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Les écrivains / adhérents

Christophe Fourvel

Roman / Nouvelle / Jeunesse
photo Christophe Fourvel

Je suis né en 1965 à Marseille. En 1991, j'abandonne une thèse en neurophysiologie et travaille (quelques mois) au Centre International de Poésie de Marseille avant de devenir libraire (quelques années) à Brignoles dans le Var. Je vis à présent dans le Doubs (depuis quinze ans), terre de compromis géographique entre le Vieux Port et l’île Gotland, dans la Baltique, que j'affectionne particulièrement. Jusqu’en octobre 2006, je travaille comme chargé de mission au Centre Régional du Livre de Franche-Comté, à Besançon. Je m'y suis plus particulièrement occupé de la création et de la rédaction d’une revue littéraire, Verrières, avant de tenir à jour le site Internet de la structure.
De septembre 2006 à juin 2008, je travaille en collaboration avec le théâtre Le Granit, Scène nationale de Belfort et ai en charge des ateliers d’écriture en milieu scolaire ainsi qu’au sein du théâtre, auprès d’un public adulte. Depuis, toujours en tant qu’écrivain-animateur d’ateliers d’écriture, j'interviens régulièrement dans d’autres théâtres (L’Allan, Scène Nationale de Montbéliard, Les Scènes du Jura-Scène nationale, Le Grand R-Scène nationale La Roche-sur-Yon...), de nombreux établissements scolaires (de la maternelle au supérieur), diverses structures comme les prisons (Maison d'arrêt de Besançon), les hôpitaux psychiatriques (C.H.S. Saint-Ylie), les musées (Musée des Beaux-arts de Besançon), les Centres de long séjour, les M.J.C…

Au printemps 2012, j'obtiens une bourse du Conseil Régional de Franche-Comté pour l’écriture d’un roman, intitulé « Le Mal que l’on se fait », paru en janvier 2014 aux éditions La Fosse aux Ours. Ce roman est sélectionné pour le Prix littéraire des lycéens, apprentis et stagiaires de la formation professionnelle en Île-de-France 2014/2015 ainsi que pour le prix Marcel Aymé 2014.
Mars-octobre 2015 : Résidence Île-de-France avec l'association Mémoire de l'Avenir, Paris. remue.net/spip.php?rubrique819 & www.m-e-l.fr/fiche-residence.php?id=16
Je suis actuellement, et jusqu'en octobre 2019, en résidence d'écriture au Lycée Jacques Brel de Choisy-le-Roy (conseil régional d'Île-de-France)

Thèmes
l’intime, le voyage, le cinéma, la transmission. Les oeuvres des autres, la manière dont elles traversent nos vies.

Photo © Brigitte Chartreux

Bibliographie

Livres publiés en édition courante
– Chroniques des années d'amour et d'imposture (roman), Médiapopéditions, mai 2019
– Ce qu'il aurait fallu, éditions L'Atelier contemporain, 2017
– Tant de silences (préface Jean-Marie Blas de Roblès, dessins de Jean-Pierre Schneider), éditions l'atelier contemporain, 2016.
– Le Mal que l’on se fait, éditions La Fosse aux ours, 2014
 (Prix Marcel Aymé 2014)
– Une vie d'ours (livre jeunesse illustré par Janik Coat) Le Baron perché éditeur, 2012

– Raqa, l'histoire n'est encore qu'un regard d'enfant, Médiapopéditions, 2011

– Bushi no nasake (La tendresse du guerrier), éditions La Fosse aux ours, 2011

– La dernière fois où j'ai eu un corps (avec des illustrations de Natalie Lamotte), éditions du Chemin de fer, 2011.

– Portraits de femmes magnifiques, éditions L’Escampette, 2008

– Les Balais d’Irina (livre jeunesse illustré par Corinne Salvi) éditions La Cabane sur le chien, 2008
– Montevideo, Henri Calet et moi (ouvrage accompagné de photographies de Lin Delpierre) éditions La Dragonne, mai 2006

– Tous les cinq (livre jeunesse illustré par Violaine Morlange) éditions La Cabane sur le chien, 2005
– Anything for John, éditions La Dragonne, 2005

– Des hommes, éditions La Fosse aux ours, 2002 

– Journal de la première année, éditions La Dragonne, 2001 

– Dumky, éditions La Fosse aux ours, 2000
– Derniers Paysages avant traversée, éditions La Fosse aux ours, 1999

Ouvrage collectif

– Un même moment d’existence (avec Geneviève Pernin et Lin Delpierre), Mediapopéditions, 2013

– À chacun sa cabane, éditions La Cabane sur le chien, 2009.
– Il me sera difficile de venir te voir — correspondances littéraires sur les conséquences de la politique française d'immigration
 (sous la direction de Nicole Caligaris et Éric Pessan), éditions Vents d'ailleurs, 2008
– Tomber la frontière ! (sous la direction de Joël Isselé et Salah Oudahar), éditions L’Harmattan, 2007


Livre d’artiste à tirage limité

– Le Torchon d'Héraclite, éditions Callipyge, collection Les torchons littéraires
, 2008
– Pickpocket (avec la plasticienne Stéphanie Radenac)
 éditions Callipyge, 2002

– Donnez-moi des roues (avec Philippe Fusaro et Velibor Colic) éditions du Caillou, collection Mobil home(s) 2000

Textes pour la scène
– La dernière fois où j'ai eu un corps, texte mis en espace par Anne Monfort et dit par Laure Wolf, Théâtre Le Granit, Scène nationale de Belfort, Mars 2010.
– Passer outre, chorégraphie Geneviève Pernin, création L'Allan, Scène nationale de Montbéliard, mars 2009

– Sous les couches et les couches de peinture, le pigment de la peau, texte (co-écrit avec Geneviève Pernin) pour un solo de danse contemporaine conçu et dansé par Geneviève Pernin (avec des contributions filmiques et sonores d’Isabelle Singer, de Marcel Rodriguez et d’Alain Michon). Création au théâtre de Morteau en 2006.

– J’ose la pose - un parcours, Textes pour une exposition-performance créée par Geneviève Pernin, danseuse et chorégraphe, à la galerie de l’École des Beaux-Arts de Besançon en 2005 (avec des contributions plastiques ou sonores de Lin Delpierre, d’Anne Vauclair, d’Isabelle Singer et d’Alain Michon).
Recréation : septembre 2008 à Montréal, Canada.

– Casa blù, texte pour une chorégraphie d'Odile Cazes, Théâtre de la Minoterie, Marseille, 1991

Chroniques littéraires
— Depuis 2009, je tiens une rubrique littéraire régulière dans le magazine Novo, intitulée « Le Monde est un seul ». Il s'agit d'une page évoquant, sans souci d'actualité, plusieurs œuvres voisines dans leur esprit, leur conception et pouvant être issues de toutes les disciplines artistiques. Le magazine Novo est une revue gratuite disponible dans tous les lieux culturels des régions du Grand Est.
— De janvier à juin 2013, je collabore de manière irrégulière, au supplément « Livres » du journal Le Monde.
— De 2000 à 2013, j'écris régulièrement des articles sur des parutions dans la revue C.C.P. (Cahier Critique de Poésie) éditée par le Centre International de Poésie de Marseille.

Résidences
—2019 de janvier à octobre, résidence d'écriture d'Ile-de-France, en partenariat avec le lycée Jacques Brel de Choisy-le-Roi
— 2015 : de mars à octobre, résidence dans le quartier de Belleville, à Paris, en collaboration avec la galerie Mémoire de l'Avenir, grâce à une bourse du Conseil Régional d'Ile-de-France.
— 2011 : résidence d'écriture à la Villa Marguerite Yourcenar (59).
Durée du séjour : 2 mois.
— 2007 : résidence de création lors du Festival Les Arpenteurs (38)
Durée du séjour : 15 jours.
— 2006 : résidence dans la Ville de Nancy (54)
Durée du séjour : 6 mois (intervention hebdomadaire dans une école primaire ainsi que dans un centre médico-social)
—2002 : mission Stendhal en Uruguay pour l'écriture du livre Montevideo, Henri Calet et moi. Durée du séjour : 1 mois.

Extraits

Extrait de Chroniques des années d'amour et d'imposture, Médiapopéditions, mai 2019

Nous avons une histoire débutante avec Harriet et elle s’écrit sur des petites feuilles Bristol que des facteurs de nos deux pays amis dorlotent à des heures très matinales, où nous gardons tout loisir de rêver. Ils collaborent avec autant de discrétion que de vélocité pour enchanter nos réveils. Un viking baraqué ouvre une boîte aux lettres encore gelée au bout d’une rue enneigée puis remet une petite enveloppe colorée à un Suédois attentionné qui la remet à un Suédois attentionné qui la remet à un Français consciencieux qui la remet à ma factrice blonde et rondouillarde qui ne veut pas me dire son prénom. Ça marche dans les deux sens. La part la plus éthérée de nos vies est entre les mains de fonctionnaires dévoués et sous le contrôle d’une haute technologie financée par nos États. Je finis par écrire « J’arrive ». Harriet me répond « Si tu veux ». Je réponds « OK ». Je pose le pied sur une neige d’avril un peu dure, l’extase débute. J’ai dormi trois heures mais cela ne fait rien, je suis prêt pour une nuit boréale, interminable et torride. J’arrive dans la gare de Gävle que je prononce mal à cause d’un mépris très français pour le tréma, dès qu’il quitte la tête du « e » ou du « i » . Je hume à pleins poumons la couche d’exotisme qui tavelle l’impression première du voyageur insomniaque : les publicités incompréhensibles, les billets de banque chatoyants, la lumière des halls de gare, les enfants qui braillent en V.O. des caprices universels.

Harriet est là. Elle n’est pas tout à fait la Harriet que j’avais soumise à mes neurones les plus libidineux après les quelques secondes que nous avions passées ensemble en bordure de la pluie, mais je m’en fous. Je gambade dans mon monde miniature et féérique que je transporte depuis plusieurs semaines sous sa cellophane bienveillante. C’est le moment de le déballer pour mordre dedans et je ne vais pas le remiser tout de suite, même si je constate que Harriet ne s’est guère apprêtée pour me recevoir. Elle a l’air de se réveiller, d’avoir rapidement passé sur son corps de princesse, un jean, une polaire et plein de petits carreaux multicolores sur le haut de sa beauté. Sa poitrine en déforme certains. Elle est chaussée comme tous les gens raisonnables en milieu hostile, plus préoccupée par la marche dans la neige que par la courbure aphrodisiaque de ses mollets.
Nous ne nous embrassons pas. Nous nous regardons. Je lui effleure la joue pendant qu’elle me sourit.
Nous montons dans sa voiture, et je trouve tout beautiful : la lumière blafarde de ce matin paresseux ; les bouteilles de bière en plastique d’un mètre cinquante de haut enluminant la façade des pubs ; l’entêtement rectiligne de la route unique et le deal silencieux que celle-ci a dû passer avec les mélèzes pour s’offrir ce tracé impeccable. Harriet commente chaque portion du paysage dans cet anglais parfait qui me demande beaucoup d’efforts. Elle n’habite pas tout à fait Gävle mais Sandviken, soit 25 km sur la route de Falun, et je comprends qu’elle m’a ainsi évité une ultime correspondance en train. Je lui en suis reconnaissant, d’autant plus que dans l’habitacle de la voiture, le froid entreprend, en léger différé, de fabriquer dans mes membres une énorme quantité de fatigue.

Lieu de vie

Bourgogne-Franche-Comté, 25 - Doubs

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers d'écriture en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire