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Les écrivains / adhérents

Olivier Apert

Poésie / Essais / Théâtre / Scénario
photo Olivier Apert

Poète, essayiste, librettiste, dramaturge et traducteur.
Membre du comité de la revue Po&sie et jury de prix de la Vocation (poésie)
Il travaille avec les chorégraphes Sylvain Groud et Muriel Piqué et le metteur en scène Nicolas Hocquenghem.

self-introduction
parler de soi : certains y excellent, surtout en public, ce qui m’a toujours paru quelque peu indécent, voire obscène, à moins de se souvenir du mot de Baudelaire dans Mon coeur mis à nu : « le premier venu a le droit de parler de lui-même — du moment qu’il sache amuser »… Bref. A chaque fois est remise en jeu la rengaine de la séparation entre l’homme et l’oeuvre (le coup du Contre Sainte-Beuve proustien) ou, si l’on préfère, le fait que les livres et le mouvement de la vie ne se superposent pas nécessairement, que la biographie extime n’informe pas judicieusement sur la bibliographie : parions donc plutôt, à l’encontre du temps qui ne cesse d’exhiber des corps parlants plus ou moins intéressants, sur le côté « graphie » que sur le côté « bio »… Sinon, je ne rechigne pas systématiquement à parler de moi — mais comment le peut-on ? De quel « moi » s’agit-il, nous qui sommes le plus souvent simultanément un « autre » que nous-mêmes ? Encore faut-il qu’y préside une intimité particulière, condition sine qua non, sinon il s’agit alors d’exposer, de défendre, d’avancer des convictions, ce que je préfère dans le fond. Oui, je n’aime rien tant que défendre une « certaine idée » que je me fais de la littérature, de l’art, de la musique, de l’esthétique, du politique, etc., avec ce qu’il faut d’imagination, de sensibilité, de violence, d’intelligence et d’ironie.
J’habite généralement le XIVème arrondissement de Paris que j’adore (Métro Pernety ou Plaisance) et m’arrange pour me déplacer assez souvent : maintenant, j’aime autant partir que j’aime revenir. Comme tout le monde, certains lieux m’ont marqué : Florence (une ville qui tient dans la paume de la main); New-York 24 heures sur 24; Lisbonne (ô « dans la ville blanche »…); l’arc atlantique (Irlande, Bretagne, Portugal); un Est légendaire (la Transylvanie) où j’ai travaillé en créations : opéra et traduction — et par-dessus tout, respiration intime, la mer la mer (normande ou bretonne) quand les mouettes impassibles me donnent leçon de stoïcisme : immobiles, leurs cockpits fixent l’horizon tandis que le vent fait frissonner leurs carlingues duvetées. Mes prochains déplacements ? Nach Berlin, puis Madagascar en cargo — une folie.
Il y a longtemps, j’ai improvisé la notion de « dandy sauvage » : qu’en reste-t-il ? Du dandysme, un certain stoïcisme mélancolique justement, face à une société qui vise de plus en plus à l’avilissement des êtres (regardez, mais regardez bien la télévision); du sauvage, un impératif-gauguin cherchant à (re)trouver « l’or de leur corps », beauté archaïque, primitive et raffinée tout à la fois.
Aujourd’hui-là-maintenant, c’est le théâtre et la chorégraphie qui me requièrent le plus — mais sans que jamais le penser-pressentir du poème s’éloigne —, le théâtre qui pose sans cesse la question de l’incarnation et de l’invention d’une langue dans un corps embarqué par l’Histoire. Alors, Olivier Apert : poète, essayiste, dramaturge & traducteur, comme il est d’usage de (se) présenter (voir bibliographie) : oui oui, si vous le voulez — mais commençons à parler…

Thèmes
« En poète il redescend au bâti sonore du rivage : il approche un mot de son oreille interne comme une conque, il y entend bruire toute la langue, « on croirait la mer », et ce grand leurre fécond du génie de langage ramassé tout dans la racine, l’étymon vérace l’inspire, l’incite à retourner le mot de passe dans tous les sens : « écueil-recueil » (…)
Comment blesser la vague, marquer l’élément invulnérable demande le poème d’Olivier Apert.
L’homme-seul-avec-lui-même, naufrageur de la mer même, qu’il voudrait blesser, arpente cette marche le long des eaux amères, ce déambulatoire étiré en finistère ; il est à toute extrémité en vigie comme disent encore les Portugais des Açores épieurs de cachalots (…) »
Michel Deguy, revue Nunc, 2002

« Que le monde soit triste, Olivier Apert le sait, et nous l’apprend. Je veux dire que cette leçon de tristesse, il se donne, au sens propre du mot, la peine de nous l’enseigner. Poésie d’home de peine, comme Atlas sous son globe néfaste. Il s’agit bien du globe : imaginairement, imaginativement, comme le fit Blaise Cendrars, le poète le parcourt dans ses grandes largeurs, mers et continents, villes d’ici et de là-bas, et parfois vient l’anglais sous la plume du diseur pour qu’il soit bien compris, que la disette du cœur et de l’âme est universelle (…) »
Salah Stétié, idem

« On pourrait commencer par ce qu’Olivier Apert a appris de Jouve et du Jouve de La Vierge de Paris : comment l’Histoire, et sa propre histoire, fondent non seulement en lui la nécessité de l’art mais fondent l’art, la poésie comme, contre toute fiction, exigence du vrai. De la guerre et de la ferraille déchiquetée, du sexe et de « l’infini servage des femmes », et avec Mallarmé contre le poétique, Apert fait table rase, et fait qu’autre chose surgit qui est de l’ordre du langage, et n’est plus le langage, et qui a la violence de la générosité. Et qui est amour. Acte toujours comme au commencent (…) ».
Bernard Vargaftig, revue Europe, 1998

Bibliographie

Poésie
— Trames du JEu en partitions picturales (avec des dessins de Bertrand Vivin), Æncrages & Co, 1982 (épuisé)
– Le livre du déclin (avec des lavis de Bernard Noël), Æncrages & Co, 1989
— Ecrit de la mer (avec des dessins de Bernard Noël, une préface de Michel Deguy), Æncrages & Co, 1991
— "Femmoiselle, je t'raime", Æncrages & Co, 1993
— Noli eam tangere, Editions Mihaly, 1996
— Comme au Commencement, Editions Mihaly, 1999
— Infinisterre suivi de Crash, Editions Apogée, 2006
— CRISEs, vers & CriseS, exit, plaquette, 2008
– Upperground, Editions La Rivière échappée, 2010

à tirage limité
— L'ardente patience, onze prosèmes sur des eaux-fortes de Luis Darocha, Editions Voix/Richard Meier, 1990
— Comme au Commencement, poème, avec des dessins originaux de Henri Bassmadjian, Editions Mydriase, 1992
— Berliner Städtenwolf, trois poèmes bilingues, avec des dessins originaux de Harald Wolff, Editions Transignum, 2004
— Crash, un poème, avec trois gravures de Hiroe Katagiri, Editions Transignum, 2004
— Au milieu du ciel, le partage des eaux, poème et sérigraphie sur rouleau
de Sabine André et Claude Tonnon, Transignum 2005
— CriseS, exit, poèmes avec des sérigraphies de Cécile Poirson, Editions Transignum, 2007

Essais
— Résidence d'automne, un essai de travail sur l'atelier, Editions Le temps des cerises, 1994 (Prix Roger Vailland 1994)
– L'homme noir blanc de visage, Editions Le temps qu'il fait, 1994
— Portatif de la provocation (en collaboration avec François Boddaert), Presses Universitaires de Vincennes (PUV), 2000
– Baudelaire, être un grand homme et un saint pour soi-même, Editions Infolio, 2009
– Gauguin, le dandy sauvage, Editions Infolio, 2012
– Eloge de la provocation (avec François Bodaert), Editions Obsidiane, 2013
– Women, Anthologie de la poésie féminine américaine du XXe siècle, ed. Le Temps des cerises, 2014
– Robert de Montesquiou, souverain des choses transitoires, Editions Obsidiane, 2015

Récit
— "F", avec des photographies anonymes, Editions Mydriase, 2002 (tirage accompagné d’un C.D.Rom)
— L'homme énigmatique, à paraitre

Opéra
— Oreste & Oedipe, Livret. Musique de Cornel Taranu. (Création en Roumanie, octobre 2001; en France, janvier 2002, en Belgique, 2002; Festival Enesco, 2003) Coédition Mihaly/Apostrof, 2000

Théâtre
— àlavieàlanuit (la descente d’Orphée chez Draculea), Editions L’Harmattan, 2003 (création à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon et au théâtre Jean-Vilar de Vitry sur-Seine en janvier 2003, Théâtre Molière, octobre 2003)
—*l’horreur-l’extase* (audehorlescombatsaudedanslescraintes), à paraître
— A la guerre comme A, à paraître

Chorégraphie
— Talitha koum, conception Olivier Apert et Sylvain Groud (création à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, 2004; au Rayon vert, scène nationale de St Valery en Caux, 2006)
— Quand je me couche dans le temps, conception Olivier Apert et Sylvain Groud, création CDN de Rouen, 2006; CDN de Dieppe, 2007, Centre Pompidou, 2007)

Traductions
— Karoline von Günderrode, Rouge vif, poésies complètes, Editions de La Différence, collection Orphée, 1992
— Mina Loy, Le Baedeker lunaire, poésies complètes 1, L'Atelier des Brisants, 2000
— Mina Loy, Insel ou Portrait de l'artiste en tête de mort, roman, L'Atelier des Brisants, 2001
— Pier Paolo Pasolini (en collaboration avec Ivan Messac), Je suis vivant, Editions Nous, 2001
— Ion Muresan (en collaboration avec Dumitru Tsepeneag), Le mouvement sans coeur de l'image, Editions Belin, 2001
— Mina Loy, La rose métisse, poésies complètes 2, L'Atelier des Brisants, 2005
– Mina Loy, Manifeste féministe & écrits modernistes, Editions Nous, 2014
– Women, une anthologie de la poésie féminine américaine du XXe siècle, Editions Le Temps des cerises, 2014
– Mina Loy, Poésies complètes, Editions Nous, 2015

en collectif
— Oskar Pastior/Volker Braun (traduction collective), Les Cahiers de Royaumont, 1989
— Onat Kutlar/ Cevat Capan (traduction collective), Les Cahiers de Royaumont-Créaphis, 1996

Ouvrages collectifs
— Poésies aujourd'hui, Bruno Grégoire, Seghers, 1990
— Le poète d'aujourd'hui, Dominique Grandmont, Maison de la Poésie Rhône/Alpes, 1994
— Qu'est-ce que la poésie, Bernard Noël, Jean-Michel Place éditeur, 1995
— La preuve et la parole, Salah Stétié, M.E.E.T, 1996
— Changer l'Amérique (traduction collective), Le temps des Cerises/Maison de la poésie Rhône-Alpes, 1997
— 20 ans de Po&sie, Editions Belin, collection l'extrême contemporain, 1997
— Cent ans passent comme un jour, Editions Dumerchez, 1997
— Salah Stétié, colloques de Pau et Cerisy, Editions PUP, 1997
— 101 poèmes contre le racisme, Editions Le temps des cerises, 1998
— Eloge du poète par le vin, Editions Obsidiane, 1998
— Le mois off de la photographie, Editions Le temps des Cerises, 1998
— Luis Darocha, Sous le signe de la voie lactée, Ed. Richar Meier, 1999
— Tahar Bekri, entretiens, Editions L'Harmattan, 2000
— Ciel d’Europe, Panorama de la poésie européenne d’aujourd’hui, Maison de la poésie Nord-Pas de Calais, 2001
— Comme dans un dessin de Escher, Huit poètes roumains (traductions), Editions Phi, 2002
— Un certain accent, Anthologie de poésie contemporaine, Bernard Noël, L’atelier des Brisants, 2002
— Les poètes de Po&sie, Editions Phi, 2002
— Passage Nord-Sud n°6, 2003
— Passage Nord-Sud n°7, 2004
— 12 écrivains roumains (Les belles étrangères), éditions de L'inventaire, 2005
—Colloque Michel Deguy/Cerisy-la-Salle, Editions Belin, 2007

Dossier
la revue Nunc n°1 a consacré un dossier à Olivier Apert

Préface
— Daniel Arnaison, Petits poèmes du gardien, Editions Public underground, 1995
— Ivan Bounine, L’incendie (traduction de Madeleine Lejeune), éditions Jacqueline Chambon, 2002
— Ivan Bounine, Le domaine Soukhodol (traduction de Madeleine Lejeune), éditions des Syrtes, 2005

Catalogues d'artistes
textes pour : Brigitte Agnès, Daniel Arnaison, Henri Bassmadjian, Alex Burke, Christine Canetti, Luis Darocha, Barbara Dasnoy, Léna Goarnisson, Luc-François Granier, Grand Canal Vidéo (Roland Baladi, Dominique Belloir, Christian Boustani, Xavier Moer, Yves de Peretti, Patrick Prado), Ivan Messac, Cristian Opris, Osman, Bertrand Vivin, etc.

Revues
poèmes, textes, études, traductions dans : Æncrage & Co n°7 (1987), Æncrage & Co n°8 (1988),Aires n°9 (1989), Le journal à Royaumont n°4/5 (1989), Po&sie n°51 (1989), Aires n°11 (1990), Poésie 91 n°39 (1991), Recueil n°19 (1991), Poésie 92 n°4 (1992), Recueil n°23/24 (1992), Po&sie n°60 (1992), Poésie 93 n°47 (1993), Poésie 93 n°49 (1993), Correspondances n°1 (1993), Incendits n°19/20 (1993), Cahier André Frénaud (1993), Agone n°12 (1994), Correspondances n°2 (1994), Cahier Roger Vailland n°3 (1995), Ralentir travaux n°2 (1995), Po&sie n°73 (1995), Présages n°4 (1996), Ralentir travaux n°6 (1996), L'Odyssée n°2 (1997), Cahier Roger Vailland n°6 (1997), Triages n°8 (1997), Nu(e) n°6 (1997), L'Odyssée n°3 (1998), Cahier Roger Vailland n°7 (1998), Le Mâche-Laurier n°9 (1998), Zing Magazine-USA (1998), Po&sie n°86 (1998), Serta n°3-Espagne (1998), Nu(e) n°8 (1999), L'estocade n°6 (1999), Présages n° 9 (1999), L'animal n°7 (1999), Apostrof-Roumanie (1999), Arsenal n°1 (1999), Tabacaria, n°9 Casa Pessoa-Portugal (1999), Le Mâche-Laurier n° 12 (1999), L'animal n°8 (2000), Présage n°10-11 (2000), Europe n°854-855 (2000), Balkon-Roumanie n°6 (2001), Po&sie n° 98 (2002), Présages n° 14-15 (2002), Nunc n°1 (2002), L’Atelier contemporain n°5 (2002), Présages n° 15-16 (2003), Nu(e) (2003), Présages n°16 (2003), Nunc n°3 (2003), Poésie 2003 (2003), Seine et Danube n°1 (2003), Les Temps Modernes n°625 (2003), Contrepoint(s) n°10 (2003), Seine & Danube n°2 (2004), Seine et Danube n°3 (2004), Europe n° 907-908 (2004), Seine et Danube n°4 (2004), Seine et Danube n°5 (2005), Nu(e) n° 30 (2005), Po&sie n° 111 (2005), Po&sie n°112 (2005), Seine et Danube n°6 (2005), Po&sie n°113-114 (2005), Présages n°18 (2006), Hapax (2006), Présages n°19 ( 2007), Po&sie n°120 (2007)

Discographie
— Oreste & Oedipe, opéra. Compositeur Cornel Taranu. Coédition AFAA/ CCFC de Cluj (Roumanie). 2000
— David Tuil, Brummell's farewell diner (paroles), à paraître

Chroniques
— Chroniques mensuelles de poésie dans l'hebdomadaire Révolution de décembre 1992 à décembre 1994
— Chroniques de poésie dans Regards, 1998

Scénarios de films vidéo
— X: l'oubli de Yves de Peretti, 1984
— F.N.A.C (Fond National d'Art Contemporain) de Christian Boustani, 1991

— A co-fondé L'Odyssée, revue (première livraison - littéraire, juin 1996; seconde - amoureuse, mars 1997; troisième - musicale )

Extraits

Etat du poème
extrait

quand je me couche dans le temps
dans le Temps Nous Nous Couchons
(cnntime) avec ce qu'il faut de nuit :
Procuste toujours à l'heure toujours à l'oeuvre
étire élague exauce
la norme demos-cratos allant tanguer ivre
dans ce hamac où je ne dormirai pas car
quand je me couche dans le temps
monoplace "le moule est cassé" dieu
merci
merci &
fait place au béton de la courbe, cette
folle qui vient mouler en chapelle un tombeau

quand je me couche dans le temps
un berceau nuage (du verbe nuager) un rire
que je n'ai pas entendu — ni Procuste
dieu merci
merci &
quand je me couche dans le temps
le dos "tourne le dos" à son mal :
vertèbres fissurées tranches dorées,
tout cet engrangement qui fulmine
en cherchant une main que Procuste (dieu merci !)
ne connait pas
mais
quand je me couche dans le temps
alors
dans le temps allez-vous vous couchez

(c'est une question) auprès de Procuste :
il en rit dieu merci &
dit au bord
juste au bord : je te borde : merci qui ?

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers d'écriture en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire