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Les écrivains / adhérents

Florentine Rey

Roman
photo Florentine Rey

Florentine Rey a 35 ans. Elle vit et travaille à Saint-Etienne.
Des études de piano intensives (classe musicale à horaires aménagés) affinent sa sensibilité, lui apprennent l'exigence mais l'isole. Une année d'hypokhâgne lui fait rencontrer la philosophie. En 2000, elle obtient le diplôme des beaux arts et crée la même année une structure de production artistique où se croise l'art et la technologie. Six ans plus tard, installée au château d'Hérouville, dans le Val d’Oise, la nécessité d'écrire et de créer la rattrape.
Le destin place alors Jacques Lanzmann et Yves Michalon sur son chemin. Dès l'annonce de la publication de son premier roman, elle quitte Paris toutes affaires cessantes et part sur les routes de France, inspirée, rêvant de pouvoir se consacrer un jour pleinement à son travail d’écriture, qu’elle considère comme un travail d’invention, d’exploration et d’expérimentation, garant de sa liberté de penser.
Avec Blandine-Marcel, elle s'est créée un personnage atypique et multiple, tantôt homme, femme, enfant, probablement à l'image de ceux qui l'accompagnaient autrefois dans son imaginaire d'enfant.
En complément de son travail d’écrivain, Florentine Rey a développé une pratique d’ateliers d’écriture, qu’elle mène dans le cadre de l’association Paragraphe, à Lyon (www.ateliers-paragraphe.com) et dans le cadre du programme SOPRANO Rhône-Alpes.

Les thèmes abordés par l’auteur dans ses deux premiers romans
Blandine-Marcel s’articule autour de la création de mondes imaginaires et de l’invention d’un double. Ce double pose une distance dans le rapport à soi, permettant ainsi à l’auteur de mieux se raconter.
Le tome 2 est une critique du monde de la grande entreprise. En effet, la narratrice et son double décident de créer une société de fabrication d’oreillers fantaisie, qui va se heurter à la concurrence, connaître des déboires avec des lapins, des roumains, un PDG possessif et des consultants sans scrupule…

http://www.blandine-marcel.fr
Bibliographie

– Blandine-Marcel, Michalon, 2006.
– Blandine-Marcel 2, Business Story, Michalon, 2007.
– Mon oeil !, roman graphique, éditions des Ronds dans l'O,
prix Olympe de Gouges, 2010

Extraits

Extraits Blandine-Marcel :

Marcel, mon frère imaginaire, s’est fait désintégrer un jour à la sortie de l’école, par une autre mère interrogeant tout simplement la mienne : « Comment va votre fils aîné ? » Et là, fini l’Empire Marcel, il a sombré. Elles me l’ont exécuté sur le parvis, devant témoins et il a fallu que je distribue moi-même les tracts de démenti : ma mère ne voulait pas de fils aîné. Ainsi, pour ne pas laisser tomber l’imaginaire, j’ai travesti mon frère en fille. Marcel est dès lors devenu Blandine, Blandine-Marcel pour les intimes, histoire de ne pas oublier ses origines.
Si on déjeune à 11 heures, en se levant à 6 heures et en se couchant à 21 heures, on aura plus de temps pour s’amuser, pour s’égarer, et surtout pour préparer notre voyage. Il est temps de partir, temps d’aller poser ailleurs nos pensées infantiles et sauvages. L’heure est venue de s’offrir du bonus, du « en plus », du trop, du pas prévu, du follement, de l’exclusif, de l’excessif, du brut, pas monstrueux, pas surhumain, pas superflu non plus, pas trop quand même, du « qui empiète », qui prend de la place, injuste et plein.
Nous voulons protéger l’espoir, rendre à César, éclairer la route et ne pas se tromper, aller jusqu’au bout, pour pouvoir revenir et tout raconter. Il faut se sacrifier, soustraire au collectif organisé, faire fonde la tripe, celle qui déborde du peu de chair qu’il nous reste. Sauf que Blandine-Marcel et moi, on a plus qu’une tripe pour deux, l’autre on se l’est fait bouffer.


Extraits Blandine-Marcel 2, Business Story :

« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie et sans dire un seul mot… » Foutaises ! Ça nous fout les boules, ça ! On a de quoi le refaire, nous, le poème : « si tu peux supporter de te faire absorber, d’obéir à l’argent, au profit, au marché… »
On regarde l’horizon, toujours aussi loin, mais on a les joues qui tombent, la volonté qui baisse, le menton qui s’affaisse. Ça ne suit plus, on dégouline. On en veut rien arranger, personne, rien négocier. On refuse de fusionner ou d’intégrer. On pourrait pourtant disposer d’une jolie voiture, des sièges en cuir à l’intérieur et un message en anglais sur notre répondeur.
Nous sommes empêchées par la banque, le groupe S&P contrôle les forces et les grandes directions, on va se faire piétiner. Nous qui voulions la liberté, les moyens de dire, d’agir, d’affronter, de résister, de pouvoir couper la télé ! On vacille, on perd le cap, ça ne se répare pas le chaos. Ce n’est plus notre combat. On va liquider le bizness avant qu’il ne soit trop tard. Essayer de continuer comme à l’accoutumée ne fera qu’aggraver la crise. On va s’autodétruire, pour aller s’inventer ailleurs ! Il y a un problème d’enchaînement dans les emmerdements, ils arrivent tous au même moment ! Il est temps de changer de stratégie, de revenir à « je peux, je veux, j’ai envie ».

Lieu de vie

Rhône-Alpes, 42 - Loire

Types d'interventions
  • Ateliers en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire