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Les écrivains / adhérents

Françoise Ascal

Poésie / Essais
photo Françoise Ascal

Françoise Ascal vit et travaille dans un village de Seine et Marne. Elle a longtemps animé des ateliers d’art plastique et d’écriture en milieu hospitalier et assuré des formations en art-thérapie auprès de personnel soignant. Elle a travaillé avec des peintres (Alexandre Hollan, Yves Picquet, Jacques-Pierre Amée, Jacques Clauzel...) un calligraphe ( Ghani Alani, auprès duquel elle a suivi une inititation) un vidéaste ( Alexandre Simon) et donné de nombreuses lectures accompagnées de musiciens ( Jérome Lefebvre, Gaël Ascal, Sylvie Moquet...).
A travers différentes formes (poèmes, récits, notes de journal, livres d’artistes) ses textes interrogent la matière autobiographique, explorent la mémoire et ses failles, croisent l’intime et le collectif dans le souci de se confronter, selon les mots de Pavèse, au “métier de vivre”.
En 2000, la Maison de la Poésie de Nantes l’a invitée en résidence d’écriture et lui a consacré un numéro spécial de sa revue Gare Maritime .
Le Centre National du Livre lui a accordé plusieurs bourses de création (1993, 1999, 2003).
Elle a été l’invitée de Festivals en France (Voix de la Méditerranée, Les Tombées de la nuit, Musique et Mémoire, etc.) et à l’étranger (Rencontre Internationale des Ecrivains de Montréal, Festival Mondial de Poésie de Caracas au Venezuela) .

Ecrire, c’est partir.
Devoir partir. Se faire déloger, expulser par un terrier de signes qui creusent au secret du corps.
Ecrire, c’est revenir.
Vouloir revenir. Jusqu’au pays manquant. Celui de l’origine. Celui qu’on soupçonne dans le terreau des mots.
Ecrire, c’est cette inquiétude entre deux rives.

Photo : © Michel Durigneux

Bibliographie

Publications
– Le Pré, Atelier La Feugraie, 1985 (épuisé)
– La Part du feu, Atelier La Feugraie, 1987 (épuisé)
– L’ Ombre et l’éclat, Atelier La Feugraie, 1990 ( épuisé)
– Fracas d’écume, Coédition Atelier La Feugraie/Le Noroît (Québec), 1992
– Cendres vives, Éditions Paroles d’Aube (réunion en volume de Le Pré, La Part du feu, L’Ombre et l’éclat) 1995 (épuisé)
– Dans le sillage d’Icare, Éditions Cirrus (avec 12 dessins de Jacques-Pierre Amée) 1997
– Le Carré du ciel, Atelier La Feugraie, 1998 (épuisé)
– Le Fil de l’oubli, Éditions Calligrammes, 1998
– L’ Encre du sablier, Éditions Double Cloche (Livre d’artiste imprimé en sérigraphie, tiré à quarante exemplaires, avec onze estampes du peintre Yves Picquet) 1999
– L’Issue, Les Petits Classiques du Grand Pirate (avec une photographie de Gaël Ascal) avril 1999
– Le Vent seul, Éditions Double Cloche (reprenant le poème de Françoise Ascal et les cinq estampes d’Yves Picquet conçus pour le numéro 11 de la revue “La Rivière Echappée”; imprimé en sérigraphie, tiré à trente exemplaires) 1999
– Le Sentier des signes Éditions Arfuyen (avec douze calligraphies originales de Ghani Alani) 1999 (épuisé)
– La Hutte aux écritures, Éditions A Travers (livre d’artiste avec le peintre Jacques Clauzel, manuscrit) 2001
– L’Arpentée, Éditions Wigwam , mai 2003 (épuisé)
– Un automne sur la colline, Éditions Apogée, septembre 2003
– La Table de veille, Éditions Apogée, novembre 2004
– Mille étangs, avec des peintures de Philippe Aubry et une lettre de Denise Desautels, Éditions Travers, mars 2006
– Cendres Vives, suivi de Le Carré du ciel (nouvelle édition) Éditions Apogée, mars 2006
– Issues, Éditions Apogée mars 2006
– Si Seulement avec des dessins d'Alexandre Hollan, éditions Calligrammmes , juin 2008
– Perdre trace avec des peintures d'Alain Boullet, éditions Tipaza , juin 2008
– Rouge Rothko, édition Apogée, 2009
– Noir-Racine, éditions Al Manar, livre d’artiste avec des aquarelles de Marie Alloy, 20 exemplaires, septembre 2009
– Langue de sable, « livre pauvre » de Daniel Leuwers, manuscrit, six exemplaires, avec des peintures de Jean-Pierre Thomas, septembre 2009
– Un désir d’aube, édition Atelier de Villemorge, livre d’artiste avec un bois gravé de Jacky Essirard, 16 exemplaires, décembre 2009
– Un rêve de verticalité (Journal de Rentilly, autour de Gaston Bachelard avec des contributions de Marie Alloy, Laurent Contamin, Antoine Emaz, Alain Freixe, Abdellatif Laâbi, Werner Lambersy, Béatrice Libert, Jean-Luc Pouliquen, Florence Trocmé), éditions Apogée, 2011
– Lignées, poèmes en prose accompagnés de dessins de Gérard Titus-Carmel, aux éditions Æncrages & Co, 2012
– Levée des ombres, photographies Philippe Bertin, éditions Atelier BAIE, 2013
– Noir-Racine précédé de Le fil de l’oubli, avec des monotypes de Marie Alloye, édition Al-Manar, octobre 2015
– Des voix dans l’obscur avec des dessins de Gérard Titus-Carmel, édition Æncrages & Co, octobre 2015
– Un bleu d'octobre, éditions Apogée, janvier 2016

Traduction
– Entre carne y tierra (Entre chair et terre, poèmes), traduit en espagnol par Juan Luis Delmont, édition Pen Press, New York, 2007

Anthologies et ouvrages collectifs
– Claude Louis-Combet , mythe, sainteté, écriture Editions José Corti, 2000
(“L’expérience de la nuit dans l’œuvre de Claude Louis-Combet”, étude)
– Des écrivains en Fanche-comté coédition CRL/ Néo éditions, 2001, Besançon.
– SEPT écrits de femmes, éditions Sémaphore, 2002
– Tout l’espoir n’est pas de trop “Douze voix de la poésie francophone” Collection Cent-un poèmes, Editions Le temps des Cerises, Paris, 2002
– Ombres portées (sur des photograpies de Jacques Clauzel) Editions Tipaza, juin 2003
– Des Poètes au Parvis anthologie de Marc Delouze, édition La Passe du vent, 2007
– "La poésie c'est autre chose" 1001 définitions de la poésie, éditions Arfuyen, avril 2008
– Au pays de Magritte : regarder, lire, écire par Béatrice Libert, éditions Couleur Livres ( Belgique) 2009
– Et si le rouge n’existait pas anthologie poétique réunie part Françoise Coulmin, éditions Le Temps des Cerises, 2010
– Côté femmes, d’un poème à l’autre anthologie poétique de Cécile Oumhani et Zineb Laouedj, éditions Espace libre, 2010
– L’Interculturel dynamique, ouvrage collectif dirigé par M.Belmaïzi et M.Cornelis, édition E.M.E., Bruxelles, 2010

Publications en revues
Le Grand Erg, Opus International, Art et Thérapie, Entailles, Faire-Part, Pleine Marge, Jungle, La Métis, Le Nouvel Ecriterre, La Barbacane, La Rivière Echappée, Plein Chant, Evidence, Enfers, Lieux-d’Etre, Encres Vagabondes, Prétexte, L’Instant d’après, Duelle, Gare maritime, Poésie 2001, Le Cahier du Refuge, Sémaphore, Midi, Sézim, Chemins, Glanes, Verrières, N4728, Bacchanales, etc.

Extraits

Le carré du ciel (extrait)

On voudrait parfois écrire avec un couteau. On voudrait se trancher les veines, non pour mourir, mais pour qu’enfin coule le sang des mots, l’encre du corps trop longtemps retenue en soi et dont seul un geste violent pourrait libérer le flux.
Violence à la mesure du silence à traverser, à la mesure de l’engluement toujours possible, paroles qu’il faut arracher du fin fond de la glaise pourrissante, paroles du marécage ancien, de la glèbe commune, précaires comme fleurs de tourbe, en voie de disparition sitôt que nées.

*

“Travail de deuil”...
Ne veux pas le faire, ce boulot. Veux laisser les plaies ouvertes, veux être traversée par d’éternelles douleurs intimes. Veux les nourrir, leur donner la becquée pour que jamais jamais ne meurent les visages aimés. Un jamais de pacotille, on le sait, à la mesure du dérisoire, un jamais naïf de fillette, une promesse d’ivrogne, une volonté d’irréalité, une crispation d’utopie, une insoumission. Non. Pas de travail de deuil. Pas d’accommodement. Pas de douceur. Pas de résignation. Pas de sagesse. Mais le mal nourricier, la blessure fertile, la blessure-rivière-vive travaillant au secret du corps, irriguant la chair, jaillissant en rébellion, en étincelles de tristesses lumineuses. Contre l’oubli.

Et pourtant.

“ Mémoire qui tue...
mémoire qui étouffe à petit feu..”. Excès de déchets organiques, pourriture lente formant vase au fond du cœur. Et l’on suffoque, et l’on s’égare à vouloir trouver le chemin inédit, le sans-trace, le non-balisé par les ancêtres, par la forge du temps, par la puissance de l’Histoire ou la pression des événements, même futiles, même anodins, même attendus. Sortir. Out. Sortir. Out. EXIT. SORTIR. ANY WHERE OUT OF THE WORLD. Trouver la passe, trouver l’issue, trouver la fente la faille la fêlure la fenêtre la face ou la farce, mais sortir. Sortir du pré du pré vu du pré paré du pré cité du pré posé du pré dit , quitter les pré dispositions, abandonner tout centre de gravité, rejoindre le nu d’un intervalle, la vacuité d’un interstice, percer la poche du circonscrit.

*
Cette année la beauté du jardin restera muette. Je ne m’acharnerai pas à la mettre en mots. Et le jardin n’en sera pas moins beau, ni moins nourrissant d’être vécu dans une silencieuse communion.

Etre là, tout simplement.
Dans cette poignante réalité.
Dans le cercle des pavots, comme autant de lampes allumées.
Avec la douleur au cœur de soi
Telle une amande fendue par quelque lame.

*

Habiter la chair et le verbe. Habiter la joie —si possible— d’être vivant. Habiter non pas une maison, mais le printemps à venir, qui frémit déjà au ras du sol, visible dans ces pousses de jonquilles qui crèvent la vieille peau figée de la terre hivernale. Habiter l’instant. Habiter le lien, la tresse invisible qui unit à ceux qu’on aime, comme aux inconnus, par condition d’humanité. Habiter le sans-poids, l’espace entre les choses, entre les êtres, habiter le vide éblouissant de la lumière, l’intervalle entre les sons, la vibration entre les couleurs autant que les obscurités du jour...

Lieu de vie

Île-de-France, 77 - Seine-et-Marne

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu scolaire