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Les écrivains / adhérents

Lucie Land

Jeunesse
photo Lucie Land

« Avant, quand mes pieds me brûlaient, je dégainais mon pouce en free-lance vagabonde, maintenant je prends des trains, des bateaux ou des avions et quand j'en ai marre, je cherche le silence, je me cache et j’écris »
« Chaque langue est une musique, chaque ville un appel à l’improvisation, chaque visage une histoire. »
À 17 ans, Lucie land part vivre seule au Canada. Elle passe un bac anglophone, enseigne le français dans des réserves indiennes situées sur de petites îles du Pacifique. De retour en France, elle est serveuse dans différents bars, côtoie tous les milieux… avant de repartir, en Inde, en Ukraine, en Turquie ou ailleurs, carnet en poche et saxophone alto dans le dos.
C’est dans une ancienne gare désaffectée qu’elle écrit son premier roman : Gadji !
Fascinée par le monde des enfants, elle réalise avec eux quatre court-métrages (Effet-mère / Planète Mars / Rêves de mômes / La coccinelle pleure)
Elle prépare actuellement un deuxième roman ainsi qu'un recueil de nouvelles.

Bibliographie

– Gadji ! (Éditions Sarbacane, 2008)

Extraits

"Envolée mon école ! Qui ne méritait pas qui ? Elle ou moi ? Don't cry lady, semblait me dire Lili de ses gestes tendres. La vie. La vie.

Eh quoi, la vie ? Bec dans l'eau. Avec ma mère et tous les empêcheurs de grandir, j'avais décidé de la fermer jusqu'au jour de mon mariage. Ils ne sauraient rien de cette nuit vagabonde, rien de mes frousses ni de mes élans. Rien de rien. Lèvres têtues, je creusais une tombe pour mes secrets. Je marchais, front bas en chambre d'isolement. Ma mère me jetait des regards désespérés, tentait par tous les moyens de me reconquérir. J'avais envie de craquer parfois mais je tenais bon : il le fallait, jusqu'au mariage - dans mon esprit, cette épreuve, suffisamment lointaine, et synonyme de changement de famille, n'avait d'autre équivalent que la mort elle-même."


…/….


"Je n'étais jamais allé très loin et jamais aussi vite. Chaque kilomètre me tournait la tête, les nuages s'en mêlaient et prenaient du retard. J'avais mal aux pieds, déchirée entre fratrie et Paris, mes orteils en profitaient pour repousser les murs de leur prison. De nouvelles images venaient me tordre les viscères : mes p'tites têtes à claques ! Mes p'tits ! J'étouffais, torpillée de remords. J'ai pensé, en voyant s'enfuir le paysage, que le courage c'était peut-être de rester.
Des larmes coulaient silencieuses le long de mes joues. Je me suis baissée pour ne pas être vue dans le rétroviseur intérieur et je les ai rattrapées d'un coup de langue. Mon corps était tellement salé que j'avais l'impression de boire la tasse.
A la frontière, l'Architecte a glissé une liasse de billets dans son passeport et les douaniers nous ont laissés passer. La Cousine a dit en plaisantant qu'à présent, nous étions trop loin pour revenir en arrière. Ne me parle pas, Cousine. Roule. Tais-toi."

Lieu de vie

Languedoc-Roussillon, 30 - Gard