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Les écrivains / adhérents

Justine Arnal

Roman
photo Justine Arnal

Justine Arnal est née en 1990 à Metz. Elle vit et travaille à Paris.
Après deux années de Classes Préparatoires aux Grandes Écoles à Strasbourg, elle valide une double licence de Lettres Modernes et d'Arts du Spectacle à l’Université de Nancy, puis un Master 2 en Édition à Rennes. Elle crée alors une maison d'édition associative : Les Effarées.
En parallèle, elle reprend des études de psychologie clinique. En 2017, elle est diplômée de l’UFR d’Études Psychanalytiques de Paris 7. Depuis, elle exerce en tant que psychologue clinicienne aux Lilas, auprès d’enfants et d’adultes.
Elle a publié deux livres aux Éditions du Chemin de Fer en 2018 et 2019, une maison d’édition qui s’attache à proposer une rencontre, au cœur de chaque livre, entre un auteur et un plasticien : un premier récit proche de la forme du conte, Les corps ravis (illustré par Lola B. Deswarte) et un roman, Finir l’autre (vu par Anya Belyat-Giunta).
De par son double parcours, elle s’intéresse particulièrement aux croisements : entre littérature et psychanalyse, tout autant qu’entre littérature et arts plastiques.
Une question est au cœur de son travail d’écriture : par quelles langues et quels corps sommes-nous habités ?

Photo : Bruno Dewaele

Bibliographie

- Les Corps ravis, Éditions du chemin de fer, 2018
- Finir l’autre, Éditions du chemin de fer, 2019

Extraits

Finir l’autre :

Une petite boule de chair rose et élastique qui palpite avec deux gros yeux bleus au milieu.
C’est moi que voilà.
Je suis descendue trop vite il va falloir me finir à la main.

Trop vite trop sèche vite un peu d’eau sur la petite boule j’ai besoin que ça glisse dit Maman. Entre ses deux paumes lisses et douces je deviens toute chaude bien pétrie entre les mains de Maman je reprends du volume faut bien une si petite boule je peux pas rester. Les mains de Maman sur moi c’est de la levure dans une pâte entre ses mains je m’aère je gonfle faut bien une si petite boule comme moi ne survivrait pas. Maman m’hydrate Maman me pétrit d’une main à l’autre de Maman je passe je lui colle aux doigts me refusant déjà par grumeaux à ce qu’elle veut pour moi.

Les Corps ravis :

Il y eut d’abord cette phrase, attrapée un soir à la volée par les grands yeux de Marguerite, sur l’un des panneaux lumineux accrochés aux murs des souterrains qu’elle empruntait chaque jour. Deux amnésies errent en nous : l’origine et l’enfance. Depuis, le slogan l’obsédait. Certaine de n’en avoir prélevé qu’une partie, elle effectua les jours suivants de nombreuses allées et venues afin de retrouver la publicité. Mais elle avait déjà disparu, et Marguerite en vint à douter. Avait-elle rêvé ? Cette phrase venait-elle d’ailleurs ? D’un livre, peut-être ? Non, elle lisait très peu. Deux amnésies errent en nous : l’origine et l’enfance. Elle ne comprenait vraiment pas quel produit cette affirmation prétendait promouvoir, ayant passé en revue toutes les hypothèses, de la couche Pampers au médicament contre Alzheimer. Quand elle essayait de la rattacher à une image, il lui semblait tantôt revoir un bébé souriant, les gencives nues et écarlates, tantôt un vieillard obèse et joufflu, hilare.

Ma bibliothèque

Les saisons, Maurice Pons
La décharge / Une liliputienne / Stella Corfou, Béatrix Beck
La cloche de détresse, Sylvia Plath
Les petites vertus, Natalia Ginzburg
La petite fille qui aimait trop les allumettes, Gaétan Soucy
Les dimanches de Jean Dézert, Jean de La Ville de Mirmont
La démangeaison, Laurence Nobécourt
Le nom sur le bout de la langue, Pascal Quignard
Le cri du sablier, Chloé Delaume
La place du diamant, Merce Rodoreda

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
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