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Une étude montre que la moitié des logements sont équipés d’une bouilloire thermique

Une vaste analyse réalisée à partir de la base DPE de l’ADEME par Pouget Consultants et IGNES révèle un constat simple et inquiétant : le confort d’été des logements français est souvent négligé. Sur des millions d’indicateurs étudiés, très peu de logements obtiennent un bon score estival et une part importante risque la surchauffe lors des épisodes caniculaires.

Pourquoi un logement bien noté en énergie peut rester inconfortable en été

Beaucoup confondent performance énergétique et confort thermique en période de chaleur. Les diagnostics qui servent à mesurer l’efficacité énergétique visent surtout la consommation et l’isolation pour l’hiver. Or, une isolation efficace et des matériaux à forte inertie peuvent tout à fait retenir la chaleur accumulée pendant la journée et la restituer la nuit, quand la ventilation est insuffisante. L’étude rappelle ainsi qu’un nombre significatif de logements classés A ou B au DPE sont malgré tout sujets à la « bouilloire thermique ». C’est un signal important : traiter la question du confort d’été demande des solutions complémentaires, distinctes des seuls travaux destinés à réduire la facture énergétique.

Quelles sont les causes principales de la surchauffe dans les logements ?

Plusieurs facteurs se conjuguent pour transformer un appartement ou une maison en espace inconfortable pendant une canicule. L’analyse identifie en particulier le déficit de protections solaires extérieures — stores, volets, brise-soleil — comme un facteur majeur. Les grandes agglomérations amplifient le phénomène à cause d’un effet d’îlot de chaleur urbain : densité bâtie, surfaces minérales et manque de végétation augmentent la température ressentie. Enfin, des pratiques courantes comme une ventilation insuffisante ou des apports internes de chaleur non maîtrisés aggravent la situation.

Appartement surchauffé en été avec fenêtres ensoleillées et thermomètre élevé
L’effet d’îlot de chaleur urbain amplifie la surchauffe dans les logements en ville.

Mesures rapides et peu coûteuses à mettre en place

  • Installer ou ajuster des protections solaires (stores extérieurs, volets) pour bloquer le rayonnement direct.
  • Favoriser la ventilation nocturne et créer des courants d’air matin/soir lorsque l’air extérieur est plus frais.
  • Réduire les apports de chaleur internes en limitant l’usage d’appareils électriques durant les heures les plus chaudes.
  • Utiliser des rideaux occultants ou des films thermiques sur les vitres si les protections extérieures ne sont pas possibles.
  • Introduire des ombrages temporaires (voiles, plantes en pot) sur balcons et terrasses.
Stores extérieurs fermés sur fenêtre pour bloquer la chaleur solaire
Les protections solaires extérieures sont parmi les solutions les plus efficaces.

Quels travaux pour améliorer durablement le confort d’été ?

Pour un résultat pérenne, il faut penser le bâtiment dans sa globalité et prioriser des solutions adaptées au contexte du logement. L’installation de protections solaires extérieures reste l’un des leviers les plus cités par l’étude. D’autres interventions possibles incluent l’amélioration de la ventilation (passive ou mécanique), l’adaptation des menuiseries et, selon les cas, des interventions sur la toiture pour limiter les apports solaires. Attention aux erreurs fréquentes : isoler sans penser à l’évacuation de la chaleur ou privilégier des solutions purement hivernales peut maintenir le problème.

Quelles spécificités pour les logements en ville face aux îlots de chaleur ?

Les centres urbains présentent des particularités qui rendent certains logements particulièrement vulnérables. L’étude montre des taux élevés de logements à confort d’été insuffisant dans des villes comme Paris et Lille. Outre le bâti dense et la moindre possibilité d’installer des protections extérieures pour certains logements, la chaleur ambiante y est souvent plus élevée que dans les zones rurales. Dans ces situations, les réponses doivent combiner mesures individuelles (stores, ventilation, végétalisation des balcons) et actions collectives ou réglementaires pour limiter l’intensité des îlots de chaleur.

Pièges et idées reçues à éviter

Plusieurs idées reçues freinent l’amélioration du confort en été. Penser qu’une meilleure étiquette DPE résout tout est l’une d’elles. Croire que la climatisation est la seule solution utile occulte des approches moins énergivores et parfois plus adaptées. Enfin, se contenter d’un audit sans vérifier que des recommandations concrètes pour l’été figurent dans le rapport conduit souvent à l’inaction : l’étude note que de nombreux audits n’indiquent pas de recommandations de protections solaires même quand celles-ci manquent.

FAQ

Comment savoir si mon logement est une « bouilloire thermique » ?

Si votre logement devient difficilement supportable lors des journées chaudes, conserve la chaleur tard le soir et que les fenêtres restent chaudes malgré l’ouverture nocturne, il présente des signes de surchauffe. Un diagnostic ciblé sur le confort d’été ou un relevé des températures intérieures pendant une période chaude permet de confirmer la situation.

Les stores extérieurs suffisent-ils à résoudre le problème ?

Les protections solaires extérieures sont parmi les mesures les plus efficaces pour limiter les apports solaires directs, mais elles ne règlent pas forcément tous les cas. Leur efficacité dépend de l’orientation du logement, de la taille des vitrages et de la capacité à ventiler et évacuer la chaleur accumulée.

La climatisation est-elle la seule solution pour rester au frais pendant une canicule ?

La climatisation peut apporter un confort immédiat, mais elle n’est pas la seule option et implique des coûts et des impacts énergétiques. Des combinaisons de protections solaires, ventilation adaptée, optimisation des apports internes et, si possible, solutions passives à moyen terme peuvent limiter fortement le recours à la climatisation.

Sophie Reynaud

Sophie Reynaud écrit sur l'énergie domestique et la rénovation thermique. Chauffage, isolation, sobriété : elle démêle les solutions du marché et cherche toujours le geste concret qui fait baisser la facture sans sacrifier le confort.

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