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Les écrivains / adhérents

Sandrine Cnudde

Poésie / Récits
photo Sandrine Cnudde

Né le 6 février 1971 pendant la mission Apollo 14, Sandrine Cnudde est bien ancrée sur terre puisqu’elle a été jardinière et architecte-paysagiste de 1995 à 2005.
Elle exprime pleinement sa nature nomade et contemplative depuis 2006.
Elle part seule et à pied prendre le pouls de la Terre et travaille au retour sur la mise en forme de ses collectes dans un esprit révélateur des espaces invisibles, des liens silencieux qui unissent les hommes à leurs territoires.
C’est avec ses “relations de voyage” qui mêlent écriture et photographie, qu’elle insiste sur l’importance de l’expérience vécue comme source d’inspiration artistique. Son écriture retrace, à rebours, la vision d’un monde en mouvement basée sur la liaison homme/paysage/animal.
La plupart des récits de voyages sont à lire sur son blog.

Projet en cours
Quelqu’un est entré par l’anse où les poissons se mêlent à la glace, projet d’écriture et de photographie sur la communauté Inuite de Tasiilaq, côte est du Groenland (voyage juin/juillet 2016) – Ce projet bénéficie d’une bourse d’écriture du CNL.

http://SANDRINECNUDDE.BLOGSPOT.COM/
Bibliographie

– Tasiilaq may be, éditions Faï Fioc, collection « les cahiers », 2016 + bonus vidéo https://www.youtube.com/watch?v=aePANtZRfC4
– Habiter l’aube, éditions Tarabuste, collection « la route de cinq pieds », 2016
– Le mitan du lit, éditions du Petit Flou, collection « dans la cour des filles », 2016
– Gravité/Gravedad, éditions Lanskine, collection « l’Instantané », 2015
– Bateau de papier, éditions Po&Psy, collection « princeps » photographie pour l’ouvrage d’Olav Hauge, 2014
– Le vide et le reste, éditions Tarabuste, collection « la route de cinq pieds », 2012

A paraître
– Patience des fauves - réseau d’affûts en territoire poétique, éditions Po&psy, collection « a parte », mars 2017. Travail réalisé en résidence d’écriture au Théâtre de la Mauvaise Tête de Marvejols, Lozère.

Extraits

Tasiilaq may be

Tu sais ce que c'est de ne pas avoir envie d’avoir la flemme de t'ennuyer
Aujourd'hui tu t'assois tu fumes
Hier tu t'asseyais tu buvais
Demain tu t'allongeras à l'entrée de la vallée des fleurs avec
les autres
Le soleil te réchauffe te ramollit un peu plus
À quoi bon les projets
C'est d'ailleurs un mot qui n'existe pas dans ta langue
Ta langue écrite par personne ta langue qui sort de ta bouche
dans l'air et s'en va vers l'entrée de la vallée des fleurs sans
personne pour l'écrire
ça aurait pu être le paradis chez toi petit frère Aqqaluq
Un grand chœur se lève du côté de la montagne
C'est une chose extraordinaire
Son chant aigu balance sur deux notes comme un iceberg
en mer
J'entends mal
Je crois qu'il n'y a pas de paroles
Des ombres avancent
ma main au feu
Va voir un peu là-haut ce qui vient tu connais le chemin
Comme ça oui
Pas
trop
vite
Nuque pliée
piste s’envole dans les déchets
Trouve un peu dans l'air qui pique plus que les moustiques
l'explosion des aigus de ton enfance qui faisait tourbillonner
dans ton cerveau des millions d'étoiles folles
Pas plus

Habiter l’aube

Pour passer la langue sur la peau des pêches sauvages
juste après la pluie
pour l’éclat d’un renard alarmé dans le couchant d’une lisière
pour mentir au tableau des calories absorbées
pour le nombre des pierres
pour l’histoire des torrents et celle des refuges
par dépit de ne pas avoir écrit
« ce que j’ai oublié fait de la terre à ce que je suis »
pour ma collection internationale de manteaux de pluie
pour arriver
au sommet
seule
face sud
pour me tenir prête à la vitesse d’expansion des horizons
je serai toujours cette fille qui dépasse les bornes.

Ma bibliothèque

Un inventaire des nuages, une flore illustrée pour chaque continent (avec les mousses et les lichens), des livres de zoologie, d’éthologie, des récits de voyages réels et imaginaires, de la place pour les étoiles, de la peinture, des livres d’art, des romans à découper au couteau, la poésie chantée des Ojibwas et des habitants de Tasiilaq, des cartes marines, terrestres, lunaires, portulans, livres de survie en montagne, des contes du Berry et ceux de Karen Blixen, synopsis des films de Cocteau et Tarkovsky, méthode de chinois et d’arabe, dictionnaires divers, les chansons de Brassens, les recettes de Mémé Bras, tout pour assurer un bon « usage du monde » tenant dans la poche d’un sac à dos.

Lieu de vie

Occitanie, 30 - Gard

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques