : en grosses pièces il se décompose très lentement et, s’il est réduit en fragments, il peut dégager des produits toxiques. Mieux vaut l’emmener en déchetterie.

Branches de laurier-palme épaisses posées sur un tas de déchets verts
Le laurier-palme se décompose lentement et peut libérer des toxines.

La tanaisie, qu’elle soit sauvage ou cultivée, renferme des molécules à action insecticide et vermicide : évitez de l’ajouter au tas. Les déchets coupés en hiver posent moins de problème, mais évitez les apports frais et massifs.

Le ciste est un cas particulier : ses feuilles sécrètent des composés allélopathiques qui restent dans le compost. Quelques poignées ne posent pas de souci, mais des volumes importants peuvent rendre le compost défavorable aux plantations pendant un temps ; la prudence consiste à éviter d’en composter beaucoup, ou à utiliser les tailles comme paillis désherbant ou à les porter en déchetterie. Si vous avez déjà intégré beaucoup de ciste, attention : ces composés peuvent persister et il est conseillé d’attendre avant d’utiliser ce compost pour des semis sensibles.

Plantes qui enrichissent et dynamisent le compost

Certaines espèces sont de véritables alliées. La consoude est riche en potasse et se décompose rapidement : elle booste l’activité microbienne et aide à décomposer les matières plus lentes. L’ortie, très azotée, agit comme un accélérateur mais veillez à couper et enlever les graines pour ne pas ensemencer le tas. La prêle, grâce à sa silice, apporte une structure intéressante sans modifier la chimie du compost une fois mûr ; un apport modéré une ou deux fois par an est suffisant.

Feuilles de consoude fraîches, riche en potasse pour accélérer le compostage
La consoude booste l’activité microbienne du compost.

Les fougères se décomposent vite et contribuent à maintenir l’humidité du cœur du tas, ce qui favorise les vers et micro‑organismes. Le genêt, surtout lorsqu’il est broyé vert (notamment certaines espèces comme le genêt d’Espagne), peut fournir un compost mûr en peu de temps si on l’intègre correctement en petites branches finement coupées.

Peut‑on composter des plantes qui se ressèment facilement ?

La prudence est de mise avec les espèces qui portent des graines ou des organes de reproduction résistants. Par exemple, l’ortie doit être portée au compost sans graines pour éviter la dispersion. La camomille contient des composés peu favorables aux habitants du tas ; toutefois, en petites quantités elle ne pose pas de problème ; étalez‑la plutôt en surface plutôt que de la déposer en bottes. La prêle, en revanche, ne présente pas de risque de reseme quand elle est mise au compost selon les observations habituelles.

Conseils pratiques pour éviter les erreurs courantes

Broyage et taille : ce qu’il faut savoir

Broyer ou couper les déchets verts favorise une décomposition homogène, mais certaines plantes deviennent problématiques quand elles sont finement coupées (c’est le cas du laurier‑palme). Broyez le genêt ou la consoude quand ils sont encore verts pour accélérer le compostage ; ne réduisez pas en poudre les espèces signalées comme toxiques.

Où déposer, comment répartir ?

Évitez d’apporter des branchages en bottes compactes : les paquets mal aérés sèchent ou pourrissent sans être décomposés. Étalez les végétaux comme la camomille ou les petites herbes sur la surface du tas, et mélangez les feuilles plus tanniques (comme celles du noyer) avec d’autres feuilles et en remuant régulièrement pour assurer une bonne aération.

  • Mélangez toujours matières sèches et matières fraîches pour conserver une bonne équilibre carbone/azote.
  • Ne composter en grande quantité que les plantes identifiées comme sûres (consoude, ortie sans graines, prêle, fougère, genêt broyé).
  • Évitez d’incorporer laurier‑palme et tanaisie ; apportez‑les en déchetterie ou utilisez‑les hors tas (paillis, décoction pour la tanaisie).
  • Étalez plutôt que d’empiler les petites herbes fragiles et mélangez les feuilles de noyer avec d’autres matières.
  • Si vous avez composté beaucoup de ciste, comptez un délai avant d’utiliser ce compost sur des plantations sensibles.

FAQ

Quelles plantes faut‑il absolument éviter de mettre dans le compost ?

Privilégiez la prudence avec les espèces citées pour leurs effets vermicides ou insecticides comme la tanaisie, avec le laurier‑palme pour sa lente décomposition et ses risques lorsqu’il est broyé, et avec l’armoise pour son action défavorable sur les vers. Pour ces cas, mieux vaut des solutions alternatives : paillis, déchetterie, ou épandage en surface selon l’espèce.

Comment gérer la prêle et l’ortie au compost ?

La prêle peut être intégrée en petites quantités une à deux fois par an pour améliorer la structure ; elle ne risque pas de revenir une fois le compost mûr. L’ortie est très utile mais apportez‑la sans graines, uniquement en feuilles, pour éviter d’ensemencer le tas.

Les feuilles de noyer rendent‑elles le compost toxique ?

Non. Les feuilles de noyer contiennent des tannins, comme beaucoup d’autres feuillus, mais elles se décomposent rapidement et ne donnent pas, en soi, un compost toxique. Mélangez‑les à d’autres feuilles et aérez le tas régulièrement pour un bon résultat.

Thomas Bréval

Thomas Bréval cultive un intérêt de longue date pour le jardin et les extérieurs. Potager, plantations, terrasses : il partage des conseils de saison, testés sur le terrain, pour profiter pleinement de son bout de nature.

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