Contenu | Navigation | Politique d'accessibilité | Crédits Lettre internet

Les écrivains / adhérents

Ivan Alechine

Poésie / Roman
photo Ivan Alechine

Mes écrits tiennent du journal de bord, du carnet de voyage ; tantôt très ancrés dans le vif, à la manière d’un reportage, tantôt au contraire ils se détachent du monde des causalités et forment des sortes de reay-made poétiques. Dans ma poche de jeune poète --- de retour d’Afrique ---, cette lettre de Christian Dotremont : « Je pense que la poésie doit être ainsi : un débat extrêmement multiple entre soi et soi, entre soi et les autres, entre soi et les réalités si diverses, nouvelles, à voir, à saisir, ou déjà anciennes relativement, dont il faut s’en aller pour les voir mieux, les saisir davantage ou les intégrer à soi une fois pour toutes. » Plus loin, il poursuit : « Je crois précisément que dans le multiple débat de la poésie est nécessaire une « terre inconnue », à la fois « continent perdu » et « île au trésor », un espace « hostile » et « enchanteur » à aimer, à haïr ? » Vingt ans après mes vingt ans, le Mexique m’a révélé qu’il n’y a pas de prodige sans quotidien ; c’est par la porte de « ce qui est » qu’on atteint « ce qui n’est pas ». Je me méfie du complexe de « l’albatros » (désigné par Charles Baudelaire) et du génie virtuel j’espère que ses visions (celles que nous envoie le télescope Hubble, par exemple) soient placardées sur tous nos murs ; en attendant, je m’enferme dans les rues avec mes semelles de pneu, je troue les murs avec l’encre noire.

Bibliographie

Poésie
– Paix blanche et murmures noirs, éd. La Différence, 1979
illustrations de l’auteur /poésie

– Superstitions, éd. Fata Morgana, 1985
illustrations Robert Combas /poésie/poèmes en prose

– Les effets de la dissimulation, éd. Fata Morgana, 1988
illustrations Alquin / poésie/poèmes en prose

– Misère de la vie sans dieu, éd. Ultramarine, 1990
illustrations Patrick Depin/poésie

– Grains de jour, éd. Le Bois d’Orion, 1993 /nouvelles /poèmes en prose

– Les voleurs de pauvres, éd. La Différence, mars 2001 / roman (salué par Claude Lévi-Strauss : « le livre offre un tableau très prenant de la condition actuelle de nombreux peuples amérindiens ».)

– Poca Luz, traduction en espagnol des « Voleurs de pauvres » par Sergio Avalos, editorial Aldus, Mexico, Mexique 2005 / roman

– Tapis et caries, éd. Fata Morgana, 2006
Illustrations Pierre Alechinsky, lettre-préface de Christian Dotremont / poésie/journal

Extraits

Moitié éveillé, marchant dans la plaine : --- La lumière n’est pas de l’ordre de l’aquarelle. Il sursaute : --- De « l’a-qua-relle » ? --- Plate, immatérielle, colorée. La lumière n’est pas une plaine dans laquelle on marcherait, quelque chose qui se lèverait le matin, qui s’enflerait au contact d’une matière prisonnière d’un monde où le mouvement viendrait d’en bas pour se projeter contre le ciel, où la nature tout entière se soulèverait vers ce ciel mystérieux, un monde où l’on accorderait plus d’importance aux objets qu’à la lumière-même et où la lumière serait perçue comme un voile plutôt que comme une énergie. Des mondes... colorés ou non. Mais la lumière ? Vivante ? Visible, oui, dès qu’on se tournerait vers elle. La lumière, comme une plaine vers laquelle on irait... Alors que non, c’est en grains qu’elle tombe sur nous, c’est elle qui nous nourrit. Tout émet. La lumière tonne. Nous sommes dans la gueule du grand tigre, là où tout se superpose.

Extrait de J’oublie, j’erre, je marche
De Ivan Alechine publié par Le nouveau Recueil
mars-mai 2006 n°78

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences