Contenu | Navigation | Politique d'accessibilité | Crédits Lettre internet

Les écrivains / adhérents

Jean-Luc Raharimanana

Poésie / Nouvelle / Théâtre
photo Jean-Luc Raharimanana

Raharimanana entame depuis 1989 un travail de mémoire significatif. Il évoque son île-continent, non comme un triomphe des sables d’or et des criques magiques, mais comme le lieu de la souffrance, de la misère et des passions, une identité inachevée, coupée dans son élan par la colonisation et l’indépendance bradée à des dirigeants sans scrupules. Au fil de ses œuvres, il se révèle comme un auteur sans concession, où le ténébreux côtoie le flamboyant, où la frontière entre le rêve et la réalité s’avère de plus en plus tenue.

http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/raharimanana.html
Bibliographie

Romans
– Nour, 1947. Paris: Le Serpent à Plumes, 2001.
– Za. Paris: Philippe Rey, 2008.

Récit
– L’Arbre anthropophage. Paris: Gallimard/Joëlle Losfeld, 2004.
– Tsiaron’ny nofo (en malgache). Îlle-sur-Tête: K’A, 2008.

Poésie
– Les cauchemars du gecko. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2011.
– Empreintes. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2015.

Beaux-Livres
– Le Bateau ivre: Histoires en Terre Malgache. Avec des photographies de Pascal Grimaud. Marseille: Images en Manoeuvres, 2003.
– Madagascar, 1947. Illustrations du Fonds Charles Ravoajanahary. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2007.
– Portraits d’insurgés, Madagascar 1947. Photographies de Pierrot Men. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2011.
– Enlacement(s). Coffret de trois livres: Des ruines, Obscena et Il n’y a plus de pays. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2012.

Nouvelles
– Le lépreux et dix-neuf autres nouvelles. Paris: Hatier, 1992.
– Lucarne. Paris: Le Serpent à plumes, 1996.
– Rêves sous le linceul. Paris: Le Serpent à plumes, 1998.

Textes dans des ouvrages collectifs
– « Anja ». Une enfance outremer (textes réunis par Leïla Sebbar). Paris: Seuil, 2001: 169-184.
– « Prosper ». Dernières nouvelles de la Françafrique (Collectif). La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2003: 159-177.
– « Corps en jachère ». Nul n’est une île: Solidarité Haïti. Sous la direction de Stanley Péan et Rodney Saint-Éloi. Montréal: Mémoire d’encrier, 2004: 143-147.
– « Sortir des bois ». Africultures 59 (2e trimestre 2004): 47-50.
– « Le vol de La Tempête ».Enfances, collectif coordonné par Alain Mabanckou. Bertoua (Cameroun):Ndzé, 2006; Paris: Ndzé (Pocket), 2008: 81-93.
– « Za ». Le huitième péché, collectif coordonné par Kangni Alem. Bertoua (Cameroun):Éditions Ndzé, 2006: 45-51.
– « Pacification ». Dernières nouvelles du colonialisme (Collectif). La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2006: 49-62.
– « Le creuset des possibles ». Pour une littérature-monde, sous la direction de Michel Le Bris et Jean Rouaud. Paris: Gallimard, 2007: 305-314.
– « Sur le bord des lèvres ». Riveneuve Continents 5 (automne 2007):183-190.
– « De là où j’écris ». Riveneuve Continents 10 (hiver 2009-2010): 14-20.

Théâtre / Créations
– Le prophète et le président, théâtre. Mise en scène de Christiane Ramanantsoa (Madagascar, 1989) et de Vincent Mambatchaka (Bénin, Togo, Sénégal, Côte d’Ivoire, Centrafrique, France). Mise en onde sur R.F.I. (1993).Mise en espace par le Théâtre International de Langue Française (TILF) (Avignon, 1995). Mise en scène de l’auteur au théâtre des Déchargeurs, Paris (mai-juin 2005).
– Le puits, théâtre. En production avec la M.G.I. (Maison du Geste et de l’Image), le TILF et le Théâtre de la Villette, (Paris, Tours, Limoges, 1997). Publié chez Actes Sud Papier, 1997.
– Lépreux, nouvelle. Mise en onde sur R.F.I. (1990).
– Le tambour de Zanahary, conte musical. Awa Production, en collaboration avec le musicien Tao Ravao (France 2000-2001).
– Instants malgaches, joué en 2001 au Théâtre Gérard Philippe en région parisienne et au festival Métissons à Marseille. Avec la participation de Jean-Luc Raharimanana et le musicien malgache Solo Razaf. Réalisation: Twamay Association.
– Milaloza, conte pour onze conteurs et musiciens. Mise en scène de Bernadette Baratier et Laure-Marie Legay (Burkina Faso, Mali, France, Niger), 2004.
– Lemahery et le caméléon, conte musical, en collaboration avec les musiciens Fabrice (Faffa) Andriamilantonirinason et Jean Ramanambita (du groupe Senge), 2006.
– Les cauchemars du gecko. Mise en scène Thierry Bedard, Festival d’Avignon, 2011, production Bonlieu, Scène nationale d’Annecy.

Littérature pour la jeunesse
– Landisoa et les trois cailloux. Illustrations par Jean A. Ravelona. Vanves: Edicef, 2001.

Ouvrages collectifs dirigés par Raharimanana
– « La littérature malgache », numéro spécial 1 (juin-juillet 2001) de la revue Interculturel Francophonies (Italie).
– Dernières nouvelles de la Françafrique (dirigé avecSoeuf Elbadawi). La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2003.
– « Identités, langues et imaginaires dans l’Océan Indien », numéro spécial 4 (novembre-décembre 2003) de la revue Interculturel Francophonies (Italie).
– Dernières nouvelles du colonialisme. La Roque d’Anthéron: Vents d’Ailleurs, 2006.

Filmographie
– Gouttes d’encre sur l’île rouge, portrait de l’écrivain Raharimanana. – Documentaire de Randianina Ravoajanahary et Vincent Wable, 40′, 2004.

Prix et distinctions littéraires
1987 – Prix Jean-Joseph Rabearivelo de poésie.
1989 – Prix Tardivat International de la meilleure nouvelle de langue française (RFI, ACCT, Le Monde).
1990 – Prix Tchicaya U’Tamsi du théâtre interafricain, 1990, théâtre.
1998 – Grand Prix Littéraire de Madagascar (ADELF), pour Rêves sous le linceul.
2011 – Prix de la Poésie, Salon du Livre insulaire de Ouessant, pour Les cauchemars du gecko.

Extraits

Extraits de Le creuset des possibles, in Pour une littérature-monde, Gallimard, 2007.

Le diseur rit : « A qui appartient l’horizon ? »
Me plaît dans l’entour et le détour, me plait dans l’impalpable et l’improbable, rêver même d’une langue à mon image, tordue.
Tordue par toutes les rencontres. Tordue par toutes les pensées qui se croisent et s’entrecroisent, s’entrechoquent et se heurtent. Tordue sous toutes les cultures élaborée par l’homme pour répondre à cette mort qui le guette, le silence de l’après, le silence qui forcément retombera après toutes ses ambitions, élucubrations, génies, prophéties ou digressions, l’impossibilité de trouver cette langue pouvant dire tout son désastre. Il était une tour à Babel. Après, ce fut le bordel.
Le diseur dans les méandres et la multiplicité des mots et des langues traque-t-il la vérité ou l’y égare-t-il pour mieux la préserver ?
Vient-il de tel pays ? Il dit oui. Vient-il de cet imaginaire ? Il dit oui. De quel maître a-t-il puisé sa verve avant de se présenter à nous ? Il évoque un Erasme et son éloge de la folie : « C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous ». Il évoque un obscur proverbe venu d’une île perdue dans l’océan : « Insensé celui qui ressemble à son père ».
On l’interroge sur tout et n’importe quoi. Il répond ceci ce jour. Il répond cela une autre fois. Il dit tout connaître, tout vu, détient-il réellement la vérité dans ces fables qu’il parsème ? On le croit. On le raille. Mais on ne cesse de l’interroger. On le prend pour fou mais c’est trop d’honneur… ou d’humiliation –de devoir écouter un fou. On dit alors qu’il a une autre langue.
Revenons-y.
A la langue.
A la langue française, cette étrangère intime pour reprendre les mots de Paul Ottino pour désigner ces filles d’eau qui se laissent capturer pour mieux vous abandonner, cette étrangère intime qui vous laisse entrevoir le vertige et qui se pose creuset des possibles avant de disparaître et de ne vous confier qu’ombres et regrets. Car vous savez qu’elle aura été à d’autres avant d’être à vous, elle aura été la langue de Voltaire, elle aura été la langue de Molière, elle aura été la langue de Verlaine, de Baudelaire, de Breton, de Malcom de Chazal, de Franketienne, de Césaire, de Le Clezio, de Villon, de Cendrars, de Ponge, de Rabearivelo, de Kourouma, de Labou Tansi, de Louise Labé, de Kateb Yacine. Et vous la reprenez, tentez de la reprendre, elle est loin déjà, vous l’appelez, vous l’implorez, vous la séduisez, vous l’insultez, vous ne la cédez pas au silence, elle vient, vous la couchez sur la feuille et vous réinventez tout, en présence de toutes les langues qu’elle aime plus que tout…
La langue, les langues qui se jouent des hommes, les langues qui se rient de nous…


Respire. (inédit)

respire. respire. passent les gens. passe le temps. respire. prendre ici le thé du désert et écouter le vrombissement de la ville. respire et prends une pause hume le parfum du sable et ne tousse surtout pas si les pots d’échappement se rappellent encore à tes souvenirs. respire et bois tranquillement. il n’y a rien qui nous presse rien qui nous étreint rien qui peut nous arriver il n’y a rien qui nous soit plus important que de boire ce temps qui se dépose chaudement dans nos ventres.
respire. passent les gens. passent... le vent souffle dans le mur et agite légèrement les plis et failles de la fresque dessinée dessus. chapeau melon et veste noire, nous sommes parés maintenant pour percer la muraille des temps.
et regarde, regarde. dunes et sables. sables et dunes. roches et pierres et tout ce bleu tout ce bleu tout ce bleu qui nous arrive du ciel du désert. le vent souffle plus fort dans le mur et emporte mon chapeau. il s’échappe.
et traverse la rue traverse le boulevard traverse l’avenue traverse la route. il passe les gens il passe les ruelles il passe les allées et fend les sentiers. il franchit les rails, évite flèches et colères de Thalys, d’Eole ou de Corail.

passent les gens.

respire. respire….

Lieu de vie

Centre-Val de Loire, 37 - Indre-et-Loire

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers d'écriture en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics