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Les écrivains / adhérents

Maëlle Levacher

Roman / Essais
photo Maëlle Levacher

Après une thèse de doctorat en Lettres modernes, consacrée à l'Histoire naturelle de Buffon (publiée aux Classiques Garnier), Maëlle Levacher enseigne neuf ans à Lille les matières littéraires et les sciences humaines, dans divers établissements d'enseignement supérieur. À la même époque, elle monte la Cie des Chemins de verre qui propose des spectacles en musique semi-professionnels, et dont la fonction première est de porter à la scène des textes (contes) dont elle est l'auteur.
Rentrée dans l'ouest, elle donne désormais la priorité à ses travaux de création littéraire. Elle travaille actuellement à des fictions, ainsi qu'à une série d'essais littéraires sur l'onirisme. Elle fait sienne, dans l’ordre de la littérature, cette espérance d'Alfred Kubin : « Le véritable observateur que je souhaite pour mes dessins ne se contenterait pas de les regarder avec plaisir ou d'un œil critique, mais, comme stimulé par un contact secret, il devrait accorder aussi son attention aux recoins obscurs pleins d'images de sa propre conscience rêveuse. » (A. Kubin, cité dans Europe, n°1021, mai 2014, p. 172)

http://www.ciedescheminsdeverre.net/
Bibliographie

Bibliographie complète et actualisée consultable : www.ciedescheminsdeverre.net/bibliographie-de-maelle-levacher/ Elle se décline en littérature générale, critique littéraire, presse culturelle, et littérature spécialisée (universitaire).

Principaux titres :
– La Veillée de l'hyène, Avignon, Cardère éditeur, octobre 2017
– Un Chœur populaire : Jehan-Rictus en pastiches aujourd’hui (étude, choix de textes et pastiches), cahier Chiendents n°117, Nantes, Éditions du Petit Véhicule, janvier 2017
– Buffon et ses lecteurs. Les complicités de l’Histoire naturelle, Paris, Classiques Garnier, coll. « L'Europe des Lumières », 2011

Extraits

La Veillée de l'hyène, Cardère. Présentation par l'éditeur :

« Elle se dit : Jamais on n’a vu d’hyène veiller un mort… Je serai la première. Alors elle veilla, empruntant un moment une mine contrite, ce qui la fit rire enfin de son rire d’hyène. Puis, comme elle avait faim, son ongle commença de gratter la poussière. »
Elle est leur ultime interlocuteur ; elle est cynique, condescendante, et elle est propre : « sa panse est sans issue », l’hyène ne laisse rien de ceux qui paraissent devant elle. Veux-tu, lecteur, t’asseoir un moment à son flanc pour te divertir des vanités, des prétentions sentimentales, de la comédie du sens qui voudrait se jouer du trépas ? Veux-tu dès à présent poser les yeux sur le dénuement sec et sans relief de son territoire ? Veux-tu savoir comme elle répond à qui – héros, bougre, animal – l’interpelle ? Ainsi tu te feras à sa musique, à sa prose, à ses vers, avant de paraître à ton tour devant elle. Notre tour viendra. Et tandis que déjà l’on prépare un plaidoyer dérisoire, « l’hyène se dandine dans le désert en couinant ses croches inégales. »
Ce recueil présente, en une succession de tableaux dialogués, la rencontre d’une hyène avec les défunts qui errent dans ses limbes avant qu’elle en parachève la disparition. Quidams, figures allégoriques ou mythologiques sont ainsi confrontés au cynisme radical de l’animal fatal. Il arrive cependant que le rire de l’hyène s’éteigne et qu’elle demeure interdite… Les choses de la vie et de la mort ne lui sont pas toujours plus intelligibles qu’à nous. La poésie, mise en tension avec une lucidité crue, joue avec la philosophie, et propose à notre angoisse d’êtres provisoires des images équivoques.

Un Chœur populaire : Jehan-Rictus en pastiches aujourd’hui (étude, choix de textes et pastiches), Éditions du Petit Véhicule, p. 32 :
« L’Embernerie » [pastiche de Jehan-Rictus], par un engagement plus marqué, m’entraîna dans la recherche du ton juste – en quelque sorte le « cri » que cherchait Jehan-Rictus, source de l’émotion authentique du soliloque – du ton qui conviendrait au personnage, inspiré d’une personne que j’ai connue. Au cours de cet effort, le timbre de sa voix m’est revenu. Je ne pouvais plus lui faire dire n’importe quoi, des médisances par exemple, parce qu’il me revenait en même temps qu’elle avait des manières bourrues mais un caractère bon. Cette voix retrouvée m’a fait entendre « qu’ y a pas d’ maman dans ç’tte maison » ; enfant, je le sentais bien sans doute, mais je ne le savais pas.

Buffon et ses lecteurs. Les complicités de l’Histoire naturelle, Classiques Garnier, p. 33 :
On ne peut faire reproche à l’Histoire naturelle de Buffon de sortir quelquefois des bornes prescrites de nos jours à la science. L’âge classique attribue une égale dignité à ce que nous appelons aujourd’hui sciences sociales et sciences dures, et considère que les secondes méritent au moins d’être écrites avec grâce. L’œuvre du naturaliste est marquée par un grand nombre d’influences littéraires d’ordres divers. Buffon, en homme de son temps, partage avec ses lecteurs une culture littéraire à la fois héritée et en évolution. Il se propose parfois d’exploiter consciemment ces références afin de s’attacher le public, mais il ne s’agit cependant pas, comme on l’a parfois dit, de subjuguer par l’esthétique et l’émotion attachées au domaine littéraire des lecteurs ravalés au rang de consommateurs intellectuellement vulnérables. Si « le style est l’homme même* », si le style est la marque que l’humanité imprime à la construction de la science, comment concevoir une science qui ne soit pas marquée par l’humanité – et donc par la culture – de son auteur ? Le littéraire participe de la philosophie de la science de Buffon, et l’on ne peut en aucun cas réduire la part littéraire ou rhétorique de l’Histoire naturelle à une simple stratégie commerciale. Pensons aussi au lecteur de Buffon. À quelque catégorie qu’il appartienne, qu’il soit savant ou homme du monde, il a été sensibilisé aux belles-lettres et il a des attentes en matière d’écriture, attentes connues d’un naturaliste comme de n’importe quel autre auteur.

* Buffon, Discours de réception à l’Académie française (1753), Hist. nat., t. XXXIII.

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