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Les écrivains / adhérents

Stéphanie Marchais

Théâtre
photo Stéphanie Marchais

Je parle du corps. De ce qui se dit à l’esquisse d’un geste, un regard, un déhanchement, la chaloupe d’un bassin, le velouté d’une peau, la maladresse d’un penché. Les personnes ou les bêtes que je saisis dans mes textes sont toujours en quête, hésitants, pas finis, encore au bord des choses. Et le corps se fait témoin de ces errances. Que ce soit dans Intégral dans ma peau, où l’enfance et l’adolescence se posent la question du genre, dans Corps étrangers où un homme devient la proie désirable d’un autre, dans Rouge forêt où le corps subit des métamorphoses suite aux radiations, dans Verticale de fureur, où le narrateur tente de maîtriser son corps à l’extrême, quitte à l’anéantir, pour ne pas devenir un monstre, le corps est le lieu de toutes les transformations. Par une approche organique de la langue, parfois sensuelle, brute, dépouillée, je tente d’écrire des territoires invisibles. Parler du corps dans tous ses états, c’est s’éprouver vivant, approcher les limites de son humanité quand on est un homme, une femme, inscrits dans la folie des sociétés.

http://www.quartett.fr
Bibliographie

Théâtre
– Rouge forêt, Quartett 2013.
– Intégral dans ma peau, Quartett 2011.
– Corps étrangers, Quartett 2010.
– Portrait de famille sous un ciel crevé, Quartett 2009.
– Verticale de fureur, Quartett 2008.
– C’est mon jour d’indépendance, Quartett 2006.
– Dans ma cuisine je t’attends, L’avant-Scène 2004.
– La femme qui court, Le Laquet 2001.

Extraits

Extraits Intégral dans ma peau

Josh –
C’est ma prof.
Madame D. c’est ma prof.
Mais si tu la connais
Tu la connais de loin même si tu n’es jamais venu au lycée quand il fallait tu sais qui c’est
Elle est chimique.
Belle et grosse.
Vous êtes belle et grosse Christine D.
Super bandante quand vos fesses balancent au rythme de la craie.

Mettre mes bras autour de votre taille comme on saisit un large fût pour en boire le vin à grande gorge et vous soulever pour vous asseoir à table
Merde vous êtes trop lourde.
Vous coucher alors, sur l’estrade, vos cheveux lancés vers la porte pas fermée celle de tous les possibles, et relever les pétales en coton de votre jupe
Plonger mes mains dans le mou de vos hanches si vous le permettez Madame, vous êtes un oiseau vous pépiez et foutre mes doigts là où c’est moite comme en été.
Là où l’élastique signe d’un peu de rouge la peau souple des reins.

Le goût de votre sueur
J’arrive bien à l’imaginer
Vous êtes à présent un nouveau-né vagissant
Et ma verge se gonfle à mesure que vous braillez.

J’ouvre un peu plus votre blouse si vous le permettez, votre blouse maculée de poussière de craie oh pardon je vous ai allongée sur la brosse du tableau et je regarde vos seins.
La vache ils sont énormes.
Et je pétris et masse et lèche vos seins vastes comme une carte routière, tout parcourus du bleu des mers et des fleuves
Et je pose ma joue
Sur la petite médaille en haut de vos nichons.
Vos nichons se lèvent
Aussi facilement que la porte du garage de mon père, quand il l’actionne depuis son coupé sport
C’est la virilité.
Automatique.
La virilité grâce à un gadget performant :
La télécommande de mon père.
Mon père et son argent.
Mon sexe et moi.

Je reste là tranquille
Un peu saoul
Tranquille
A vous téter les bouts
A deviner le pépiement dans votre tête
A essayer une longue craie en lieu de petite mort
Bien sûr, si vous le permettez Madame, j’aimerais vous téter à petites lèvres et m’endormir sur vous, comme ça debout
Appuyé contre votre culotte.
Merde votre culotte !
Votre culotte est pendue sur la branche à feuilles du platane de la cour.
Celui qui lève les bras sous la fenêtre.
Celui qui a tout vu.

Nous ferons du vin chez vous ou chez moi, ça dépend de votre emploi du temps.
Faire du mouillé-mouillé.
Je serai saoul de vous.

Christine D. –
Josh ?
Josh vous êtes là
Vous êtes avec nous Josh ?

Vous êtes reliés au groupe n’est-ce pas, vous savez quel texte nous étudions en ce moment.
Josh ?

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Extrait Rouge forêt
Je suis réquisitionné pour transporter les premières victimes. Quelques heures seulement après l’explosion du réacteur.
Il y a cet homme au fond du bus. Cet homme qui reste assis tout droit les mains sur les cuisses tandis que les autres pompiers vomissent et râlent et crachent du sang autour.
J’accélère pour abréger le trajet jusqu’à l’hôpital.
Je croise son regard dans le rétroviseur : la peur.
Au lointain : la masse rouge de la centrale en fusion, et là dans mon dos, hors de leurs orbites, les yeux de cet homme.
Dans les yeux de cet homme une grande peur : sa langue est tombée.
Je ne suis pas certain de lire de la douleur ou quelque chose comme ça sur sa figure, mais une peur oui, une peur absolue qui le dévaste : sa langue vient de tomber de sa bouche et gémit, stupéfaite, sur son pantalon.

Lieu de vie

Île-de-France, 94 - Val-de-Marne

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers d'écriture en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire