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Les écrivains / adhérents

Ingrid Ernst

Poésie / Roman
photo Ingrid Ernst

Née allemande, ayant grandi en Belgique, française de cœur depuis 1972, de (seule) nationalité depuis 1985, diplômée de mathématiques (Dipl.Math., Bonn, 1974), puis d'urbanisme (à Paris, du DEA 1976 à l’HDR, 2008), Ingrid Ernst a exercé des métiers assez diversifiés : chargée d’études, de projets de développement territorial dans un organisme public, directeur d’une administration régionale de l’État, puis enseignant-chercheur, et en parallèle consultante auprès d’organismes publics français, internationaux, marocains, conseiller littéraire, éditorial, commissaire d’expositions d’art, ...
En 1994, elle commence a écrire des textes poétiques (d’abord en allemand, dès 1996 quasi-exclusivement en français), réalise des photographies de création, de nombreux livres d’artiste, seule ou en collaboration ; entre 1998 et 2011, elle montre ses œuvres dans huit expositions personnelles dans des galeries à Paris et les Instituts français de Marrakech et de Berlin ; en 2003 Ingrid Ernst crée à l’Université un atelier d’écriture en sciences humaines, d’abord sous forme «présentielle», puis à distance. Un projet de recherche basé sur son histoire familiale, débouche sur ses enseignements à distance sur minorités, mixités et métissages en Europe et Méditerranée (2006-2012) et sur les valeurs élaborées par le territoire français (2013-2016).
Fin 2016, elle est agrée comme commissaire-enquêteur, également comme formatrice des personnels territoriaux.
Durant de longues années, elle se partage entre trois ou quatre maisons en France, à Berlin, à Marrakech. Début 2018, Ingrid Ernst décide de se centrer sur l’écriture littéraire et sur ses lieux de vie et de travail à Paris et en Haute-Vienne.

Thèmes abordés par l'auteur
Ayant écrit (dans le domaine littéraire) des poèmes ou textes poétiques pour la plupart inspirés par les lieux, Ingrid Ernst aborde actuellement un enjeu nouveau en travaillant au roman de ses ascendants, La Valette-Montavie, qui traite de leur métissage sur six générations, dont ceux du XVIIIe s., de quatre ou cinq confessions et pays différents. En essayant de présenter leur devenir paradoxal et pas toujours heureux de façon sensible et historiquement rigoureuse, aussi parfois malicieuse, elle cherche à conserver un rythme poétique tout en mettant en lumière – des territoires germanophones autour de 1800 à la France contemporaine – le rôle des valeurs universalistes et des livres pour la joie d’exister.

Bibliographie

Contributions d’ouvrages (exemples)
– « La génération expressionniste entre ville rêvée et ville réelle », in : Gérard Laudin (dir), Berlin 1700 – 1929. Sociabilité savante et espace urbain, Paris, L'Harmattan, 2010, p. 203 -230
(avec les traductions par l’auteur de poèmes de Boldt, Brecht, Heym, Loerke,…)

– «Dans un derb de la médina de Marrakech : dix ans d’observation participante », in : Elsa Coslado, Justin McGuinness and Catherine Miller (dir.), Médinas immuables ? Gentrification et changement dans les villes historiques marocaines (1996-2010), Rabat (Maroc), cjb.revues.org/275 Centre Jacques-Berque, 2013, p. 333-339.

Livres d’artistes et autres œuvres visuelles poétiques
Ingrid Ernst a crée avec ses textes et poèmes une cinquantaine de livres d’artiste à faible tirage (2-12 exemplaires) dont une quinzaine en collaboration, ainsi qu’une dizaine de vêtements poétiques, montrés entre 1994 et 2011 dans dix-neuf expositions, dont huit expositions individuelles.

Autres écrits
Traductions en français (exemples)
Textes originellement en allemand des catalogues des expositions Azur, Herbert Zangs, etc., Fondation Cartier, 1993-1997 ;

Textes de critique d’art (exemple)
Ingrid Ernst, « Schicht um Schicht » (Strate par strate), Sur l’œuvre de l’artiste Erich Paproth, texte de catalogue en allemand, 5 p. ; Galerie Kunst Krämer, Berlin, 2011., traduit en anglais par Richard Gardner (www.erichpaproth.de/page.php?id=6).


Livres en édition courante
– Berlin, Anthologie littéraire, Textes choisis et présentés par Ingrid Ernst, Préface de Michel Butor, 250 p., Paris, Editions Quai Voltaire, 1993.
– Hierzulande - Frankreich von innen, Éditions Neues Literaturkontor, 96 p, Münster (Allemagne), 1999 (Ici en ce pays – la France de l’intérieur, prose littéraire écrite en allemand).
– Jours des Fontaines, Paris, Éditions Werther, 1999 (recueil poétique)
– Encore loin du Tafilalt, Paris, Éditions Lanore, coll. Alchimies poétiques, 2002 (recueil poétique).

Soumis à éditeurs :
- Marrakech, cœur battant (journal photopoétique)
En cours d’écriture :
- La Valette-Montavie (récit littéraire)

Extraits

Éloge de l'usure

Étaient-ils cassés, les escaliers roulants en bois?
Étaient-ils inconfortables ?
Alors pourquoi les a-t-on remplacés ?
Le passage du temps est-il inacceptable ?

Ils étaient vieux, crasseux et rassurants.
Les lamelles glissaient lentement dans l'engrenage.
Il y avait un tremblotement de petites vagues à l'ascension.
Comme sous un radeau portant l'espoir montant du centre-ville.

Le modèle actuel, brave mécanique chromée, est déjà dépassé.
On ne voit même pas que c'est une machine.

Ingrid Ernst, Encore loin du Tafilalt, Paris, Éditions Lanore, Coll. Alchimies Poétiques, 2002.


*

Située en une banlieue aussi lointaine que les Niendorf et Lichterfelde des adolescences respectives des parents, la maison d’architecte inspirée par Mansart, construite dans les années soixante devant un champ de blé dans une récente rue en impasse, était aménagée avec le goût très sûr, juste ce qu’il faut d’original de la mère, totalement à contre-courant de la tendance de l’époque portée sur les bois exotiques en angles aigus, asymétries et rognonnades. Les murs de l’entrée aux portes vitrées biseautées, étaient peints d’un ocre soutenu mettant en valeur la soie moirée émeraude qui recouvrait un grand banc Louis XVI, bien entendu il n’était pas conseillé de s’y asseoir car il vacillait d’une façon menaçante comme tout le mobilier du lieu qui devait servir essentiellement à la contemplation esthétique d’une esquisse de ce que ses habitants n’étaient pas, une famille aristocratique issue d’alliances avec le négoce hanséatique vivant avec peu de moyens, mais distingués, dans un cadre assez déglingué et hétéroclite pour figurer le produit d’héritages en provenance de divers hôtels particuliers et résidences d’été, alors qu’horsmis un paysage romantique d’une vallée alpine dominée par une forteresse assez sinistre et une précieuse commode baroque en acajou plaqué, donnés par la grand-mère paternelle, tout avait été patiemment composé après-guerre à partir d’achats chez les antiquaires croisés sur les routes de leurs nombreux voyages. En ce domicile ressemblant au musée d’un chef-lieu de province - une fois posés, les objets devenaient inamovibles comme vissés sur place, même fermés à clef, les tiroirs et armoires paraissaient vides de tout contenu et d’évidence, les aliments n’y étaient pas bienvenus - l’espace devant la bibliothèque représentait pour l’aînée des enfants le seul îlot où une vie douce et active pouvait être conçue.

Ingrid Ernst, Extrait de « La bibliothèque », La Valette-Montavie (en cours d’écriture).

Ma bibliothèque

Mes vingt auteurs préférés (ou auteurs d’un livre préféré)
Milena Agus, Princesse Ricotta ; Nicolas Bouvier, L’usage du monde ;
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Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences