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Les écrivains / adhérents

Sybille de Bollardière

Poésie / Roman
photo Sybille de Bollardière

Auteur de poèmes et de romans, Sybille de Bollardière a quatre enfants. Elle vit entre Paris et le Perche en Basse Normandie. Après une vie professionnelle qui l’a amenée à habiter plusieurs années au Congo puis en Bretagne, en mai 2002 elle est nommée à la direction de Cassegrain, le célèbre graveur de la rue Saint-Honoré pour lequel elle organise plusieurs manifestations grand public autour de l’écriture dont le Prix de la lettre d’amour en partenariat avec le magazine Point de vue. Actuellement consultante indépendante, elle se consacre principalement à l’écriture de son prochain roman et prépare une série d’ateliers destinés à différents publics. (pour 2014)
Depuis 2008, elle tient un blog où elle a publié un roman en ligne, L’amour en zone inondable en 2009 ainsi que plusieurs autres chroniques dont Poulpitudes et autres tourments 2011-2012.

http://www.sybilledebollardiere.com
Bibliographie

– Alizarine, poèmes, Éditions Chambelland- La Coïncidence en 1982
– Le défaut des origines, roman Ramsay en 2004 (Prix Lafayette)
– Une femme d’argile, roman, L'Editeur, 2011
– Territoires, poèmes, La Passagère, 2012

Extraits

Alizarine

Etre allée si loin
Où la vague écartée
N'a d'autre parole
Que l'abîme lapidaire
Offrir au matin
Le souffle des nuits
Tachées de lumière
Et se remettre en chemin
Ainsi je passerai les heures
Au tamis de mes mains
Et je porterai la terre
Au cerne de mes ongles
Ils fertiliseront le sable du désert

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Le défaut des origines

Mais « ça » a continué. Aussi lentement, aussi sûrement que Jean le souhaitait. Parce qu’il y avait les après-midi à l’hôpital, nos voix qui le berçaient dans son sommeil et ce va-et-vient autour de lui, Jean se sentait enfin aimé. Il y eut ces longs conciliabules dans le couloir quand je débarquais de Paris par le train, les réponses de l’infirmière en chef à nos questions :
- Il ne souffre plus, il ne peut plus vous entendre, son état est irréversible...
Et puis nous nous sommes habitués au ronronnement de l’appareillage, au coma profond, à ce bruit d’aquarium qui distille, insuffle l’air, la morphine, la vie et son contrepoison... Nous nous étions tous retrouvés pour cette « affaire de famille », cette maladie du sang, transmissible comme notre difficulté à vivre. Nous la partagions comme un dernier repas, évoquant les disparus, comptant nos morts comme en temps d’épidémie.
La peste envahissait nos villes… Lorenzo et maintenant Jean. Mon frère s’était donné la mort à petit feu, seringue contre seringue, dans ces ports où le soleil invite au corps à corps. Où avait-elle germé ? A Cannes ? A Ibiza ? C’est moi qui aurais dû être malade bien avant lui, moi qui aurais dû mourir... Il est mort au petit matin, en novembre. La brume avait rameuté les mouettes qui piaillaient le long des fenêtres. Il est mort seul, embarqué comme un navigateur sans port d’attache, souriant du coin de l’œil et enfin libre.

Lieu de vie

Normandie, 61 - Orne

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire