Contenu | Navigation | Politique d'accessibilité | Crédits Lettre internet

Les écrivains / adhérents

Anne et Laurent Champs-Massart

Roman / Récits
photo Anne et Laurent Champs-Massart

Anne & Laurent Champs-Massart se sont rencontrés en 2005 (An Zéro pour eux). Anne était en khâgne, mais puisque Laurent faisait tout pour sauter le mur de l’internat (pour entrer), les projets universitaires se sont naturellement effacés devant les premiers écrits à quatre mains.
Désirant ouvrir une librairie francophone dans le quartier des ferrailleurs de Bangkok, le couple s’en va en Asie. Malgré les masses de livres amenés sur place, l’affaire capote, laissant les apprentis libraires au cœur du monde, libres d’assouvir tant leur envie d’écrire ensemble que leur curiosité. Entre l’Asie du sud-est, la Chine et l’Inde, ils composent, entre autres choses, "Lèse-Raison", récit inédit d’un télégraphiste pris dans le Paris communard. Dès leur arrivée en Asie centrale, ils se passionnent pour l’histoire de cette région, qu’ils étudient en Ouzbékistan, à l’IFEAC. A l’endroit même de l’intrigue, ils écrivent un roman historique sur les routes de la soie du 8ème siècle : "Mille et dix mille pas" (2 tomes, éditions Vibration). Ils gagnent ensuite l’Afrique depuis le Moyen-Orient. Au Bénin, ils s’intéressent à la présence de soldats allemands parmi les troupes dahoméennes lors des guerres coloniales de la fin du XIXème. Ils parcourent ensuite l’intégralité du continent américain tout en collectant le matériau d’un essai sur l’animisme africain et les religions afro-américaines. Après avoir longtemps vécu au Mexique, où ils ont collaboré à diverses revues locales, ils décident de rentrer en France pour promouvoir leurs textes. Au gré de cette errance ininterrompue qui a duré 13 ans, Anne & Laurent Champs-Massart ont disséminé pas mal de choses : des caisses de livres, des poèmes et des amitiés, un jardin suspendu, des voix et des regards un peu partout, des rêves dans les bus… Ils ne rentrent pourtant pas les mains vides, rapportant de leur longue échappée un amour incommensurable pour la planète, bien des projets, une soixantaine de carnets tachés, ou encore le récit de tout cela. D'ailleurs, ils publient en avril 2020 la première partie de leur récit de voyage : "Libraires envolés, Bangkok-Damas", aux éditions la Bibliothèque.

Bibliographie

— Mille et dix mille pas, Tome 1, Samarcande aux pêches d’or, éditions
Vibration, 2019, roman historique.
— Mille et dix mille pas, Tome 2, La nuit des trois califes, éditions
Vibration, 2019, roman historique.
— Libraires envolés, Bangkok-Damas, éditions La Bibliothèque, collection l'Ecrivain Voyageur, 2020.

Extraits

Extrait de Mille et dix mille pas, Tome 1, Samarcande aux pêches d’or.

Les femmes offrirent très respectueusement une large part de viande au
gam, assis dans un coin de la hutte silencieusement. Lui seul, en tant
que shaman, pouvait entreprendre quelque chose contre l’odieuse déesse
Al, qui possédait soixante-dix seins, si flétris et ignobles qu’elle
devait les rejeter par-dessus son épaule pour libérer ses mouvements
et pouvoir commettre ses détestables actions. Al aime appuyer sur la
poitrine des femmes grosses, ce qui leur coupe le souffle et les
entraîne vers la mort. Il arrive parfois qu’elle arrache les poumons
des mères et des enfants, et qu’elle jette les organes dans un lac
pour ôter tout espoir d’aller les récupérer. Ses mains sont si
grandes, que chacune d’elles peut étrangler une gorge, et si crochues
que deux hommes ne peuvent lui faire lâcher ce qu’elle tient. Tout
Kirghiz sait qu’Oumay elle-même ne se risque point à passer sur
l’ombre d’Al.

Extrait de Mille et dix mille pas, Tome 2, La nuit des trois califes.

Il marchait toujours, les lèvres violettes, l’esprit figé ; son
haleine ne réchauffait plus les extrémités de ses doigts au bord de
tomber. S’il avait pu voir son reflet, il aurait su que ses yeux, qui
lui faisaient tant mal, devenaient blancs… Etait-ce un mirage
d’altitude ? Etait-ce un effet de ses yeux brûlés par la neige ? Le
voile limpide qui s’interposait entre lui et le monde s’amalgamait au
magma blanc et limpide que devenait ce même monde. La douleur qui lui
plaçait deux points au milieu des pupilles se présentait devant lui
comme deux points de feu, cerclés de noir, et qui bougeaient tout
seuls… Tout ce blanc, était-ce la neige, ou la cécité ? Et était-ce
encore les points de la douleur, accroupis dans la neige, là-bas, au
creux de ce rocher, ces deux formes, dont les chevelures rouges
brillaient comme deux points de feu cerclés de noir ? En faisant un
effort de raison, Bagavandak put reconnaître deux êtres humains.
Autant que le permettaient ses forces, il courut jusqu’à eux. L’un
n’avait plus son manteau, il regardait le ciel, il priait Tengri.
L’autre était allongée dans la neige, sous le manteau de Mu’ma, les
membres inertes, le visage figé. A leurs côtés les flocons
recouvraient le cadavre d’un cheval.
En entendant des crissements sur la neige, Mu’ma tourna la tête. Sans
un geste, sans surprise, il vit son ami sogdien en train de
s’approcher.
— Bagavandak, dit-il. Regarde : Baybitché est en train de mourir.

Ma bibliothèque

Klossowki, Cendrars, Musil, Broch, Babel, Spinoza, Yourcenar, Erigène,
Marcuse, Aragon, Carpentier, Villon, Genet, Kobo Abe, Jünger, Kafka.

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques