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Les écrivains / adhérents

John Taylor

Poésie / Roman / Essais
photo John Taylor

L’écrivain américain John Taylor est né à Des Moines (Etats-Unis) en 1952. Après des études de mathématiques, puis de philosophie, et un long séjour en Grèce, il s’installe à Paris en 1977 et se consacre à l’écriture. Il vit à Angers depuis 1987. Son œuvre personnelle, dont les six premiers livres sont traduits en français, a souvent l’enfance comme thème principal. Dans son livre, Une certaine joie, il poursuit une quête de soi tout en explorant et décrivant les rues les plus ordinaires d’une ville moyenne française. Son dernier livre, La Fontaine invisible, est composé de poèmes et de proses courtes ; il est inspiré par les célèbres tapisseries du château d’Angers et soulève des questions portant sur la création littéraire et l’inquiétude métaphysique.
En tant que critique littéraire, John Taylor est considéré comme l’un des plus grands “passeurs” de la littérature française contemporaine. En tant que correspondant, il collabore au Times Literary Supplement (Londres) et à l’Antioch Review. Il est l’auteur d’un grand ouvrage en trois volumes sur la littérature française : Paths to Contemporary French Literature (2004, 2007, 2011). Il a également traduit de nombreux poètes français et suisses.

Bibliographie

En français
– Tower Park, Éditions de l’Aube, 1988.
– Présence des choses passées, Éditions de l’Aube, 1990.
– Au Coeur des vagues, Éditions Isoète, 1994.
– Quand l’été fut venu, Éditions Dumerchez, 1996.
– Une certaine joie, Éditions Tarabuste, 2009
– La Fontaine invisible, Éditions Tarabuste, 2013.

En anglais
– The Presence of Things Past, Story Line Press, 1992.
– Mysteries of the Body and the Mind, Story Line Press, 1998.
– The World As It Is, Cedar Hill, 1998.
– Some Sort of Joy, Cedar Hill, 2000.
– The Apocalypse Tapestries, Xenos Books, 2004.
– Paths to Contemporary French Literature (volume 1), Transaction Publishers, 2004.
– Paths to Contemporary French Literature (volume 2), Transaction Publishers, 2007.
– Into the Heart of European Poetry, Transaction Publishers, 2008
– Paths to Contemporary French Literature (volume 3), Transaction Publishers, 2011.
– If Night is Falling, Bitter Oleander Press, 2012.
– A Little Tour through European Poetry, Transaction Publishers, 2014 (sous presse).

Livres traduits en anglais
– Pierre-Albert Jourdan, The Straw Sandals : Selected Prose and Poetry, Chelsea Editions, 2011.
– Philippe Jaccottet, And Nonetheless : Selected Prose and Poetry, Chelsea Editions, 2011.
– Jacques Dupin, Of Flies and Monkeys, Bitter Oleander Press, 2011.
– Modern and Contemporary Swiss Poetry, Dalkey Archive, 2012 [co-traducteur].
– Louis Calaferte, The Violet Blood of the Amethyst, Chelsea Editions, 2013.
– José-Flore Tappy, Sheds: Collected Poems 1983-2013, Bitter Oleander Press, 2014.

Extraits

XVIII. Notes sur l’écriture
Levé tôt, à cinq heures, sans réveil-matin, je sors à tâtons de la chambre, me prépare un café serré, écris dans la cuisine froide, quittant de temps en temps ma chaise de bois pour regarder dehors. Presque la seule personne à être debout à cette heure.
Une lumière ou deux dans les immeubles lointains. Au-delà, un épais brouillard flotte au-dessus de la confluence glaciale. Sur la droite, au-dessus et au-delà du Conservatoire, le ciel prend des teintes roses.
Il sait que ce lieu peut lui procurer tout ce dont il a besoin. Comme n’importe quel autre lieu.
« Ici ou là, tout est pareil. »
Lors d’un tel instant, il croit.
Peu importe qu’il hésite, un stylo bleu à la main, sur le mot qui suit.
Il le biffe.
Plus tard, il doute.
Il doute pour le reste de la matinée. Tout l’après-midi. Au milieu de la nuit, quand il se réveille agité d’un cauchemar.
Mais le lendemain, de nouveau à l’aube, il accepte d’être entouré par cette cuisine ordinaire — le café fumant, les carreaux glacés du sol, le bourdonnement apaisant du réfrigérateur, la vue depuis le huitième étage, qui donne sur la confluence voilée de brume.
Et pendant un moment, il croit à nouveau.

* * * 
Quand je me penche sur mon travail, deux mains écrivent. Pourquoi deux mains, deux stylos, si c’est pour tracer les mêmes lettres ?
Pendant un moment.
Ici une virgule, là un demi-point.
Ici un adjectif, là deux. Ou une rature.
Ici un petit ajout. Là, quelques mots en moins. . .
Jusqu’à ce que, une fois de plus, deux chemins distincts se dessinent, la distance grandissant entre eux,
et il me faut choisir l’un d’eux, celui du juste et de l’authentique,
ce qui équivaut à revenir à la dernière bifurcation,
ce qui équivaut parfois à reprendre tout depuis le début.

* * *
Il faut être seul pour écrire —
à Samos, à Patmos,
ou dans une cuisine froide et déserte.
Mais alors tu dis :
« J’ai besoin de mains sur mes épaules. »
Ou « Je ne comprends rien. »
Ou « Je n’y arrive pas. »
Pourtant, tu es saisi par la douceur initiale du style. Tu oublies tes inquiétudes, tes doutes.
Tu progresses.
Tu progresses ?
L’amertume ressentie à l’estomac quand tu te relis, quand tu regardes des mots
qui en suivent d’autres — burlesque défilé !

* * *
« Mange le livre ! » ordonna l’ange quand Jean eut reposé son stylo. « Réécris tout depuis le début ! »
extrait du livre « La Fontaine invisible», traduit de l'anglais (États-Unis) par Françoise Daviet-Taylor, Éditions Tarabuste, 2013.

Certains endroits sont plus beaux que d’autres, mais nous parvenons rarement à y vivre, ni même à proximité. C’est pourquoi je regarde toujours autour de moi là où je suis, ouvre toujours les yeux sur ce que je rencontre, emprunte chaque ruelle, chaque passage dérobé — tel ce passage qui mène à la rue Béclard, par exemple.
Je tombe sur un parking secret envahi par les mauvaises herbes. Les emplacements ont été marqués par de curieuses baguettes en bois que je n’ai encore jamais vues nulle part.
Le vent souffle légèrement dans les branches supérieures d’un tilleul.
Le soleil de l’après-midi éclaire d’une vive lumière les volets blancs et poussiéreux qui couvrent une façade.
Je m’arrête un instant, étant à peu près sûr que je suis en train de ressentir une certaine joie.

extrait du livre « Une certaine joie », traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Françoise Daviet-Taylor, Éditions Tarabuste, 2009


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