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Les écrivains / adhérents

André Cohen Aknin

Poésie / Roman / Théâtre / Récits
photo André Cohen Aknin

Homme de théâtre et auteur, il donne des lectures de poésie contemporaine.
De sa terre natale, il garde la musicalité. Dans mon pays, dit-il, on parle au son du violon et de la derbouka. Il publie un roman "La lèvre du vent" aux Editions L'Harmattan ; il y évoque l'Algérie, une terre où les traditions juives et berbères se sont mêlées au long des siècles.
En 2006, il participe à un collectif de créateurs "31 minutes", un itinéraire entre l'image et le trait, l'écriture et la voix. Apparaît alors une écriture plus sobre.
"le sourire de l'absente", paru aux Editions L'Atelier du Hanneton, est dans ce cheminement. Un texte sur l'exil, le voyage, le double, le masculin et le féminin ; il y a les pays du sud, les pays du nord, les peintures de Giorda et de Modigliani qui bouleversent sa perception, l'amènent à une autre musicalité.
Il donne une lecture récital de ce texte, fidèle aux mots de Léopold Sedar Senghor : "le poème n’est accompli que s’il se fait chant, parole et musique en même temps".
Il vit dans la Drôme depuis 1983.

http://briot-cohenaknin.hautetfort.com/
Bibliographie

– "le sourire de l'absente", l'Atelier du Hanneton, 2012, poésie.
– "La lèvre du vent", l'Harmattan, 2006, roman.

Théâtre
– "Salut Blaise », 1988. La poésie de Blaise Cendrars
– "Tous les murs donnent au sud", 1989. Au carrefour des poésies des mondes arabe, berbère, juif
– "Nous ne jouerons plus à la marelle , 1991, coauteure : Geneviève Briot
– "Les gens d’ici", 1994
– "Comme un blues", 1996
– "Les pensionnaires", 1997.
– "Jugement de Carmentran", Carnaval de Romans, 1997
– "Visages", 1998
– "Jour de marché", 1998
– "Conversation sur un fil", 2000, coauteure : Geneviève Briot
– "Molière al-Qabbânî", 2002, Coauteur : Mohamed Machti
– "Le chant d’Abelle", 2006

Mises en scène
– Mots de passe. Montélimar. 1985-86
– Petites joies avec pignon sur rue. 2000
– Danse avec les mots. 2002
– Biennale de l’International de Romans. Création et mise en scène. 2004, 06, 08. Prix "Territoria 2004"
– 31 minutes. Exposition, lecture, recueil. En compagnie d’un collectif de créateurs.

Récitals et lectures de poésie contemporaine
Le monde a mille voix. Alain Borne, une poésie d'ombre et de feu. Andrée Chedid, un univers. Paul Vincensini, une poésie en bleu majeur. Le bruit des mots, le bruit du monde. Vivre ensemble. Des saveurs et des livres. La poésie d’Afrique du Sud. Le sourire de l'absente.

Extraits

José :
Mon quartier, c’est ma vie. Les beaux jours, on me sort sur le pas de la porte, bien calé dans un fauteuil en rotin que ma mère a rafistolé comme elle a pu. Monsieur Chétrit, notre voisin, le réparera pour de bon, il l’a promis. Une couverture sur les jambes, un bonnet de laine à grosses côtes sur le crâne, me voilà fin prêt pour l'aventure. Et quelle aventure ! Etre assis au beau milieu d’un trottoir, sans pouvoir faire le moindre geste, dire le moindre mot ! Enfin, fini le lit et les draps humides, je profite du bleu qui tombe du ciel, un bleu aussi dru que les pluies diluviennes de ces derniers jours. Je tiens dans mes yeux ce monde auquel j'ai tant rêvé. Une sorte de cadeau, un cadeau qu'on n'attend plus. On récompense toujours les enfants de s'être bien tenus durant un long voyage. Mon voyage à moi est celui d’un enfant malade, entre un lit d'hôpital et celui de ma chambre, pendant des mois, des années. Bref, aujourd’hui, on m'offre le printemps parce que je suis polio. J’ai quinze ans et je m’appelle José. Voilà cinq ans que mes foutues jambes ne veulent plus rien savoir, les jambes et bien d’autres choses. Ma mère, je lui en ai souvent fait le reproche, elle m’a tout mal fait, sauf la tête.
"La lèvre du vent", Ed. L'Harmattan 2006, extrait.

entre frontières de terres et de langues à l’instinct je marche comme un zombi dors sous l’auvent d’un ancien garage un coin de grange ou dans un ravin pour me protéger du vent à quinze ans j’ai rêvé de devenir marin l’idée ne m’a jamais quitté hélas je ne suis devenu ni marin ni docker je sais juste qu’il me reste de la route et que les idées noires disparaissent dans le bitume route route route soixante-quatre fois route je suis né d’elle

le voyage se poursuit plus au nord vers le cercle polaire les rencontres se font rares entre impatience et renoncement jusqu’au moment où une jeune femme m’emmène chez sa grand-mère dans l’archipel de Turku

des mains comme des battoirs chez moi les grosses mains sont toujours des battoirs celles d'une vieille femme seule sur son île à tout faire bois pêche bouffe ça sent la patate dans son feu peau braisée sur mes lèvres notre rencontre débute par le silence un verre de vodka poisson fumé fort le bleu des glaciers silence vodka à nouveau au rythme des arbres en bord de mer elle me prend la main sans la retourner écoute mon sang quelques mots que je ne comprends pas c’est comme si je rencontrais un marabout sur le toit du monde

je suis tétanisé ce n’est pas le froid j’ai déjà connu moins quarante ce sont les ombres qui se froissent contre ma peau ne pas bouger de peur qu’elles ne s’éloignent

la pierre s’effrite échapper à la consanguinité de l'écriture aller au plus loin de la langue d’inconnu en inconnu la chute presque et pourtant l’écriture et pourtant le plaisir

encres incandescentes qui brûlent nos regards écrire où reposer ses yeux la nuit alors viendra avec douceur
"le sourire de l'absente", Ed. L'Atelier du Hanneton 2012, extraits.

Lieu de vie

Auvergne-Rhône-Alpes, 26 - Drôme

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques
  • Résidences