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Les écrivains / adhérents

Jean-Pierre Chambon

Poésie / Récits
photo Jean-Pierre Chambon

Jean-Pierre Chambon est né le 3 juin 1953 à Grenoble où il vit et travaille.

Bibliographie

– Évocation de la maison grise, Le Verbe et l'Empreinte, 1981 (récit).
– Matières de coma, Ubacs, 1984 (poésie).
– Les Mots de l'autre (avec Charlie Raby), Le Castor astral, 1986 (poésie).
– Le Corps est le vêtement de l'âme, Comp'Act, 1990 (poésie).
– Le Territoire aveugle, Gallimard, 1990 (poésie).
– Le Roi errant, Gallimard, 1995, prix Yvan Goll 1996 (poésie).
– Rimbaud, la tentation du soleil, Cadex, 1997 (poésie).
– Carnet du jardin de la Madeleine, Cadex, 1999.
– Tercets pour Trinh, Le Pré Carré, 1999 (poésie).
– Assombrissement, L’Amourier, 2001 (récits).
– Goutte d’eau, Cadex, 2001 (récit).
– Corps antérieur, Cadex, 2003 (poésie).
– Méditation sur un squelette d’ange (avec Michaël Glück), L’Amourier, 2004 (poésie).
– Sur un poème d’André du Bouchet, Jacques Brémond, 2004 (poésie).
– Labyrinthe, Cadex, 2007 (poésie).
– Nuée de corbeaux dans la bibliothèque, L’Amourier, 2007 (poésie).
– Le petit livre amer, Voix d’encre, 2008 (poésie).
– Trois rois, Harpo &, 2009 (récits).
– Fleuve sans bords, La Petite Fabrique, 2010 (récit).
– Tout venant, Héros-Limite, 2014 (poésie).
– Des lecteurs, Harpo &, 2016 (récits).
– Matières de coma (postface de Bernard Noël), Faï fioc, 2016 (poésie).
– Zélia, Al Manar, 2016 (récit).

Extraits

Plongeur
Le sourd ronflement que diffuse,
sous la membrane de la mer,
le frottement des galets roulés par les vagues
ressuscite les lentes syllabes étirées
d'une langue forgée dans les âges obscurs,
au fond des crépuscules marins,
par des créatures inachevées,
impotentes, ventriloques, encore
tout embarrassées de goitres et d'écailles.
Entre ses jambes, sous le ventre du nageur,
luisent de petits poissons
effilés comme des lames de couteau.
À mesure qu'il s'enfonce,
pendu au collier de bulles,
franchissant un à un
les anneaux du froid,
l'entrave d'une étreinte
opprime par degrés sa poitrine,
ses gestes s'amollissent, son esprit se dilate.
De ses yeux glacés il distingue alors
dans le couloir des eaux l'abîme transparent,
il entend bourdonner sous le casque
l'onde de la voix caverneuse qui implore,
qui enjôle et fascine, là,
émise de toutes parts, intime,
persuasive, derrière la mince cloison
du paradis. Il demeure un instant
indécis, flottant, mais au moment de s’abandonner
à la béatitude, de céder à la détresse,
un coup de reins le déleste de tout le poids de l'ombre
et les yeux rougis encore de l'étrange lueur
il remonte suffoquant vers le nimbe du soleil.
(extrait de Nuée de corbeaux dans la bibliothèque)

Pas la moindre ondée n’avait abreuvé la contrée depuis des jours et aucune lueur d’orage n’avait illuminé les arrière-plans du ciel ; ainsi, sans qu’on n’ait su jamais l’expliquer, le fleuve était sorti de son lit sans fracas ni violence et avait inondé les terres.
Peut-être parce que des sources de longtemps taries avaient fini par rejaillir, que de secrets affluents, des rivières souterraines, étaient venus grossir le débit du cours principal, les eaux n’avaient cessé d’enfler, et leur surabondance continuait à écarter démesurément les rives, jusqu’à les abolir dans la distance.
Les champs et les forêts, les routes et les villages, tout avait été estompé, puis gommé, et au ras de cette grande page muette s’étaient enroulés quelque temps des rubans de vapeur dans lesquels certains avaient cru voir le décollement des âmes des noyés, la manifestation fantomatique de leur transmigration.
(extrait de Fleuve sans bords)

Lieu de vie

Auvergne-Rhône-Alpes, 38 - Isère

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire