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Les écrivains / adhérents

Isabelle Buisson

Poésie / Roman / Nouvelle
photo Isabelle Buisson

Isabelle Buisson est née en Seine-Saint-Denis en 1971. Elle ne vient pas d’un milieu lettré et la découverte des livres fut une révélation. D’abord désireuse d’écrire attirée par le mythe de l’écrivain, elle s’est vite rendu compte que l’écriture est un véritable sacerdoce et une nécessité dans sa vie. Le genre de la nouvelle, exigeant et souvent bref, s’est vite imposé, puis vinrent l’écriture dramatique, la poésie et le roman. Aujourd’hui, elle est capable d’écrire dans tous les genres et dans tous les registres, mais sa prédilection va aux écritures romanesques aux longs courts, qui lui apportent beaucoup de plaisir.
Elle dirige également une association culturelle depuis 2004, Les Ateliers d’Ecriture à la Ligne, association de pratiques artistiques autour de la littérature.

http://www.alaligne.fr
Bibliographie

Roman
– Pour la beauté du geste, en numérique chez Librinova, 2018

Papier : Livres poésie et nouvelles : Collectifs
– Endormeur de murène, Bourgeonnée du cerveau, Capture d'agapê et autres vides, Portrait de l'artiste en miroir in "D'écriture en écriture" La Lucarne des Ecrivains - septembre 2015.
– Corps à corps, Ardennes, Les Papillons, La Neige in « Les écrivains en pleine lucarne » La Lucarne des Ecrivains – décembre 2014 – Paris (75)
– Poètes vos papiers in « Les écrivains par la lucarne » – La lucarne des écrivains – juin 2014 – Paris (75)
– La Trentaine amère – Editions Cactus Inébranlable – janvier 2014 – Roubaix (59)
– Bienvenu au disco mobile in « Conquête » - Olga Editions – 2007 – Genève – Suisse
– A fleur de peau in « La peau un continent à explorer » – Editions Autrement - septembre 2005 – Paris (75)
– Victoire d’avril in « Textes d’Aujourd’hui » – Les éditions Traboules – janvier 2004 – Lyon (69)
– Les KTAS in « La Marge » - An tu all ar mor – décembre 1999 – Audierne (29)

Papier : Livre nouvelles : œuvre individuelle
– Routine Organique – Cyéditions – mars 2002 – Nice (06)

Papier : Revues poésie et nouvelles
–Ariane- Brèves n°113 - Les Ateliers du Gué- Décembre 2018
– Poème à nez groin et yeux loup – Festin – La Gazette de la Lucarne – septembre 2014 – Paris (75)
– Billet sur l’arbre – Les Hésitations d’une mouche – mars 2014 – Ambarres (33)
– Portrait de l'artiste en miroir – La Gazette de la lucarne – octobre 2012 – Paris (75)
– Extraits de Presqu'M désire – La Gazette de la lucarne – mai 2012 – Paris (75)
– Extraits de Presqu'M désire - Les Hésitations d'une mouche – octobre 2011 – Ambarres (33)
– La Neige – La Gazette de la Lucarne – Juin 2011 – Paris (75)
– Les Papillons – La Gazette de la lucarne – novembre 2010 – Paris (75)
– Ardennes – La Gazette de la lucarne – mai 2010 – Paris (75)
– Corps-à-Corps – La Gazette de la lucarne – mai 2010 – Paris (75)
– Poètes vos papiers – La Gazette de la lucarne – décembre 2009 – Paris (75)
– Cerveau – Les Hésitations d’une mouche – juin 2006 – Ambarres (33)
– La pluie – Les hésitations d’une mouche – novembre 2002 – Ambarres (33)
– Les règles – Les Moments Littéraires – 2002 – Antony (92)
– L’heure du bain – Les Hésitations d’une mouche – décembre 2001 – Ambarres (33)

Internet : Revues nouvelles
– Les Sarcoptiques – La Femelle du Requin – 2002 – Paris (75)
– Les Sarcoptiques – Nouvelles nouvelles – 2002
– Elle s’en va – Décharge – 2002 – Egleny (89)
– Matrice – Décharge – 2002 – Egleny (89)
– Nuit d’héro – ART-CO-INCIDENCES – 2002
– Ironie du sort – ART –CO-INCIDENCES – 2002
– Corbaque – Transes Lucides – 2001
– Les Fringues – La Tâche d’encre – 2000 – Québec - Canada

Performances littéraires
– "Déclaration/Déclamation - Inauguration du pôle artistique de la Vallée de l'Echelle - septembre 2015 - Dirac (16)"

Audio : Radio
– Chanson pour la Terre pour l’Ensemble vocal Continuum – France culture – 2005 – Paris (75)

Extraits

« Je me déplace péniblement jusqu'à la porte qui vient de sonner. Je zyeute dans l’œilleton dès fois que ce serait pas celui que j'attends. C'est lui, Tété, je le reconnais tout de suite, comme si je l'avais fait. Mon cœur galope mais je suis calme. Je lui ouvre la porte et je l'invite à entrer sans un mot. Il a son sourire de grand con avec sa dentition chevaline. On dirait qu'il gobe les mouches. Je le trouve plus vraiment beau à vrai dire, plus si sex appeal que ça. Il est bien sapé, un peu trop chic pour ma robe blanche à dentelle. Il me tend un bouquet de fleurs. C'est délicat, j'apprécie le geste. Du mimosa. J'aime bien. Il me regarde pas vraiment, je sens que ça l'impressionne ma gueule. C'est sûr que c'est pas joli, mais faut savoir regarder les réalités en face et ma gueule, c'était devenu une réalité. Je lui dis laconique de s'installer dans le salon et je vais mettre les fleurs dans l'eau. Est-ce que je vais le faire payer ? Est-ce que c'est ça dont j'ai envie ? En fait, je me rends compte que je l'ai déjà annulé en moi-même, que finalement, c'est moi qui ai de la compassion pour lui, ce qu'est incroyable au fond, je devrais avoir envie de le buter et d'ailleurs avant qu'il arrive, j'y ai pensé, et là, avec le couteau dans la main, je pourrais avoir des idées qui me viennent. Mais non, je repose le couteau et je m'avance vers la porte de communication et je me ravise et finalement, je prends le couteau que je planque dans la manche de mon gilet. Je pose le vase avec les fleurs dans l'entrée. Je lui sers un thé. Je lui ai pas demandé ce qu'il voudrait. Ce sera un thé point barre. Il réclame rien d'autre. Voilà qu'il fait mine de s'intéresser, qu'il me demande comment je vais et tout le tremblement. Je lui réponds suave, mielleuse, j'en fais des tonnes, je lui donne plein de détails sur mes chairs putréfiées, mes os brisés et aussi sur mon désespoir de pas avoir été soutenue par le mec à qui j'avais offert mon cœur. Il me dit sans arrêt, Mais qu'est-ce que tu me prends la tête, je t'avais rien promis, tu me gonfles à la fin ! Voilà que ça s'envenime. Ce que j'aime chez les hommes en général et chez celui-ci en particulier, c'est leur manque de force face à l'adversité, leur incapacité à être responsable en réalité. N'empêche, il est venu et il était pas obligé, c'est que sa conscience devait le chatouiller. Voilà qu'il s'excuse maintenant. Mais je le reconnais pas mon vaillant Tété, ma terreur sans foi ni loi. Tu t'excuses de quoi au juste ? Il annone, il trébuche. Il a rien à dire. Il a envie de pisser. Temps mort. Je lui montre les chiottes qui comme tout ici, rutilent. Un ange passe. Il revient, il est tout pâle, il a perdu sa belle hargne et on dirait qu'il se la joue profil bas. Je sors le couteau de ma manche et je le pose violemment à plat sur la table. Il me regarde effaré. Il dit rien. Et puis je lui sors, Tu fais quoi maintenant, toujours à l'imprimerie ? Il se détend, il me raconte son ascension sociale, sa belle réussite d'enculeur de mouches. J'écoute, il s'écoute, il se gargarise de sa réussite, de tout le fric qu'il gagne, de comment c'est trop super son nouveau boulot chez les bourgeois. Il continue son monologue, j'écoute plus, je caresse mon chat qu'est venu sur mes genoux me foutre des poils sur ma robe. Je l'adore mon chat, sans lui je m'en serais jamais sortie. C'est grâce à mon chat que je peux regarder ce connard bien en face sans ciller. Je me dis qu'il va quand même me poser une question sur mon boulot, mais non, rien, il continue à pavoiser, un vrai clown. Et puis je lui sors :
– Tu sais que j'ai plus de boulot, moi, maintenant.
– J'ai pas le souvenir que ça t'intéressait plus que ça le boulot.
– C'est vrai. Quand même, c'est un coup dur. Heureusement que j'ai ma mère qui m'aide et le chômage.
– Le chômage ?
– Ouais, ma boîte a coulé. Chômage technique pour tout le monde. Je vais me mettre à mon compte, indépendante, je préfère. Tu connais mon goût pour la liberté. Tu voudrais pas financer ma petite affaire par hasard ? Une solide coopération.
– Ouais, faut voir, de quoi ça retourne ?
Voilà qu'il se ragaillardit, avec son air tout fringant. Ah, dès qu'on parle de fric, ça lui plaît au Tété.
– Une chose sans importance, quelque chose qui me tient à cœur. Allez, laisse tomber, c'était pour rire. Je connais de meilleurs investisseurs.
Voilà qu'il est blessé le Tété. Je fais rien pour le sauver. Silence pendant un long moment. Un ange passe.
– Tu... tu voudrais pas qu'on reprenne, toi et moi, qu'il me sort.
Je pouffe malgré moi. Si je m'attendais à une proposition pareille. Je le regarde du haut de mes boursouflures. Je m'amuse un peu avec la lame du couteau. Il regarde mes mains avec anxiété, c'est pourtant pas son genre d'être anxieux, et puis d'une main ferme, il saisit mon poignet pour que j'arrête de jouer. Je me dégage vivement et au passage, je le blesse une seconde fois et sa main se met à saigner.
– Putain, qu'il me crache.
– Eh ben, j'en apprends de belles ! Va te laver la main, je vais refaire du thé.
Quand il revient, j'ai recouvré mes esprits et je suis maintenant fatiguée. J'en ai assez entendu pour aujourd'hui et je le congédie sans ambages. Comme je suis un tantinet énervée par son attitude, je lui balance son bouquet de mimosas en pleine poire, il en mange un peu, malgré lui. Son beau brushing a pris un coup dans l'aile, il est tout mouillé. Moi, à sa place, je me serais marrée, mais lui, non, il a l'air courroucé. J'attends pas qu'il ouvre son clapet. Je le fous dehors avec l'une de mes béquilles et je lui sors, Allez, bon vent Tété et je te souhaite que dalle parce que je suis pas une salope, mais l'envie me manque pas de t'expédier dans un pays d'où on ne revient pas. Derrière la porte, je l'entends cracher :
– Ils ont dû t'opérer du cerveau quand t'étais à l'hôpital, t'es devenue tarée comme meuf, complètement à la masse.
– Moi, j'ai des principes, que je lui rétorque.
Je me marre, je me ressers un thé, je prends un livre de philo, un ange passe. »

« Pour la beauté du geste » roman à paraître.

Lieu de vie

Île-de-France, 93 - Seine-Saint-Denis

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire