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Les écrivains / adhérents

Lucie Doublet

photo Lucie Doublet

Lucie Doublet est née en 1985. Après une formation en danse classique, elle se tourne vers la philosophie et soutient une thèse en 2018 sur l’héritage de Karl Marx dans la pensée d’Emmanuel Levinas. Elle enseigne pendant dix ans au lycée et à l’université, puis devient administratrice d’un théâtre de marionnettes à Paris, le Théâtre aux Mains Nues.

Elle poursuit en parallèle un travail d’écriture littéraire qui mêle poésie et théâtralité.

Distinctions :
2020 Lauréat du concours de la revue Rue Saint Ambroise avec le Cochon de Joseph Thibaut
2016 Sélection « petits éditeurs », commission BiB92 pour l’Emergence d’une Ile
2008 Prix du Concours International de Poésie de la Sorbonne pour « Surface »

Bibliographie

- L’Émergence d’une île (récit), éditions des Cahiers de l’Égaré, 2015.
- Le Cochon de Joseph Thibaut (nouvelle), Revue Saint-Ambroise n°46, 2020.
- Emmanuel Levinas et l’héritage de Karl Marx. Sublime matérialisme (essai). À paraitre aux éditions Otrante en septembre 2021.

Poésie :
« Terreur », Revue Décharge, n°187 septembre, 2020
« Les peaux », in Passages du temps, édition les Cahiers de l’Egaré, 2018.
« On nous a dit Partez », revue A Verse, n°1, automne 2008.
« Surface », revues La Traductière n°26 (juin 2008) et Poésie en Sorbonne n°8 (2008).

Extraits

L’Émergence d’une île

« Émergence de rien, émergence comme ça, au milieu du vide. Là où l'on n'attendait rien. Au milieu de l'océan lisse et gris, que nous nous résolvions à traverser sans encombre, mais sans non plus davantage d'aventures que n'en laissait présager le calme et le gris de l'étendue ; au milieu de l'océan que nous nous résolvions à traverser tout de même, puisqu'il le faut bien, puisqu'il faut porter la marchandise d'un bout à l'autre et revenir à vide, charger encore et recommencer, emmener la marchandise jusqu'au bout où l'on manque déjà, et revenir une fois de plus, sur l'océan lisse ; au milieu de notre simple traversée, traversée comme ça, traversée pour rien, surpris par l'émergence d'une île ».


Le cochon de Joseph Thibaut

« Tout de même, Joseph Thibaut ne fait rien. Joseph Thibaut se complait dans le rien de sa poésie. La poésie est un néant dans lequel se vautrent les hommes, pensait le cochon en son for intérieur. J’ai toujours détesté la vanité des hommes. Jamais je n’ai supporté cette faculté qu’ont les hommes de se repaitre de leur vide. Je devrais, j’aurais déjà dû quitter Thibaut. Joseph Thibaut dit du soleil qu’il éclaire, des nuages qu’ils passent, du lendemain qu’il viendra. Ses amis disent de Thibaut qu’il porte sur le monde un regard, que ses vers sonnent. Cochonneries. L’art, l’art est le sommet de la vie, mais son ombre abrutit tellement. C’est navrant. Joseph Thibaut me navre. Il rentre tard, dort jusqu’à midi, s’assied dans son lit et tourne des pages en se léchant le doigt. Joseph Thibaut travaille l’après-midi dans son cabinet, qu’on se le dise ! Joseph Thibaut travaille tous les jours à ses vers ! Quel courage que celui de Joseph Thibaut, quelle constance dans la tâche, quelle abnégation ! »

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences