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Les écrivains / adhérents

Fabienne Jacob

Roman / Nouvelle
photo Fabienne Jacob

Fabienne Jacob est née le 25 novembre 1959 à Créhange en Moselle. Elle vit et travaille aujourd’hui à Paris.
Elle a publié un recueil de nouvelles et cinq romans dont Corps et Mon âge qui ont été salués par la presse et le public. Le trou noir de l’origine et de l’enfance, le corps et la sensation sont la matière de son oeuvre.

Bibliographie

– Les Après-midi, ça devrait pas exister, Buchet-Chastel, (Prix Renaissance de la nouvelle), 2004
– Des Louves, Buchet-Chastel, 2007, Points, 2008
– Corps, Buchet-Chastel (Prix Thyde Monier), 2010, Folio, 2012
– L’Averse, Gallimard, septembre 2012
– Mon âge, Gallimard (Prix Georges Sadler), septembre 2014, Folio, 2015
– Les Séances, Gallimard, 2016

Résidence d'écriture
à Québec à l’Institut canadien du Québec, en Allemagne (Eindhoven), en Suisse (Château de Lavigny), à Sarreguemines (57) et à Mouans-Sartoux (O6)

Extraits

Soudain le corps de la bouchère m’apparaît. Nu, blanc et laiteux, débarrassé de l’éternelle polaire sans manche. On ne peut s’empêcher d’y penser. Tout le monde y pense. Elle dans les bras de lui. Blanc contre rouge. Ses doigts à lui se baladant sur son corps à elle. Les doigts rouges redeviennent-ils vraiment blancs le soir une fois qu’il les a lavés et frottés à la brosse ou au contraire la couleur rouge s’est-elle infiltrée à l’intérieur des doigts, une cochenille sournoise et tenace ? Et la matière de dessous les ongles, celle qui est molle et pourpre, elle est passée où ? On ne sait pas non plus si l’odeur de la viande crue a disparu ou non. Peut-être qu’au contraire elle s’est glissée sous les draps et sa chemise de nuit à elle. La femme du boucher s’est habituée ou alors elle tourne la tête, ferme les yeux, les narines, le sexe. Elle revoit les deux lits jumeaux dans la pénombre elle et sa sœur s’amusant à imaginer leur vie de quand elles seraient grandes, leur mari, le prénom de leurs enfants à venir. Quand leur mère venait vérifier que la lumière était bien éteinte elles feignaient de dormir.
Extrait de Corps

Je le sais maintenant, c’est au bord des rivières qu’on est le plus heureux. Comme la plupart des gens, j’ai vécu presque toute une vie sans le savoir. Les parents devraient dire à leurs enfants Va le plus souvent que tu peux au bord des rivières. Aucun parent ne le dit jamais à aucun enfant dommage.
Je l’ai découvert tard sans que personne me l’ait dit.
C’est au bord des rivières que la lumière est la plus belle. Une lumière verte, un miracle, le secret des roseaux et des grands arbres soumis qui bordent la rivière reflue et moire à la surface de l’eau. La couleur de la rivière n’a pas de nom, entre vert et brun, bouteille et bronze, nul ne sait, une couleur qui coule, car la rivière est avant tout courant, quand on est sur la rive on voit de grandes herbes comme de longues servantes filiformes qui se penchent et se plient au vœu unique de la rivière, toujours le même, suivre le courant. La rivière a aussi un son, presque aussi doux que le vent du soir dans la peupleraie ou le souffle de quelqu’un auprès de qui on dort et qu’on aime.
Extrait de Mon âge

Ma bibliothèque

Phèdre, Racine
Cœur des ténèbres, Joseph Conrad
Le bruit et la fureur, William Faulkner
les Oiseaux, Tarjei Vesaas
Vies minuscules, Pierre Michon
Organes, Marie-Hélène Lafon

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

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