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Les écrivains / adhérents

Sandrine Ferron Veillard

Roman
photo Sandrine Ferron Veillard

Sandrine Ferron-Veillard est née à Lorient le 16 septembre 1975. A grandi en Bretagne puis à Albi, passant de l’ardoise à la tuile, des bottes en caoutchouc aux « nouilles » en plastique. Scolarité à l’école de la Légion d’Honneur, ces internats d’où naissent les plus belles amitiés. Ne termine pas sa licence de Droit et de Lettres Modernes, part plutôt quatre années en Angleterre. Retour à Paris. Après avoir exercé le métier de maître d’hôtel intègre une compagnie aérienne, celles qui vous font traverser la planète en un jour de la plus jolie des façons et voyage dans les plus belles îles du monde. Puis ? Quatre années (une petite prédilection pour le chiffre quatre) au sein de l’Association Ouvrière des Compagnons du Devoir du Tour de France, au cœur de sa très belle librairie en tant que responsable. Participe entre autres aux Editions du Compagnonnage. Vendre ou fabriquer les livres. Les écrire. Deux années de formation au métier d’écrivain public, l’exercice et la pratique auprès des personnes âgées, de jolies rencontres surtout. Puis un « petit » tour du monde, rien de tel pour muscler le matériel et nourrir le cœur. Les îles Marquises pour ne citer que les « résidences » les plus encrées… écrire pour les autres, écrire avec les autres. Écrire tout simplement. Et comprendre là toute la musique des deux bords de l’existence. Rédacteur pour La Cause Littéraire depuis 2016, lit, marche, dort bref vit, aime Paris. Un projet à venir ?
Un concours en préparation pour travailler avec, travailler pour les enfants. À suivre donc.

Bibliographie

– 40 mètres carrés, roman, août 2017, éditions Unicité. La couverture du livre est une collaboration entre Mo’A et une œuvre du peintre Henri Landier, « Le cri du désespoir » /Art Lepic Paris.

Extraits

Extrait de 40 mètres carrés, éd. Unicité
« Faire corps avec l’appartement, invisible, sentir une fois lovée en son sein ses fluides et ses circulations. Le lit à un endroit, un bureau, une lampe. Une chambre. Un lit-clos par exemple dans lequel j’entrerais à genoux, au creux duquel mes fatigues restaurées, mes rêves seraient en sécurité.
Parée des sculptures du meuble, je caresserais chaque nuit les plus belles, les menuiseries de ma fortune, les veinures de ma forteresse-berceau, la mémoire du châtaignier au bout des doigts. Logée dans mon lit-armoire, je m’enivrerais de la fragrance et du linge, là mon trousseau en son chœur préservé, le tabernacle de mon sommeil, j’imaginerais là faire l’amour. Respirer enfin, renaître par mon vagin, me réveiller le matin en musique, tout au bout du conduit, voir la mer en ouvrant les gaines du lit. Ses rondes et sa peau parcourue de vagues, la tête sur l’oreiller, ses souffles sur ou dans ma gorge.
La mer au-delà du vitrail, en bas et au-dessus de l’église, la peau de la mer constellée et l’au-delà, au-dessus du clocher tel un poignard dans son fourreau. Faire l’amour dans des alcôves vierges. Dans des maisons vides.
Acheter cet appartement signifierait vendre le mien et dans les plus brefs délais. Obtenir l’argent et cesser de.
Non.
Le bail du locataire se termine dans trois mois, le locataire travaille dans la restauration, est serveur, rentre tard, rentre seul. Peu soigneux, peu soucieux de son environnement, il est alcoolique.
Les relents encore, le vomi, l’humidité qui resurgit toujours, la déception, la perte et le renoncement. Le propriétaire vend « la mort dans l’âme ».
Il pleut.
L’infiltration au plafond, ladite lucarne, clôt la visite, clôture la comédie, rompt la négociation. L’eau chute sur le sol. Au cœur de l’appartement.
L’agent m’agace. Ses guillemets. Ses habits. Ses propos. Plats, visqueux, informes. Il suinte.
Je vais m’en défaire. »

Ma bibliothèque

Les classiques : Émile Zola, Guy de Maupassant, René de Chateaubriand, Colette,
Mais aussi Oscar Wilde, Edgar Poe, Jack London, Robert-Louis Stevenson, Herman Melville, Claude Lévi-Strauss, Alexandra David-Neel…
Les contemporains : Claude Simenon, René Barjavel, Pierrette Fleutiaux, Annie Ernaux, Paul Auster, Jeanne Benameur, Nancy Huston, Erik Orsenna et puis tous les autres livres qui sont autant de pépites, ceux que l’on rencontre dans une librairie, les illustres, les inconnus, ceux que l’on trouve sur un banc, les oubliés ou les disparus

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris