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Les écrivains / adhérents

Ingrid Astier

Roman / Essais / Théâtre / Polar
photo Ingrid Astier

Née en 1976, Ingrid Astier passe son enfance en Bourgogne. Elle grandit en pleine campagne au milieu de nulle part — son centre du monde. Son désir de fiction et son goût pour les péripéties resteront liés à cette enfance au sein de la nature, où se mêlent la contemplation et l’action.
Elle vit aujourd’hui à Paris, face à la Seine qu’elle étudie particulièrement la nuit. En 1999, elle publie une nouvelle, Face-à-Faces (Prix du Jeune Écrivain, Mercure de France). Ancienne élève de l’École Normale Supérieure, agrégée de lettres, elle a enseigné à l’Université Paris VII et à Reidhall (Columbia in Paris).
Quai des enfers marque son entrée dans la Série Noire en 2010 et reçoit le Prix Paul Féval de Littérature populaire de la Société des Gens de Lettres. Si elle choisit le roman noir, c’est parce qu’il permet de se pencher sans réserve sur l’être humain. Son travail d’écriture se nourrit de l’obsession, et, par fidélité au réel, de longues enquêtes sur le terrain, tant au quai des Orfèvres, dans le monde des parfums ou auprès des SDF. Mettant pour la première fois en scène la Brigade fluviale, son roman plonge le lecteur dans la Seine d’en dessous.
« Mon travail commence, là où la carte postale finit ».

Thèmes
Le corps - La gourmandise - Les sens - Le parfum - L’art - La souffrance - La folie - L’inventivité du langage parlé - La solitude
La médecine - L’amour - La musique - La botanique - La mort

Bibliographie

– Quai des enfers, Paris, Gallimard, Série Noire, 2010.
Prix Paul Féval de Littérature Populaire de la Société des Gens de Lettres. Prix Polar en plein coeur, 2010. Prix Lafayette, 2010.
– Cabanes d’exception, avec Alain Laurens, Paris, La Martinière, 2009.
– Le Goût des parfums, Paris, Mercure de France, 2009.
– Le Goût de la rose, Paris, Mercure de France, 2008.
– Le Goût du thé, Paris, Mercure de France, 2007.
– Le Goût du chocolat, Paris, Mercure de France, 2007.
– La Cuisine du Maya Bay Monaco, avec Olivier Streiff, photographies Hervé Nègre, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2008.
– Cacao Vanille, L’Or Noir de Madagascar, avec Laurence Cailler et François Pralus, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2008.
– Cuisine inspirée, l’audace française, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2007. Gourmand Awards du Livre de Cuisine Innovant.
– Le Safran, l’or de vos plats, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2007. Prix Guerlain 2008.
– L’Amour, dix façons de le préparer, avec Bruno Verjus, Paris, Éditions de l’Épure, 2008.
– Méphistophélès, confessions d’un pauvre diable, monologue théâtral, 4e Salon du Théâtre et de l’édition théâtrale, Place Saint-Sulpice, Paris, 2006.
– E.-M. Cioran, Exercices négatifs, Paris, Gallimard, 2005.
– Face-à-Faces dans La Descente des oies sauvages sur le sable et autres nouvelles, Paris, Mercure de France, 1999. Prix du Jeune Écrivain.

Extraits

Extrait de Quai des enfers (Gallimard, 2010)

Avec la vitesse, Paris avait des allures de fête foraine. Des lumières blanches, jaunes, bleues et rouges zébraient les quais, campant un autre monde : celui de la ville. Car sur la Seine, les policiers de la Brigade fluviale appartenaient à un royaume à part. Un royaume flottant. Quand ils remontaient le fleuve la nuit, ces hommes se savaient explorateurs modernes, chanceux de jeter sur la ville un regard vierge.
Ils connaissaient Paris comme personne — dans ses profondeurs — et scrutaient son sang. Plus secret que les ruelles insoupçonnées, plus intime que les vagins des immeubles. La Seine emportait les histoires les plus tues, les plus sordides, charriait le tourisme et la mort. Les policiers, penchés sur ses pulsations, ressentaient son rythme, son humeur. Pour l’instant, tous communiaient en un vœu : ne pas avoir à plonger. L’eau était à 6 °C. De quoi redouter le corps à corps.
La Seine était en crue. Steph avait jeté comme de coutume en arrivant un œil à l’échelle d’Austerlitz, qui indiquait un mètre soixante dix. Le lit normal de la Seine atteignait moins d’un mètre. Le courant, de 3,4 kilomètres, était assez fort. La couleur verte était bonne pour les dépliants touristiques. Dans le meilleur des cas, on aurait pu comparer la Seine à du café liégeois. Dans le pire, à un enfer boueux où l’on n’aurait pas reconnu sa mère à cinquante centimètres. Chacun le ressentait : voilà pourquoi ils amorcèrent le chemin du retour, l’esprit tendu vers le climat chaleureux de la salle commune, où flotterait encore un parfum de hachis parmentier. Si le vent venait de l’est.

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire