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Les écrivains / adhérents

Patrick Goujon

Roman / Nouvelle
photo Patrick Goujon

Né en 1978, Patrick Goujon a grandi en banlieue parisienne.
Ses romans ont pour thème commun le passage de l’enfance à l’âge adulte, la fuite du temps, et pour décor la banlieue. La langue orale y occupe une place importante, ce qui l’amène à écrire pour le théâtre.
En 2007, sa première pièce reçoit la bourse d’aide à la création du centre National du Théâtre, ce qui lui permet d’achever l’écriture d’une deuxième lors d’une résidence à La chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, laquelle sera également soutenue en 2009 par le CNT.
Depuis plusieurs années, Patrick Goujon travaille par ailleurs comme éducateur scolaire et intervient régulièrement auprès du jeune public.

De décembre 2015 à mai 2016 : Résidence Île-de-France à la Société des Gens de Lettres, Paris 14ème. remue.net/spip.php?rubrique929 & www.m-e-l.fr/fiche-residence.php?id=16.

Bibliographie

Littérature adulte
– A l'arrache, roman, Gallimard, 2011
– Hier dernier, roman, Gallimard, 2008
– Carnet d’absences, roman, Gallimard, 2005
– Moi non, roman, Gallimard, 2003

Nouvelles
– Sous silence, Actes Sud junior, 2011
– Ligne de départ, pour le recueil Va y avoir du sport !, Gallimard jeunesse, 2006
– La source, pour le recueil De l’eau de-ci de-là, Gallimard jeunesse, 2005

Extraits

Carnet d’absences
J’ai un carnet dans lequel je note des choses. Zéro impression, zéro journal intime, uniquement des faits : qu’est-ce que j’ai mangé, qu’est-ce que j’ai fait dans la journée, je scotche un ticket de ciné ou une fleur toute nase entre les pages, et s’il se passe un événement grave, jamais quasiment, je fais une exception en écrivant ce que je ressens en une seule phrase. Je suis triste, J’ai mal au cœur, J’ai eu très peur, J’ai voulu disparaître. Détailler plus, j’ai déjà vu que ce n’était pas possible sans déformer la vérité. Ce n’est pas possible d’écrire la vérité qu’on ressent avec plus de huit mots, qu’ils soient bien tournés ou non.
J’ai fumé une cigarette à la fenêtre. Ça me fait l’impression de cracher sur les jacasses à mon ancienne école qui disent que c’est pour faire genre, les jalouses qu’arrivent même pas à crapoter. Là, c’est juste pour regarder les lumières à travers mon souffle et avoir tout l’intérieur du corps qui se détache. Je pourrais marquer ça, en biais : Fumé ma première cigarette seule. Tout le long de l’horizon, y a des lucioles synthétiques qui meurent tous les jours et toutes les nuits reviennent à de nouveaux endroits.

Hier dernier
Le ciel tirait au fuchsia, au crépuscule, éventré, des déclinaisons infinies de couleurs dans chaque entaille. Le soleil arrosait la mer de larges faisceaux, on aurait dit des révélations, des spots, des coups de projecteurs sur les profondeurs marines, et ça faisait des ovales dans l’eau, des cercles gondolés à la surface de l’eau ondoyante et limpide, à travers laquelle pointaient les récifs. On buvait et on s’allongeait et on s’embrassait, entre couples, on sentait le vin le crabe le rhum le citron la transpiration le sel, sans se poser la question de combien de temps ça durait, étendus là, enlacés là, d’une fin de jour incompressible à l’aube, combien ?

Lieu de vie

Île-de-France, 94 - Val-de-Marne

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers d'écriture en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire