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Les écrivains / adhérents

Julienne Salvat

Poésie / Essais / Récits
photo Julienne Salvat

Née à la Martinique en 1932. Résidant à l’Île de la Réunion (Océan Indien) où elle a mené sa carrière de professeur de Lettres Modernes. Autres activités en tant que comédienne et poète, ce qui lui permet de prendre part à des festivals, salons et diverses manifestations en France et à l’échelle internationale. Membre de la SDGL, de la Société des Poètes Français, de L’ADELF (association des écrivains de langue française), de la Maison des Ecrivains et de la Littérature. Lauréat de la Société Académique ASL (Médaille d’Argent 2010)

Poèmes dans des recueils collectifs d’éditions internationales ( Belgique, Québec, Italie, Macédoine, Polynésie) comme celui de ULTRAMARINE publié en 2008 par Abra Pampa, éditeur franco-argentin qui présente des poètes français ultramarins.

http://www.lehmancuny.edu/ile.en.ile
Bibliographie

Poèmes
Recueils publiés par UDIR Réunion
– Tessons enflammés, 1993
– Chants de veille, 1998
– Fractiles, 2001

éditions l'Harmattan
– Nuit cristal, 2013
– Fleurs en terrain volcanique, 2015
– Odeurs Cafrines, illustrations de Yolande Gaspard, 2017

édition Le Carbet (Paris) - avec le concours du CNL
– Feuillesonge, 2006

éditions le Chasseur Abstrait
– Jeux lémuriens, avec une préface de la poétesse Françoise Coulmin, janvier 2012

Œuvres de fiction
Publiés par Ibis Rouge, Guyane
– La lettre d'Avignon, 2000
– Camille, récits d’hier et d’aujourd’hui, 2007

Travaux de publications et recherches
1997, Poèmes d'elles, recueil collectif conçu et préfacé par Julienne Salvat (éd. UDIR)
1996, Une chasse aux nègres marrons, textes de Théodore Pavie (1845), écrivain voyageur du XIXème siècle (JF SAMLONG et Julienne SALVAT –éd.UDIR)
« C’est une « poésie de volcan » lit-on, mais aussi une poétique sous-marine, pareille au raz-de-marée avec ses « grands charrois d’oubli et de réminiscence », avec la vague douce qui côtoie la lame emportée, qui brise le sens et brise même parfois les mots, souvent coupés en deux (comme chez son aîné Léon Damas), comme hachés menu pour en extraire un suc plus pur ou un sang plus rouge échappé aux douleurs de l’histoire et des exils. » (Daniel Maximin, préface de Feuille Songe)

« Julienne Salvat et ses naufrages répétés dans l’insomnie ou la mer aux mots périlleux » (Pablo Urquiza, Argentine, préface de Ultramarine)

« Dans tes poèmes, il y a une telle fidélité à tes origines, aux mots de ton pays, que la beauté nègre, l’orgueil nègre restent très présents dans ton écriture, comme sertis au cœur de tes créations » ( Patrice Treuthardt, La Réunion, postface de Fractiles)

Extraits

La mer
« Le chant des sirènes est profondément humain, c’est pourquoi il est monstrueux »

La mer
elle contrefait mes illusions éparses
me jette aux yeux
la poudre bleue
de cargaisons amères
dont nul flot pour moi n’affréta le tonnage.

La mer
atlantique matrone chenue
de moi
elle accouche immémoriale
sans ciseaux.

La mer
par calme blanc ou pot au noir
j’irai
de nuit
à la rencontre des sirènes
dans sa voix haut perchées.

La mer
j’attendrai l’envol de ses belles vocératrices
dont le chant
écholalie de mes espoirs
de mes affaissements
par neumes et roulades
canonise la geste de mes aïeux profonds.

Et puis la mer
sans escorte je m‘abîmerai
dans l’hinterland de ses mornes
ballants
pour y suivre la trace qui me mènera
jusqu’à l’île essentielle...
(Extrait du recueil collectif ULTRAMARINE)

Enfances : riz blanc de nos rires et nos larmes lentilles. Nos mères la force, nos mères vigilantes, couveuses, leurs mains de tendresse grondeuse et de raclées pour faire cuire la peau de nos jambes, de nos fesses, et nous maintenir dans le droit chemin ; nos mères, au front le pli du souci pour notre demain ; nos mères seules, les pères absents ou plutôt toujours à rôder dans le tournis de jupes lointaines pour accomplir Dieu sait quels exploits.

Nos grand’mères, leurs herbes qui ont pouvoir de guérir fièvres et blesses dans nos poitrines, leurs tisanes à tous maux enrobées de prières exorcisantes enjoignant la maladie de dévirer chez Satan son maître, avec ses pompes et ses œuvres, et chez la personne qui a envoyé ça ici-là pour nous, car c’est toujours l’enfant la victime du mal, des jalousies, des intentions malveillantes.

Féminie aux odeurs de sueur fauve, de patchouli, d’huile de ricin. Guillochis de tresses crépues serré dans la pudeur du mouchoir calandré. Mains coupelles, mains calebasses d’où débordent l’eau de café, le fruitage, le matété à la cannelle, tous les parfums de la muscade et de la vanille, des tablettes de coco, du chocolat de communion et du pain au beurre, mains qui n’auront jamais fini de rassasier.

La ravine grand-paternelle, ses goûts affluent à mes lèvres, saveurs rouges des vents chargés de framboise écrasée, d’abricot, de mangue tombée à la pourriture sucrée, de pommes-roses, de pommes d’eau ; saveur molle des écrevisses débusquées à mains nues de sous les roches glissantes et bouffées toutes crues ; saveur verte des tailles de bambous fraîchement abattus pour barrer le courant, retenir bassins et cascades de nos jeux ; saveur vive de nos plongeons à criailler aigu ; et on restait longtemps, pris de tremblade, en chair de poule ; on s’attardait quand même, faisant mine de ne pas entendre Grand-Père : depuis le haut du morne, il nous hélait que le manger était paré.
Enfants de nègres, nourris de la riche terre, grasse de la sueur et du sang de nos ancêtres. Au dessus de nos têtes se succédaient les ciels de carême et d’hivernage.
(Extrait de La Lettre d’Avignon)

Lieu de vie

Nouvelle-Aquitaine, 33 - Gironde

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers d'écriture en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire