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Les écrivains / adhérents

Jean-Claude Martin

Poésie / Nouvelle
photo Jean-Claude Martin

Né en 1947 à Montmoreau ( sud de la Charente -- paysage de collines qui me reste toujours sensible). Etudes secondaires à Angoulème, puis supérieures à Poitiers.
En 1974 entre à L’Ecole Nationale Supérieure des Bibliothèques. Travaille de 1975 à 2007 comme conservateur à la bibliothèque universitaire de Poitiers.
Depuis 2006, président de la Maison de la Poésie de Poitiers.
Commence à vouloir écrire dès 1965 (découverte du surréalisme). Puis influence de Ponge, Michaux, W.C. Williams, les objectivistes américains, etc. Trouve son écriture (poème en prose) vers 1978 et rencontre à cette période François de Cornière, Louis Dubost, René Daillie, Georges L. Godeau, etc. Depuis, continue à essayer d’écrire…

« On croit souvent que la poésie n’est qu’une petite ritournelle rimant plus ou moins, ou quelque chose de très linguistique et de très ennuyeux sur laquelle des messieurs très linguistiques et très ennuyeux font des colloques… Je ne pratique ni l’une ni l’autre. J’essaye de faire tenir en quelques lignes (ce sont des poèmes dits « en prose » qui ne dépassent jamais une page) des rencontres, des moments, des éclats, des éclatements, des éclairs, des éclaircies, des impressions, des petites choses vues, des grandes choses entr’aperçues : du ciel, de l’eau, des avions, des êtres humains, du temps qui passe, des émotions, des histoires qui commencent (ou qui ne commencent pas), des choses qui peuvent être symboles d’autre chose (ou de rien). C’est un peu un journal (sans être un journal). Ce sont (recréés) des moments de ma vie. J’espère qu’ils peuvent aussi toucher des moments de la vôtre. »
(Texte écrit pour une présentation de mon travail en 1999. J’y souscris encore aujourd’hui)

Photo : Noémie Pinganaud

Bibliographie

Nouvelles
– De légers signes de la main (Atelier du gué, 1981)
– Château fable (L’Escampette, 2011)

Participation à une quinzaine de revues
(Brèves, Nouvelles nouvelles, etc.), journaux (Le Monde) et anthologies (« 131 nouvellistes contemporains par eux-mêmes » - Manya/Festival de la Nouvelle de Saint-Quentin, 1993), etc.)

Poèmes
– Pour solde de tout conte (Le Dé bleu, 1981)
– En chemin (Solaire / Fédérop, 1985)
– Saisons sans réponse (Cheyne,1986 – Prix Roger Kowalski -Ville de Lyon 1986)
– Plus d’un âne s’appelle Martin (Verso, 1988)
– Le tour de la question (Le Dé bleu / Le Noroît, 1990)
– Laisser fondre lentement (Rougerie, 1994)
– Un ciel trop grand (Le Dé bleu, 1994 – Prix du Livre en Poitou-Charentes 1995)
– Raison garder (Le Dé bleu, 1999)
– Ciels de miel et d’ortie (Tarabuste, 2000 – Prix Louis Guillaume du poème en prose 2001)
– Carnet de têtes d’épingles (Carnets du dessert de lune, 2002)
– Ciels de miel et d’ortie II (Tarabuste, 2006)
– Le Beau rôle (Wigwam, 2009 )
– Tourner la page (L’Escampette, 2009)
– Carnets de têtes d’épingles (réed. rev. et augm. - Carnets du Dessert de Lune, - 2011)
– Ciels de miel et d’ortie I, II et III (réed rev. et augm. - Tarabuste -, 2011)

*Participation par textes ou chroniques à une soixantaine de revues et d’anthologies.
* Entretiens, textes et études dans les revues Texture (1987), Le Guide céleste (1989), Rétro-viseur (1989), Parterre verbal (1997), Poésie première (2000), Ecrire magazine (2002).
*Une plaquette spéciale a été réalisée en 2007 par le Centre du Livre et de la Lecture en Poitou-Charentes (visible sur www.calameo.com) Et une vidéo (2009) réalisée par Les Yeux d’Izo est visible sur le site du Centre du livre en Poitou-Charentes (www.livre-poitoucharentes.org) et sur Daily motion.
*Traductions de textes en tchèque, arabe, anglais, espagnol, allemand.
Traduction de Tourner la page et Ciels de miel et d’ortie II en arabe par Maram Al-Masri (à par.) et en espagnol par Cristina Madero (à par.)

Extraits

Quelques jours en mai -- sur la mort de mon père -- in : Tourner la page : L’Escampette, 2009

« Tu n’as plus que les os, un squelette tu sembles, décharné, dénervé, démusclé, dépulpé.* » C’est vrai, tu n’avais jamais été une grosse pièce, mais quand même ! On pourrait te remettre dans ton berceau. Ce corps qui nous fait vivre et qui nous tue. On te tourne, on te tire, on te change, on te lange. Tu as perdu toute pudeur. Comme si cette maladie n’était pas à toi. A la fin, ton corps ne sera plus qu’un sarment de bois brûlant. Je dis « ton ». Tu n’es déjà plus à l’intérieur.
*Ronsard : Derniers vers

……….


Quand l’agonie laisse un instant (« il dort »), on retrouve le ciel bleu dehors, le printemps qui recommence. Bien sûr, on pense à soi. Plus d’autre nom avant nous sur la liste. La prochaine fois, l’appel sera pour nous. Quelle épreuve le destin nous a-t-il inventée ? Quelle souffrance qui nous fasse préférer le saut dans la nuit noire ? Mais c’est lui qui meurt aujourd’hui. On rentre dans la chambre. Il gémit imperceptiblement.

……..

Un soir, tu as parlé aux tiens. Reconnaissant chaque visage qui t’entourait. Comme une veillée de Noël. Paix dans le cœur. Puis tu t’es assoupi. Beaucoup préfèrent une mort soudaine, sans délai, ni douleur. Qui vous emporte en pleine vie. J’envie ta mort...

…….

Ton râle remplit la maison. Si la respiration est un automatisme inconscient, là c’est raté. Et l’on sait bien que tu ne ronfles pas. Comme si l’on entendait son propre sang couler à l’intérieur de soi… Je me réfugie dans ma chambre. Ferme la porte. Je parviendrai même à dormir un peu. Après tout, Dieu s’est bien bouché les oreilles au mont des oliviers.

……..

Tu as choisi de n’être plus que cendres. Net, propre, sans terre perdue. Même le cercueil y passe. C’est lui d’ailleurs qui met le plus de temps à brûler. Il me semble que j’aimerai mieux laisser pourrir ce sale con. Mon corps. On s’est si mal compris tous les deux. Ca m’embêterait qu’il n’expie pas… On remet une urne à la famille. De l’âme ? Du souvenir ? On pourrait garder ça chez soi mieux qu’un tombeau. Mais on va le déposer près de maman. Espérons qu’ils s’entendent enfin tous les deux…

………

Les morts restent-ils vivants ensuite (Au-delà, Paradis, etc.) ? Ou demeurent-ils seulement en nous, le temps que nous leur survivons ? N’étant pas sûrs de la réponse, les hommes ont préféré jouer les prolongations : monuments, œuvres d’art, noms de rue… Roland Garros est un stade de tennis. Mon père est devenu un gymnase. Comment accepter seulement ça : n’être plus ?

Lieu de vie

Poitou-Charentes, 86 - Vienne

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire