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Les écrivains / adhérents

Ghislain Ripault

Poésie / Roman / Nouvelle / Essais
photo Ghislain Ripault

Ghislain Ripault est né en 1947 d’une famille prolétaire à Rosny-sur-Seine (Yvelines). Ses parents étaient tous deux ouvriers chez Singer. Après des études de philosophie à Nanterre, il enseigne trois ans au Maroc (1968-1971) : expérience cruciale. Depuis, sorte de militant littéraire : revuiste (cofondateur : Barbare, Mot pour mot ; rédacteur : Contreciel ; collaborateur : Esprit, Kalima, Baraka, Notre librairie, Afrique-Asie, Politis…), éditeur (a publié ou fait publier de nombreux auteurs, souvent étrangers, certains emprisonnés tels le poète marocain A. Laâbi, le romancier vietnamien Duyên Anh, le dramaturge uruguayen M. Rosencof, chez une douzaine d’éditeurs ; récemment chez Fayard, le romancier philippin F. S. José), co-traducteur. Correcteur professionnel. Écrivain, a publié une quinzaine de livres. Membre du jury du Prix Prométhée de la Nouvelle.
Sur son travail :
- Un numéro de la revue Epistoles, « Ghislain Ripault, Translittérature express », 2001
- un documentaire réalisé par Guy Lavigerie, La parenthèse, Ateliers Varan, 2003.

Bibliographie

Publications personnelles
– L’Extravagance des muets, poèmes, P.-J. Oswald, 1972
– Le Singe de l’encre, nouvelles, Denoël, 1972
– Charcute-moi ces sabots de sphinx, récit, Plasma, 1975
– Créer à Patmos, poèmes, Barbare, 1975
– Pornoccident ô mon amour, récit, Barbare, 1977
– Transquotidien express, chroniques, Encre, 1979
– Allez vous souvenir de commencements, roman, Rupture, 1982
– Écrits de peu de traces, 1970-1985 poésies, Éditions Dominique Bedou, 1985
– L’Ordinateur lyrique, récits, Arcantère, 1989
– Digressions caractérisées, roman, SPM, 1994
– Lettres de rupture et autre produits finis, récits, Parc, 1998
– Exécutions intimes, nouvelles, Le Cherche Midi Éditeur, 2000
– Outre l’Atlantique, récits de voyage, Epistoles, 2002
– Le Désert de l’empailleur, roman, Rhubarbe, 2006
– De l'abîme ordinaire, Scènes, Rhubarbe, 2009
– Dis-moi, nouvelles, Rhubarbe, 2012
– Dix fois quelque chose plutôt que rien, récit, Rhubarbe, 2014

Cotraductions de romans
- Sébasto’s Angels, d’Ana et Cacho Vasquez (Chili), avec les auteurs, La Découverte, 1985
- Un Russe à Saigon, de Duyên Anh (Vietnam), avec Jean Maïs, Belfond, 1986
- Tir à balles, de Lajos Grendal (Hongrie), avec Ibolya Viràg, L’Harmattan, 1986
- Indirect, de Petér Esterhazy (Hongrie), avec Ibolya Viràg, Souffles, 1988
- Le Bastion, d’Horacio Cabral-Magnasco (Argentine), avec l’auteur, Arcantère, 1988
- La Colline de Fanta, de Duyên Anh (Vietnam), avec Pierre Trân Van Nghiêm, Belfond, 1989, rééd. Fayard, 1995
- Il était une fois la Herradura, de Juan Carlos Holgin (Argentine), avec Horacio Cabral-Magnasco, Ma-nya, 1993
- Les Enfants de Thai Binh, de Duyên Anh (Vietnam), avec Pierre Trân Van Nghiêm, Fayard, 1993-1994
- Les Enfants qui rêvaient de traverser la mer, de Duyên Anh (Vietnam), avec Pierre Trân Van Nghiêm, Seuil, 1999
- « La folle de la place de Mai », nouvelle de J.C. Holguin (Argentine), avec Horacio Cabral-Magnasco, revue Encres Vagabondes, 1996
- « Du tourisme dans le continent d’autrui », nouvelle de J.C. Holguin (Argentine), avec Horacio Cabral-Magnasco, revue Epistoles, 2001

Publications collectives
- Poésie Almanach 80, avec Jean-Pierre Begot et Marc Villard, Encre, 1980
- Pour Abdellatif Laâbi, Rupture / La Table rase, 1982
- L’oiseau chante selon le bec qu’il a, avec Jean-Michel Morel, Souffles, 1988
- 131 Nouvellistes contemporains par eux-mêmes, Manya, 1993
- L’Atelier imaginaire, nouvelles, le Rocher, 1998, 2001
- (D)rôles d’oiseaux / Hauts les arbres / Le temps, disent-ils / La cuisine par mets et par mots/ Passions à vivre, passions à lire, anthologies, Voix d’encre, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008
- Nouvelles, La Barbacane, 2005

Extraits

Extrait de « Tout éperdu, fors l’humeur », L’Ordinateur lyrique, récits, Arcantère, 1989

Je ne sais qui a dit, par boutade peut-être, qu’il ne publiait que pour ne pas corriger inlassablement ses brouillons, échapper à la tentation de tout refondre, de tailler, de remettre en cause. Une fois publié, qu’est-ce qui est fini ? Les mots parqués, les histoires froides, les personnages fugitivement réanimés par un lecteur de hasard ou par dix mille. Que subsiste-t-il de l’énergie parfois violente, scabreuse, physique qui mit en branle la horde et l’aplatit sur ces étranges lamelles de papier, la dispersa en lignes, paragraphes, chapitres. Le mot fin, écrit ou non, n’est-il pas le signe convenu, desséché, d’une indicible cruauté, qu’il soit celui de l’animalier, de l’herbier, des archives du sang ou de toute autre réduction des ruées d’écume dans les veines ? […]
Souvent, j’aimerais brasser à nouveau les tourbillons, recommencer un certain voyage avec les phrases abandonnées en livres qui sont égarés j’ignore où. Jusqu’à ce que je parte définitivement dans l’indéfini, je suppose que je serai habité du même désir, lancinant, douloureux et non dépourvu de piment sarcastique : ne pas être trop environné de mes cadavres, comme un ivrogne soudé au goulot du verbe, un hors-la-loi étripant les chimères, un champion pétri de foin au milieu de ses trophées. Les tenir au chaud des métamorphoses ne se dérouleraient-elles que dans ma tête. Preuve s’il en faut de mon incurable nostalgie ? Dites-moi que vous ne remédiez pas à l’irrémédiable en vous jetant à cri perdu dans une autre aventure, toute bouillonnante et fraîche comme une blessure que jamais vous ne parviendrez à guérir, quand bien même le tenteriez-vous avec tous les mots possibles des mondes possibles.

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques