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Les écrivains / adhérents

Claude Ber

Poésie / Essais / Jeunesse / Théâtre
photo Claude Ber

Claude Ber, née à Nice, vit à Paris. Principalement poète et auteur dramatique, elle a publié une quinzaine de livres, auxquels s’ajoutent livres d’artistes, publications en anthologies et en revues. Elle a enseignée en lycée et en université puis occupé des fonctions académiques et nationales, intervenant parallèlement à Sciences Po. et à la Sorbonne. Elle donne de nombreuses lectures et conférences en France et à l’Etranger dans le cadre de colloques universitaires, de festivals et de manifestations de poésie.

Prix de l'Académie des Sciences Lettres et Arts de Marseille pour l'ensemble de l'œuvre poétique ( 1994)- Membre de l'Académie du Var (depuis 1987) – Officier des Palmes Académiques (1999)- Chevalier de la Légion d'Honneur (2001) - Prix International de Poésie Francophone Yvan Goll juin 2004.

Activité professionnelle
Agrégée de lettres sous son patronyme d'Issaurat-Deslaef.
Enseignement des lettres, de la philosophie et de l’histoire de l’Art en Lycée, à l'Université (Aix-en Provence) et en Ecole d'Art (Ecole d’art et d’architecture de Luminy à Marseille) puis à Sciences Po et à la Sorbonne. Agrégée de lettres, Inspecteur d'Académie-Inspecteur-Pédagogique Régional honoraire, elle a été chargée de mission d’inspection générale sur le théâtre dans l’enseignement.

http://www.claude-ber.org
Bibliographie

Principaux ouvrages
– Lieu des Epars, poésie, Editions Gallimard 1979.
– Alphabêtes, poésie jeunesse, Editions Lo Pais d'Enfance 1999.
– Orphée Market, théâtre Editions de l’Amandier, 2005.
– La Prima Donna suivi de L'Auteurdutexte, théâtre, Editions de l’Amandier 2006 (réédition).
– Sinon la Transparence 1996, poésie, réédition Editions de l’Amandier 2008 (réédition).
– Le nombre le nom, poésie, illustrations Claire Laporte, Editions Ficelles 2009.
– Vues de vaches, poésie, photographies de Cyrille Derouineau, Éditions de l’Amourier, 2009.
– L’Inachevé de soi, poésie, peintures Pierre Dubrunquez, Editions de l’Amandier, 2010.
– Méditations de lieux, poésie, photographies Adrienne Arth, textes C. Ber, J. Gardes, A. Arth, Editions de l’Amandier 2010.
– Le Livre, la table, la lampe, poésie, Éditions le Grand Incendie 2010.
– Libres paroles II, recueil de conférences, Editions Le Chèvre Feuille Etoilée 2011.
– La Mort n’est jamais comme, Prix International de poésie Ivan Goll 2004, Editions de l’Amandier 2011 (4ème édition).
– Aux dires de l’écrit, recueil de conférences et articles sur l’écriture, Editions Le Chèvre Feuille Etoilée 2012.
– Monologue du preneur de son pour sept figures, théâtre, Editions de l’Amandier 2013
– Epitre Langue Louve, poésie, Editions de l’Amandier 2015
– Il y a des choses que non, prose, Editions Bruno Doucey, 2017

Livres d'artistes
– Dix textes sur dix sérigraphies de Bernard Boyer Paris CREDAC 1988.
– Pixels, Livre d’artiste, Éditions du Presse Papier - Trois Rivières, 2005.
– Rotrouange des bien aimés, édition franco-russe, traduction Anne Arc, illustrations Serge Chamchinov, Editions de bibliophilie contemporaine Transignum 2006.
– Estampillé, Éditions de bibliophilie contemporaine Transignum, 2008.
– Habits à lire, Éditions de bibliophilie contemporaine Transignum, 2010.
– Ardoises, Éditions de bibliophilie contemporaine Transignum, 2010.
– Billet poème, Éditions Le billet-poème 2011.
– Boîtes Noires, Éditions de bibliophilie contemporaine Transignum, 2011.
– Je marche, photographies d’Adrienne Arth, Edition Les cahiers du Museur, coll A côté, 2011.
– A l’Angle, gravures Serge Chamchinov, Editions de bibliophilie Serge Chamchinov, 2011.
– Ecorces, gravures de Judith Rotchild, Editions Verdigris, 2012.
– L’atelier de Marc Giai-Miniet, Maison de la Poésie de Saint Quentin en Yvelines, 2013.
– Les Pourpres, Livre d’artiste texte Claude Ber, peinture Anne Slacik, Editions AEcrages 2015.
– Franchir, Livre d’artiste, texte Claude Ber, peintures Robert Lobet, Editions de la Margeride 2015.
– Paysages de cerveau, texte Claude Ber, photographies Adrienne Arth, Editions Fidel Anthelme 2015.

Publications collectives
– Superfuturs, fictions, Éditions Denoël, 1986.
– Une oeuvre de Georges Autard, essai, Éditions Muntaner, 1994.
– La Sagesse, essai, Éditions Autrement, 2000.
– La Langue à l'oeuvre, essai, Éditions Maison des Écrivains - Presse du réel, 2001.
– Les Écritures scéniques, essai, Éditions de l’Entretemps, 2001.
– Couleurs Solides, fictions, Éditions Marsa, 2003.
– Le corps met les voiles, essai, Éditions Le Chèvre Feuille Étoilée, 2003.
– Méditerranée, d’une rive l’autre, poésie, photographies d’Adrienne Arth, Éditions de l’Amandier, 2007.
– Aux passeurs de poèmes, essai, Éditions CNDP / Le printemps des poètes, 2009.
– Voix de l’Autre, Actes du colloque Littératures, Université de Clermont-Ferrand Editions PUF 2010.
– Burqa ?, essai, Claude Ber, Wassyla Tamzali, Éditions Le Chèvre Feuille Étoilée, 2010.
– Que peut la littérature en ces temps de détresse, Correspondances, Cahiers du Pen Club, Editions Calliopées, 2011.
– Style et création littéraire, Actes du colloque Université de la Sorbonne, Paris, 2011.
– La vie, je l’agrandis avec mon stylo, Editions Théâtrales 2012.
– Le ventre des femmes, fictions, Editions BSC publishing 2012.
– La poésie comme espace méditatif, sous la direction de Béatrice Bonhomme et Gabriel Grossi, Editions Classiques Garnier 2015
– Genre Révolution Transgression, sous la direction de Jacques Guilhaumou, Karine Lambert & Anne Montenach, dir. Collection : Penser le genre, Domaine : Histoire générale, Presses Universitaires de Provence, Aix Marseille Université, 2015

Anthologies
– De Godot à Zucco : Anthologie des auteurs dramatiques de langue française 1950-2000, par Michel Azama, Editions Théâtrales et CNDP, 2003.
– Métamorphoses, Éditions Seghers Poésie d’abord, 2005.
– Anthologie Amicale des Poètes des Parvis Poétiques, Éditions La Passe du vent, juin 2007.
– La poésie est dans la rue, 101 poèmes contestataires, Éditions Le Temps des cerises 2008.
– L’Année Poétique 2008, Anthologie Seghers, Éditions Seghers, 2008.
– Richesse du livre pauvre par Daniel Leuwers, Editions Gallimard 2008.
– Poésie Gratte-Monde, Revue Bacchanales, Maison de la Poésie Rhône Alpes 2009.
– Et si le rouge n’existait pas, Editions le Temps des cerises 2010.
– La femme est un songe, Editions L’Aiguille 2010.
– Couleurs Femmes, Editions Le Castor Astral 2010.
– Nous la multitude, Editions le Temps des cerises 2011.
– Anthologie 21 Québec, 2010.
– Anthologie BIPVAL (Biennale des poètes en Val de Marne) 2011, Action Poétique, 2011.
– Anthologie de la poésie érotique féminine française contemporaine , Giovanni Dotoli, Editions Hermann 2012.
– Enfances, anthologie Printemps des poètes 2012, Editions Bruno Doucey, 2012.
– Anthologie Pas d’ici pas d’ailleurs, Editions Voix d’encre, 2012.
– Les voix du poème, anthologie Printemps des poètes 2013, Editions Bruno Doucey, 2013.
– La poésie au cœur des arts, anthologie Printemps des poètes 2014, Editions Bruno Doucey, 2014.
– L’insurrection poétique, Manifeste pour vivre ici, Editions Bruno Doucey, 2015.


Associations et jurys littéraires
Membre du Conseil d'Administration du CIPM (Centre International de Poésie de Marseille)- Présidente fondatrice du Prix et Rencontres Européens Evelyne Encelot. (depuis mars 2001). Membre du jury du prix « Le printemps des poètes à Colombes » mai 2004 – Présidente du Jury du Prix de poésie « Poésie en Liberté » 2005- Membre du jury du prix de poésie de Saint Quentin en Yvelynes 2005. -Membre de la SACD, de la Société des gens de Lettres, de la Maison des Ecrivains et du Pen–Club International- Membre fondatrice de Tribune Oïkos Peinture Poésie - Magazine littéraire et artistique ( radio locale 1994-1995)- Présidente du Jury du Prix Forum Femmes-Méditerranée depuis 1994.- Membre du Jury du Prix du Jeune Ecrivain de Muret sous la présidence de Roger Vrigny ( 1991-1995) - Membre du Jury du prix de la nouvelle de Fuveau (1997)- Présidente puis Membre du Conseil d'Administration de LUK.M Compagnie Frédérique Wolf-Michaux. Coordinatrice du secteur ZBK Poësis.- Membre du Jury Poésyvelines 2005 - Préface du Prix de Poésie Poésie en Liberté. Préface du Prix de poésie de la Ville de Dijon– Membre du jury du Prix poésie du Conseil général 92, 2011- Membre du jury du Prix Léon Gabriel Gros 2011- membre du jury du Prix Venus Khoury Ghata.

Extraits

Extraits de la Mort n’est jamais comme, éd. de l’Amandier 2006 (Poésie)

Découpe 1
Le petit, le minuscule indécis d'exister. Qui s'effraye du spectacle de sa destruction. Dans l'arche muette des aimés disparus, une pierre absente. Et un magnolia. L'arrière du mutisme. Dans son mumure ou sa faconde. Identiquement hors jeu et hors joue. Dans l'outrepassé de la bouche. Tel un basculement venu des bords. L'incurvé d'un espace inadmissible. Une trappe dans le front. D'où sortent des histoires d'idiot du village et des moineaux. Le socratique taon d'Athènes. La vigilance. Un bric à brac bouffon de fin de millénaire. Comme dégorgent les escargots entre les grilles d'un panier à salade rouillé, le jus du langage.


Ce qui reste (extraits)
Ce qui reste parfois je l'appelle poème
car toujours le poème n'est que
ce qui reste une fois que
après que
avant que
ou alors il ne reste rien
ce qui reste de mémoire dans le corps et ce qui reste de mots pour dire une fois tu l'emballement des mots qui s'écoutent
- peut-être par défaut mais c'est le mot qui me reste-
comme
d'ici où j'écris sans savoir ce qui va rester ou même s'il va rester
comme
par exemple quand une fois déserté et deshabité - enfin - le nom
il ne reste que
ce qui reste de la soustraction
- quand écrire est soustraire et par ce retrait saisir-
ce peut être
parfois
ce qui reste de la poésie
Quant à ce qui reste du poème ou s'il en reste, il m'arrive de m'en inquiéter comme d'une parole de ma mort tout en sachant qu'elles sont indifférentes cette parole et ma mort. Je m'en inquiète par sursauts du corps et de la conscience, mais jamais autrement. Sinon la colère m'envahit comme si me menaçait cette asphyxie que provoquent les systèmes avec leurs orthodoxies et leur anathèmes. Cela est sans doute injuste, mais tant pis. J'ai préféré les mystiques aux dévots et le silence aux dogmes. Si bien que je profère peu de paroles que je ne rature aussitôt après jusqu'à ce qu'il n'en reste rien ou presque rien. Cette lacération de beaucoup de ce que je dirais et cette douleur c'est ce qui reste de mon histoire avec la philosophie. Quelques fragments des cahiers de Wittgenstein et la définition spinoziste du bien comme augmentation dans l'être et du mal comme diminution dans l'être,
c'est ce qui reste
avec le poème
avec le poème surtout
comme un essai très difficile très prudent de réconciliation
tant je redoute ce qui se dit de et ce qui se dit sur
comme un essai de parole
qui cesse de
et cette cessation
ce qui reste une fois que cesse la tyrannie de la parole
je l'appelle poème

De toute façon ce qui reste, je l'entends ceux qui restent
écoutant ta mort dans les mots
qui ôte parole à la parole
et ce qui reste quand on est de ceux qui restent et soi-même ce qui reste
est tellement rien de la parole
absence de langue dans cette absence qu'est déjà la langue
trou dans un trou
que
les mots disant ce vide et cette absence les comble
comme
les pelletées de terre comblent la tombe
et les mots qui restent emplissent ma bouche
comme
la terre emplit la tienne

Ce qui reste de toi
par exemple tes pieds devenus rigides
que l'on n'avait pas pu faire entrer dans tes chaussures
je revois ces chaussures mal mises
et cela me travaille
de n'avoir pu remettre tes chaussures mal mises
comme
si tu avais à marcher
comme
si tu marchais

(…)

Ce qui reste, c'est parfois trop
trop muet et trop prolixe pour une bouche
ce n'est pas le silence qui reste c'est le mutisme
et le ciel parcourt le ciel
immobilement

Ce qui reste des morts
c'est aussi le ménage des morts
après la mort solitaire du père j'ai fait le ménage
les vêtements le linge la vaisselle les papiers les objets
on trie on jette on donne on prend on range
ce ménage de la mort je l'ai fait ensuite pour des morts familiaux plus lointains: pareil le linge, les vêtements, les meubles et même pour une très vieille morte par surprise en plein mois de juillet d'une crise cardiaque et emportée deux jours après par les pompiers, le ménage des premiers vers: de gros vers blancs qui courraient sur le carreau à l'emplacement du corps
et pareil le linge, la vaisselle, les meubles, les papiers
et maintenant le ménage de toi
celui- là impensable
et pareil ce qui restait de toi et de toute ta, nôtre...
le linge les habits les papiers les livres
un an entier a duré
ce ménage de ta mort
vidant sac par sac
moi aussi vidée
sac par sac
et maintenant qu'il faudrait vendre la maison où ont échoué ces restes des morts et que je vide tout c'est
comme
s'il fallait que je me charge du ménage de ma propre mort

(…)

Dans ce qui reste, j'entends ceux qui restent
et moi restant à l'inventaire de ce qui reste de toi de nous, mémoire gibecière prolifique même si pleine d'oiseaux tués
il reste il reste il reste tant que
que je voudrais dire tout ce qui reste sortant de ma bouche des brassées de rubans de colombes de lièvres de tisons de foulards
en quantité inimagineable
c'est incroyable ce qui reste d'une vie
cette immensité dans la mémoire
et je voudrais dire
toute cette immensité soustraite
il faut que je dise toute cette et puis non
la mort fait des mots une obscénité
ce qui reste n'appartient qu'à moi qui appartiens pour mi part à la mort
et ce qui reste de ma vie à ce jour c'est ta mort
(…)
J'entends ceux qui restent
et je n'entends plus rien
Ce qui reste de toi
je ne peux pas l'imaginer
pas imaginer ton visage, tes yeux ta bouche sans leur chair ou ta chair pourrissante ou tes yeux - tes yeux d'un regard extrême et inépuisable- avec les pupilles crevées par les gaz de la fermentation
je sais, peux voir même
mais je n'entends pas
je n'entends pas ces mots là
ils sonnent blancs
je ne les comprends pas
ce sont des mots écrits mais d'impossibles paroles

J'entends ceux qui reste dans ce qui reste et dans ce labour du vers qui retourne mes mots j'entends soudain vers
comme
vers de cadavre
où bien je lis dépouille et le mot fait défaut
jusqu'à
n'être plus qu'une dépouille sonore et j'entends des pouilles ou dé pou yeux ou
jusqu'où
la langue part en lambeaux
jusqu'à
ce que je ne comprenne plus ce dont je parle comme
dans cette difficulté que j'ai à dire "tu n'es plus"
onestmortouvivantmaisonestencorequelquechosen'être plusc'estnepasêtreêtremortc'estêtremortetn'êtreplusvivantouimaissiêtremortc'estn'êtreplusrienalorsn'êtreplusveutbiendireetplusrienneveutriendireetsurtoutpasvouloiret
et comme ça des heures durant
et ces bruissements sous les mots qui les effritent c'est aussi ta mort

(…)

Lieu de vie

Île-de-France, 92 - Hauts-de-Seine

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers d'écriture en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences