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Les écrivains / adhérents

Philippe Longchamp

Poésie / Nouvelle
photo Philippe Longchamp

Philippe Longchamp, né à Boulogne-Billancourt en 1939, a fait d’abord des études scientifiques et un diplôme d’ingénieur en électronique, puis, durant les années où il a travaillé en électronicien au Service de le Recherche de l’ORTF dirigé à l’époque par Pierre Schaeffer, il a fait des études littéraires qui l’ont conduit à devenir professeur de lettres. Il a alors exercé avec bonheur ce second métier pendant trente et quelques années, commençant par hasard avec une nomination dans un lycée technique industriel d’Argenteuil, dans la banlieue de Paris, puis, à mi-parcours, changeant pour les classes techniques d’un lycée centré sur la préparation des carrières médico-sociales, à la Porte de Clignancourt.
Ce métier qu’il a trouvé passionnant et exigeant ne lui a pas laissé le temps qu’il aurait souhaité pour s’occuper de son travail d’écrivain, sinon pendant les mois d’août. Il a atteint par chance depuis quelques années l’âge de la retraite, et dispose librement de son temps pour la poésie, aussi bien pour ses écritures que pour répondre à des demandes variées d’interventions à propos de la poésie contemporaine, rencontres avec des élèves de tous âges (depuis la maternelle jusqu’aux étudiants), avec des groupes d’adultes de diverses origines assemblés pour telle ou telle occasion ou visée, pilotage d’ateliers d’écriture, lectures publiques, etc.

Philippe Longchamp ne sait pas quoi répondre à la question des «thèmes qu’il aborde». Il dirait plutôt qu’il a quelques pistes de travail, par exemple :
- s’attacher à montrer que la poésie n’est pas seulement dans la nature mais dans une quantité d’espaces des villes qui sont très loin de la nature, métros ou parkings ou « soupes populaires » ou foules citadines etc.
- s’occuper plus d’organiser le bruit que font les mots que de leur possibilité d’énoncer des idées
- prendre pour occasion d’écriture du concret quotidien (portraits d’inconnus croisés, description de lieux d’une ville découverte, etc.)
- mêler l’évocation d’éléments de son histoire personnelle avec d’autres de l’histoire collective
- tenter de montrer qu’une certaine utilisation du vers régulier compté et souvent rimé participe de la modernité.

Bibliographie

Poésie
– Sabliers, Editions de Saint-Germain-des-Prés, 1972, épuisé
– Dits du coq d’ardoise, même éditeur, 1975, épuisé
– Feux à genoux, suivi de Pierres posées pour un gué, Editions Ressac, 1979, épuisé
– Emploi du temps, Editions Fourbis, 1991, épuisé
– L’été, calme bleu, Editions Le dé bleu, 2000
– Et dessous, le sang bouscule, Cheyne éditeur, Collection Verte, 2004
– La ville du jardin des Latitudes, Editions L’idée bleue, 2004
– Soleil pas d’équerre, Cheyne éditeur, Collection Verte, 2008
Concert-spectacle produit par la Compagnie Lucarne depuis 2011 sur les compositions de Gustave Chainon. Distribution en CD : lucarne.cie.free.fr
– Des saisons plutôt claires, anthologie, préparée et préfacée par Antoine Emaz, de mes livres de poésie épuisés, comportant l’intégralité de Emploi du temps, et des inédits des années 90. Editions L’idée bleue, 2009.
– Sans hâte, un monde / Le Caire avec des photos de Michel Durigneux, Editions La Dragonne, 2011
– Compressions, concrétions et coulures avec des monotypes de Nélida Medina, Editions La Dragonne, 2011
– Saumur, bords de Loire, Editions Le Chat qui tousse, 2011

Petites proses
– La Compagnie des animaux tièdes, Cheyne éditeur, Collection Grands fonds, 2000
– Des pas de crabe sur du jaune, même éditeur, même collection, 2004

Récits pour jeunes lecteurs
– Aliocha, avec des illustrations de Nicole Pommaux, Editions d’Utovie, 1981, épuisé
– La photo de mariage, avec des illustrations de Marie Fougère, même éditeur, 1985, épuisé

Extraits

Elle et moi, on a du pain sur la terre :
le soleil n’est pas tout à fait d’équerre.

On est tout le fourniment de nos corps

et la peau qui prend. On entend quand tombent,
dans les nuits des presque voisins, les bombes

à mourir d’effondrement du décor,

à Cana par exemple, en Érythrée
aussi, en diverses autres contrées.

On est toujours nos corps, nos désirs

parfois brutaux et compliqués. Au pire,
on les muselle très étroit, on tire

sur le mors à fond. On voudrait partir


faire les bars de nuit pour la musique,
pour cette lucidité chaotique

à fleur d’ivresse, pour les inconnus

un moment à découvert. Aveux rouges,
la joue contre la nuit. Terre qui bouge

comme une mer plutôt mauvaise (…)

Soleil pas d’équerre, extrait


I

C’est elle. Accouchée aux jumelles et fouettée du regard avec un sadisme très légal sans dragées ni fée. Conçue à la rencontre par une hauts-talons légère et un mûri plutôt velu en vrai cuir, puis repeinte à la délivrance en mauve métallisé. Ça s’est fait, bien sûr, à la carte, mais c’était suffocant, surtout elle tellement serrée dans la résille en plastique fluo et avec un demi talon trop confus encore pour permettre un clonage satisfaisant. Après quoi, finition du design : juste ce qu’il faut pour une engendrée de type féminin, significativement lévogyre et gauchère, et souhaitant vivre principalement la tête aux pieds, même au risque que ça se décolore et qu’on doive trancher. C’était gonflé. Elle a insisté. Elle a eu bien raison.

II

Au chaud dans les armoires, ils repeuplent, et ensuite, ça pullule sur les quais. Après quelques collisions jazzy, les voilettes et les hauts-de-forme sortis étoilés des Premières se baisottent les superstructures et se tripotent dans les soubassements. Les ramasseuses de goémon, c’est clair, ça les précipite, et on peut aisément repérer leurs mailles trop lâches, leurs rêves zébrés, et leur énorme bougie vanillée. La musique jazzy, pour elles, c’est du tord boyau. Réellement ! Elles ont une panse, comme tout le monde, mais ce n’est pas celle qu’il faut pour. Espéranza est fille de ramasseuse, mais, comme elle est rousse avec des taches de son et des yeux verts sans opercule – un legs de son père - , elle fait des merveilles dans les sous-bois, selon la saison arrosant ou fauchant les vieilles institutrices agenouillées là pour leur quotidienne dévotion à l’accent circonflexe. Beaucoup croient qu’elle est trop sucrée, mais elle sait vivre, elle sait aussi menacer, et elle est capable de jouer en trombe dans la vigne vierge. Quand même, ça rassure !

Compressions, extraits

Ma bibliothèque

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Les contemporains : Michon, Caligaris, Marie Cosnay, Ph. Hadengue, Erri De Luca, J.B. Para, Marie Etienne,Valérie Rouzeau, J. Cl. Pirotte

Lieu de vie

Ile-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Ateliers en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire